[WIKI] Histoire de l'agriculture à la Réunion

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Histoire de l’agriculture à la Réunion de 1665 à nos jours.

Planter pour manger.

Quoi de plus simple a priori et pourtant nous allons voir qu’à la Réunion, rien n’est jamais vraiment simple.

Cueillette, chasse et pêche.

Ainsi lorsque les premiers habitants s’installent, ils n’ont besoin de planter essentiellement plus pour boire que pour manger. En effet, pour manger il suffit de cueillir, et de prélever. Cueillir des noix de coco, des oranges, des bananes, des songes que les différents passants ont laissés sur place bien avant l’occupation permanente par les premiers habitants. Le tabac pousse déjà également.
Les animaux ne manquent pas non plus, les perroquets, les pigeons ramiers, les dodos, les tortues. Et puis on élève, des cochons, des bœufs, des chevaux.
Pour boire par contre, il faut de la canne à sucre que l’on devra presser pour produire le fameux fangourin dont sont friands tous les marins et colons qui arrivent sur l’île.

Bien-sûr, puisque ceux qui sont sur place alimentent aussi ceux qui sont de passage on commence à cultiver quelques légumes, (oignons, citrouilles, choux, laitues) des cultures vivrières également (essentiellement du riz) mais il faudra attendre la Compagnie des Indes et sa décision de cultiver du café pour que démarre vraiment une campagne de défrichement et de plantation dans l’île. Dans le même temps la vocation de l’île Bourbon à être le grenier de l’île de France est déjà amorcée et on cultive du blé, de l’orge, du millet, du coton, du chanvre, du raisin et de l’indigo.

Attention, a cette époque l’Île Mauritius est encore hollandaise ! Elle ne sera colonisée par la France qu’en 1715, cédée à la Compagnie des Indes en 1721. J’ai l’impression que c’est toute la phrase précédente qui est « hors contexte » et que les cultures de l’indigo et du coton apparaissent plutôt vers 1750 ??? A vérifier

D’ailleurs les habitants de l’île avant ça ne sont pas si nombreux, 216 personnes si l’on en croit Vauboulon (1) en décembre 1689 dans 48 familles (mères indiennes, françaises, malgaches et métisses).

Le café

1715 donc, la Compagnie des Indes oblige chaque colon à planter dix pieds de café par ouvrier de la concession, **c’est le vrai départ de l’esclavage dans l’île, on en fait venir 1500 en un an.

L’esclavage était déjà pratiqué auparavant, mais pas à la même échelle, c’est vrai.

La compagnie avance les frais et est remboursée sur la production qu’elle rachète dans sa totalité et elle dispose de l’exclusivité de sa commercialisation. Avec l’esclavage apparaît le premier monopole de notre histoire locale. Ce système perdure jusqu’à nos jours.

Au delà d’un monopole, il s’agit de la mise en place d’une véritable économie bananière : production de denrées exportées vers la métropole, aux conditions fixées par la métropole + un marché pour l’importation de produits fabriqués en métropole. La Compagnie des Indes impose l’exploitation du café aux colons qui souhaitent obtenir une concession (le droit d’exploiter des terres à Bourbon). Elle fournit des semences et des esclaves aux colons, qui s’endettent ainsi auprès de la compagnie. Elle leur garantit aussi le rachat de la récolte de café au prix fixé par elle. C’est encore le Compagnie qui importe et revend les marchandises non produites dans l’île.

Ce tableau est cependant mitigé à la Réunion car elle doit veiller à conserver des cultures vivrières pour les bateaux de passage et pour l’ile Maurice. Les grains et les céréales ne sont pas cependant automatiquement racheté par la Compagnie et nombre de colons privilégieront donc le café

A cette époque, le blé est considéré comme la nourriture des blancs, le maïs celle des esclaves. Labourdonnais introduit ensuite le manioc, qu’il a découvert dans les colonies d’ Amérique de Sud, et qui sera aussi utilisé pour nourrir les esclaves

1735 arrive Labourdonnais qui déplace le gouvernement des deux îles de Bourbon à l’Ile de France pour cause de guerre. L’île est de plus en plus le grenier de Maurice et de la flotte, on répare les bateaux à Maurice et on les emplit de vivres à Bourbon.

Maurice concentre aussi les activités commerciales. Au 18 e siècle ; les grosses fortunes se créent dans le négoce : commerce de denrées exotiques et traite d’esclaves. Ces opérations de « commerce » (pardon pour l’expression …) international étaient cependant toujours aléatoires, car soumises à de nombreux risques (piraterie, naufrages, …) et les négociants investissaient ensuite dans des plantations pour stabiliser leur fortune. Ce sont eux qui créent les grosses habitations (exploitation agricole) à la Réunion de cette époque.

Les épices

En 1767, la Compagnie des Indes s’endette auprès du royaume de France, est en cessation de paiement et renonce à l’administration de l’île qui compte alors 25 000 habitants. Les magasins sont vides, les prix exorbitants, Pierre Poivre et Joseph Hubert (2) introduisent la culture des épices, principalement le giroflier mais la flore se diversifie également avec le fruit à pain, le cacaoyer,l’avocatier, le letchi, (le vanillier arrivera en 1817). En effet, les colons sont endettés, les chemins ne sont plus entretenus, le café qui a subi la concurrence mondiale, cyclones et maladies n’est plus cultivé.

Non , la culture du café est marginalisée mais elle perdure en tant que culture spéculative jusqu’aux premières années du 20 e siècle
Sur le café à la Réunion : LE CAFE, PREMIERE CULTURE CLE DE
L’HISTOIRE DE L’ÎLE BOURBON / LAREUNION
.

Fin dix-huitième

La fin de ce siècle est marquée par une instabilité consécutive à celle de l’époque révolutionnaire en France. L’agriculture doit donc donner la priorité aux cultures vivrières et à l’élevage. L’abolition de l’esclavage dans les colonies annoncée le 4 février 1794 n’est jamais mise en application dans l’île qui vit en autonomie vis à vis de la France et de l’administration depuis l’île deFrance.

La traite est suspendue à la Réunion entre 1794 et 1801, principalement par crainte des épidémies, mais le commerce des esclave continue, en contrebande.

Les pro abolitionnistes se révoltent en 1798 à partir de Saint-Pierre (Père Lafosse) mais finissent par déposer les armes.

Non, les révoltés du Sud, même s’ils se revendiquent sans-culotte, n’ont pas de
revendications abolitionnistes. Vivant dans la misère, ils se battent pour ne plus payer les impôts et contre les dirigeants du nord de l’Ile, soupçonnés de vouloir livrer l’ile aux Anglais. A Saint Louis, le père Lafosse se fait de nombreux ennemis en laissant beaucoup de liberté aux esclaves de la cure et en protégeant les esclaves maltraités, mais il se défend d’être abolitionniste (L‘aurait il avoué d’ailleurs, qu’il aurait été lynché sur le champ…). Il affranchit d’ailleurs 3 de ses esclaves mais en conserve d’autres.

En 1799, LES ROYALISTES MANIFESTENT A SAINT-DENIS POUR L’INDEPENDANCE DE L’ïLE !!!

Oui, pour éviter l application du « funeste » (c’est ainsi qu’on l’appelait) décret d’abolition de l’esclavage

L’esclavage est rétabli le 20 mai 1802 par Napoléon.

Sur la passionnante période révolutionnaire sur notre ile, voir Claude Wanquet- Histoire d’une révolution. La Réunion (1789-1803), ed Jeanne Laffite, 1980

La première fabrique et vente de sucre de canne a lieu en 1784 par M. Laisné de Beaulieu à partir d’un moulin à eau sur la Rivière des Marsouins.

Et le Yab fut !

Lol! mais non… On observe un processus de paupérisation des petits planteurs depuis la période du café : quelques grandes habitations et une multitude de petits-blancs qui n’ont pas ou peu de terres. Les révoltés du Sud, par exemple, compte beaucoup de yabs . C’est vrai qu’avec le développement de l’économie sucrière, le phénomène s’accentue encore.

Au début du 19 ème siècle, l’île Maurice est redevenue anglaise. Elle n’achète plus les produits agricoles de l’île. Les blancs se paupérisent de plus en plus, ils commencent la colonisation des hauts de l’île où les marons ont déjà ouvert les voies pour une vie en altitude. En 1848, sur 42 000 blancs présents sur l’île, 28 000 sont des « petits blancs pauvres » (PBP).

On ne produit plus, on importe.
Les cultures traditionnelles reculent, c’est l’ère de la canne à sucre qui débute. En 1817 Desbassyns installe ses premières machines à vapeur. Les PBP vendent leurs terres, les exploitations grossissent, phénomène récurrent jusqu’à aujourd’hui. L’île compte 120 sucreries en 1860 pour 62000 ha de cannes sur 100 000 cultivés au total à la même époque. La Chambre d’agriculture nait en 1854 avec Hubert de Lisle.

L’occasion manquée de 1748 (ou : on a rarement vu un dominant abandonner volontairement ses privilèges)

Avec l’abolition de l’esclavage, on aurait pu imaginer une indemnisation des anciens esclaves et un vaste processus de redistribution des terres, mais malheureusement, ni Sarda Garriga, ni les planteurs, ni les gouverneurs n’étaient des révolutionnaires et c’est tout le contraire qui se produit. Les propriétaires sont indemnisés et les esclaves qui ne souhaitaient plus travailler pour le même maître perdent le peu qu’il avaient : leur logement et parfois un petit potager.

Les planteurs auraient au moins pu se saisir de l’occasion pour mettre en place un autre mode de production, en s’associant avec les anciens esclaves ou en leur fournissant au moins une rémunération gratifiante. Ils ont préféré perpétuer les anciens schémas, en important des engagés qui travaillaient dans les mèmes conditions que les esclaves. Les négociant continuent en effet à se fournir en main d’œuvre auprès des vendeurs d’esclaves (a Madagascar et au Mozambique, principalement) lls les rachètent puis leur font signer un contrat d’engagement.

(Voir les travaux de Sudel Fuma)

A partir de 1870, c’est la crise. Le sucre est concurrencé à l’international. Il est attaqué par le borer (gentille petite chenille). Les engagés qui remplacent les esclaves sont moins productifs que ces derniers,

( ??? d’où tu sors cette info ? Je n’ai jamais lu ça? Ou peut être être dans des rapports de planteurs, pour justifier l’importation d’encore plus de main d’oeuvre servile)

on s’endette, les banques saisissent les terres, le Crédit foncier colonial devient le plus gros propriétaire terrien de l’île, l’économie s’effondre.

Mais on s’adapte, utilisation de la charrue, essai d’engrais nouveaux, test de nouvelles variétés, diversification avec la vanille, relance de cultures traditionnelles, le 20 ème siècle arrive avec le vétyver et le géranium.Toutefois, les efforts ne payent pas encore, la balance commerciale en ce qui concerne l’alimentaire reste très déficitaire.

Dans le même temps la conquête des hauts s’amplifie, la route St-Benoit / Saint-Pierre s’achève en 1852, on colonise les 2 plaines avec des surfaces d’élevage, on investit les ilets des cirques, La route Hubert de Lisle s’ouvre dans les hauts de l’ouest (1852), Les hauts ne s’enrichissent pas pour autant, les petits blancs et les descendants d’affranchis sont sous la coupe des propriétaires dans le cadre du colonat partiaire et des accapareurs, de gros incendies dévastent les forêts et amènent l’érosion des sols.

Époque moderne

Deux guerres jusqu’à la départementalisation.
Plus de charbon pour le train ? On brûle du filao.
Pénurie d’essence ? On mélange avec l’alcool de la canne pour économiser.
On n’a plus de semence de riz ni de blé ? On mange le maïs, la patate douce, le manioc, les pommes de terre, la songe, le conflor, l’arrow-root.
On a peu de zébus ? On élève des cochons et de la volaille.
On n’a plus de farine, ni de savon, ni d’huile, ni de bière ? On construit des huileries, des féculeries, des savonneries, des brasseries…
Mais cela reste compliqué, grippe espagnole, population mal soignée, dénutrie, autorités inconséquentes (docteur Jules Aubert) qui ne prennent pas les mesures d’urgence, c’est l’hécatombe, forte mortalité et rachitisme, l’heure n’est pas à une production agricole florissante, mais de survie.
De grosses spéculations ont lieu sur les terres agricoles, on met le paquet sur la canne : variétés résistantes, utilisation massive d’engrais, la production repart. Les autres productions restent aléatoires. L’importation du café débute…

De 39 à 45, la Réunion manque de tout, en 1943 le gouverneur Capagory obtient une livraison d’urgence de 12 000 tonnes de riz, 8000 de maïs, et 4000 de grains sec, son surnom de Papa de riz lui restera, on produit de moins en moins de sucre, on arrache la canne, on replante du riz, on relance les petites industries de la première guerre, le Réunionnais produit et élève dans la clandestinité, ons’habille de goni, on utilise le bringélier comme savon, on tisse le choka, on se traite à coup de tisanes. On continue de survivre.

Et vint la départementalisation
La gauche au pouvoir au côté des FFL au sortir de la guerre favorise le changement de statut de colonie en Département le 19 mars 1946. L’économie reste fragile et les cyclones dévastateurs, 1948, 1962, l’agriculture reste vouée essentiellement à l’exportation (sucre, géranium, vétyver, vanille). Les coopératives naissent (Vanille
de Bras Panon en 1950, CAHEB 1963, CPPR 1974, CCOPEMIEL etc.) Le crédit agricole est créé en 1949. Les filières se structurent. Les légumes sont vendus encore longtemps « à tête » comme les poulets dans de larges paniers plats par les bazardiers. La commercialisation telle que nous la connaissons aujourd’hui fait ses balbutiements grâce aux camionnettes qui peu à peu remplacent les charrettes,
le marché de gros ne voit le jour qu’en 1992.
La loi d’orientation agricole arrive en 1960 avec les syndicats agricoles et des jeunes agriculteurs, et la SAFER. Le nombre d’usines sucrières a diminué pour n’être plus que deux en 1996 après la fermeture de Beaufonds. Les surfaces en canne sont alors de 30 000 ha, soit 50 % de la surface agricole totale, pratiquement moitié moins qu’en 1860. En 2018, la surface agricole utile (déclarée comme utilisée par les agriculteurs) n’est plus que de 42000 ha.
En 1977 l’île est dotée d’un plan d’aménagement des hauts pendant que la canne à sucre continue à se développer dans le bas bien que des espèces puissent grimper jusqu’à 800 mètres d’altitude.
L’Europe arrive donc avec des programmes communs à ses régions ultrapériphériques qui vont permettre à partir de la création de la région réunion de bénéficier de subventions pour les équipements, en routes, retenues, irrigation, basculement de l’eau, construction de bâtiments d’élevage, développement des petits commerces, grossissement des bourgs, diversification dans le cadre de filières, fruits, ananas, petits élevages, agrotourisme etc."

Et je m’arrête là.

Conclusion

Historiquement, les principales injustices, ce sont d’abord l’esclavage et l’appropriation par quelques uns de la plupart des terres cultivables.
Il me semble que l’un des traits marquants de l’agriculture à la Réunion soit aussi la fragilité des sols qui s’érodent facilement et la fréquence des cyclones. Mais je ne suis pas spécialiste, à confirmer donc.
Ne pas oublier non plus le poids de la colonisation : le territoire n’a jamais été développé pour être autonome, ni même pour offrir une meilleure qualité de vie à ses habitants. L’économie est organisée pour créer le transfert des richesses vers la métropole et pour offrir un marché aux produits de la métropole (Lors de la départementalisation, par exemple, l’amélioration du niveau de vie correspond
à l’implantation des enseignes de supermarchés européens, mais pas à un développement de la fabrication locale)

Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Pour le diable : Depuis 2017 nous savons que nous sommes la 6 ème région la plus corrompue de France ! Le monde agricole n’en est pas exempt. Des délits d’initiés, des dessous de table, des collusions, des pots de vins, des monopoles, des actions d’intimidation.
Pour le bon dieu : ces deux jours que nous venons de passer ensemble montrent bien que la volonté d’aller au-delà de ce négatif pour construire un demain différent. Il y a beaucoup de linge sale à laver, mettons-le sous le battoir.

`(1.) Gouverneur pendant un an de 89 à 90 avant d’être arrêté, emprisonné et empoisonné en 1892.

(2) Savant, botaniste et naturaliste réunionnais`

Annexe.

Présentation générale des RITA

Les Réseaux d’Innovation et de Transfert Agricole (RITA) ont été mis en place fin 2011, suite au Conseil Interministériel de l’Outre-Mer (CIOM) de 2009. Ils visent à accompagner le développement local des productions de diversification animale et végétale dans les Départements d’Outre-Mer (DOM). Ils regroupent l’ensemble des acteurs du dispositif Recherche-Formation-Développement des DOM et ont pour objet de co-construire et de réaliser des actions de recherche et développement, d’expérimentation, de démonstration et de transfert en réponse aux besoins exprimés localement par les professionnels de l’agriculture.

Présentation de l’agriculture du territoire

La Réunion est située dans l’Océan Indien, à 800 km à l’Est de Madagascar et à 9 400 km de Paris. La superficie totale de 250 370 Ha, les reliefs (0 à 3 070 m), le climat (zones à forte pluviométrie, zones à déficit hydrique, cyclones) et la population croissante (840 000 habitants) en font un territoire contraint avec un foncier inégalement réparti (pentes, Parc National, Volcan, urbanisation) et très prisé.
La SAU ne représente que 42 800 Ha. L’agriculture réunionnaise s’articule autour d’une filière pivot, la canne à sucre (24 000 ha) et des filières de diversification : élevage (12 000 Ha) et horticulture (6 000 Ha). La Réunion compte 21 700 actifs agricoles (10 % des actifs) et près de 7 600 exploitations, avec une taille moyenne de 5,6 Ha, et reposent sur un modèle familial à préserver.

La filière Canne-Sucre de La Réunion, 1ère filière agro-industrielle de l’île, génère plus de 18 300 emplois directs, indirects et induits, parmi lesquels 10 500 dans le domaine agricole. Chaque année, environ 1,9 million de tonnes de canne sont récoltées pour une production moyenne de 210 000 tonnes de sucre. Outre la production de sucre, principal produit exporté de l’île, la filière valorise l’ensemble des coproduits issus de la transformation de la canne en sucre. La bagasse qui est bruÌ?lée dans les centrales thermiques permet de couvrir 10 % de la consommation électrique de l’île. La mélasse sert à la fabrication du rhum et à l’alimentation animale. Les écumes de sucrerie et les cendres de bagasses s’utilisent en tant qu’amendement pour les sols. Enfin, la paille de canne permet de répondre à un tiers des besoins en fourrage et litière des filières animales de l’île.

Les filières animales sont très structurées (depuis 1974) et s’organisent autour d’une
interprofession forte qui regroupe producteurs, transformateurs, distributeurs, importateurs et provendiers. Les filières organisées représentent plus de 800 producteurs. L’élevage est pratiqué dans 45 % des exploitations (dont 21 % en polyculture élevage) et couvrent près de 50 % des besoins du marché local (presque la totalité pour le porc et la volaille, viandes traditionnellement les plus consommées) avec une production de viande de 25 000 T annuelles.

Les cultures fruitières et légumières couvrent 13 % de la surface agricole utile mais produisent 43 % de la valeur de la production agricole de l’ile et représentent environ 3 000 emplois (2 000 exploitations agricoles et 5 000 ha). En 2015, neuf organisations de producteurs regroupent plus de 400 agriculteurs produisant 18 000 t annuellement soit environ 20% de la production totale estimée du secteur. La production totale variable selon les aléas climatiques, est globalement estimée à 50 000 t de fruits et 50 000
t de légumes par an. Les données actuelles disponibles sur le secteur établissent que la production locale de Fruits et Légumes répond à 75 % des besoins du marché dit «frais».

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super travail @anon54834778
article de qualité, en mode collaboratif.

En fait, c’est surtout @rich.dij qui a fait le travail! C’est d’abord lui qu’il faut remercier :clap:
Je ne fais que relire et commenter certains passages .

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Si je comprends bien, je retiens les chiffres suivants.
Merci de confirmer ou infirmer si mauvais compréhension @rich.dij @anon54834778

  • production électrique à base de bagasse 10%
    • le reste, c’est quoi chute d’eau + fioul brûlé ?
    • on ne parle que d’électricité, le pétrole sert aussi pour les véhicules, proportion ?
  • production animale couvre 50% des besoins
    • le reste est importé, c’est bien ça ?
  • production fruit et légumes couvre 75 % des besoins
    • donc, le reste importé ne couvre que 25%, c’est bien ça ?

Finalement, l’autonomie alimentaire à la Réunion n’est pas si désastreuse que ça.
Je l’imaginais bien pire, de l’ordre de 20%.
Qui a raison ?

Au sujet des chiffes concernant la production de maraîchages et de viande, oui c’est bien ça @pvincent , apparemment sur des chiffres de 2015.

Mais ces chiffres sont loin de traduire l’autonomie alimentaire des réunionnais, on ne mange pas que de la viande, des fruits et des légumes… Je n’ai pas trouvé d’études qui fasse le lien entre entre la consommation et la production locale, il faudrait faire encore des recherches. Par contre je sais par exemple, que dans l’industrie agro-alimentaire le lait local ne couvre que 30% des besoins des industries de transformation (yaourts, fromages, etc…). et la transformation des fruits et légumes ne couvre que 10% des besoins ( La marche vers l’autosuffisance alimentaire). On peut aussi évoquer la production de céréales qui est dérisoire ici.
Il suffit d’ailleurs de se rendre dans un supermarché pour constater le nombre de produits dehors en rayon par rapport aux produits péi… Au final, à mon humble avis, on doit plutôt être autour des 20% d’autonomie alimentaire en considérant l’ensemble des produits consommés.

Au sujet d’indépendance énergétique, une étude de l’Observatoire Energie Réunion de 2018 avance le chiffre de 13%, l’essentiel de la production locale d’électricité étant due à la transformation de charbon importé. (Ce qui relativise d’ailleurs fortement l’intérêt des véhicules électriques à la Réunion…)

En 2013, Marchaud avait déjà publié un courrier des lecteurs sur Zinfo974, alertant sur la pitoyable fin de Gerri, projet qui devait faire de La Réunion « le premier territoire au monde où la totalité des déplacements se fera sans recours aux énergies fossiles ».

D’une manière plus globale, on peut aussi consulter un article de clicanoo qui propose Un point sur le commerce extérieur de La Réunion l’année dernière., d’après le bilan des services des douanes

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Merci beaucoup pour ce texte qui m’a appris plein de choses !

Juste un détail au tout début :

Pas les dodos. Le était un animal endémique de l’île Maurice. Il n’y a jamais eu de dodo à la Réunion. C’est au Museum d’Histoire Naturelle de Saint-Denis qu’on m’a appris ça. Par contre, il existait un oiseau qui occupait la même place dans la niche écologique : le solitaire de bourbon (un gros oiseau ayant perdu sa capacité de voler, compte tenu de l’absence de prédateurs). Alors que le dodo était apparenté au pigeon, le solitaire de Bourbon était une sorte d’ibis, avec un long bec recourbé.