Réseau de confiance pour l'auto-stop

Bonjour,

parallèlement au sujet initié surle projet de développer le co-voiturage à La Réunion, j’ai eu l’idée il y a quelques mois de développer un réseau de confiance entre auto-stoppeurs et automobilistes.

En effet, il y a des gens qui ont besoin de co-voiturage mais pour diverses raisons, il y a encore des gens qui font de l’auto-stop.

J’ai eu pas mal l’occasion de constater que le succès de l’auto-stop fonctionne de manière relative. En effet, comparé à pas mal d’autres régions de France, il est pas mal développé. Par contre, si on compare avec les usages qui en étaient faits dans les années 70 et 80, ça n’a plus rien à voir.

Plusieurs anciens m’ont dit qu’avant, il suffisait de lever le pouce pour gagner un stop. Maintenant, ce n’est plus trop le cas. Et pourquoi ? A cause du manque de confiance des gens envers les inconnus.

Petite réflexion : Pour établir une démocratie digne de ce nom, il faut une société dont les gens se font facilement confiance pour pouvoir coopérer, interagir afin de construire des projets sociétaux qui profiteront à tous.

C’est donc le but de ma démarche : Au delà du postulat d’agir pour l’écologie et de l’entraide matérielle qu’offrirait un tel réseau de confiance, il offrirait également un terreau fertile parmi d’autres outils dans plein d’autres domaines pour rétablir l’état de droit par nous-mêmes.

Concrètement, comment ça pourrait se passer (c’est mon idée de base mais j’attends vos avis pour voir s’il y a encore moyen d’améliorer le concept) :

  • Le candidat auto-stoppeur disposerait d’une carte (au format "carte postale 10 sur 15cm) à mettre autour du cou et qui serait bien voyante (couleurs vives) pour que les automobilistes puissent la reconnaître.

  • Les automobilistes pourraient aussi avoir une carte (même couleur, même format) à mettre dans un coin de leur pare-brise (idéalement dans le coin inférieur droit de celui-ci), ce qui lui permettrait d’être vue facilement par les auto-stoppeurs.

  • Tout automobiliste ou auto-stoppeur ne connaissant pas le système pourrait obtenir une carte.

  • Sur chaque carte pourrait être indiquées les coordonnées de 5 ou 10 personnes attestant avoir fait un voyage en stop avec le propriétaire de la carte en question. Ces coordonnées devraient alors être indiquées après chaque voyage effectué. Ces infos seraient donc les éléments essentiels qui prouveraient la bonne foi du propriétaire de la carte.

Donc, le fait même de reconnaître (même de loin vu que ces cartes seraient très voyantes) la carte sur le pare-brise d’un conducteur ou dans les mains d’un auto-stoppeur devrait contribuer à faire plus confiance envers la personne avant de décider un voyage commun.

Ce n’est évidemment pas le système parfait mais je part du principe que ça fonctionne sur la confiance qu’on doit avoir par rapport à la bonne foi d’une personne qu’on rencontre pour la première fois.

Qu’en dites-vous ?

PS : Si un tel réseau existe déjà à La Réunion, n’hésitez pas à le dire.

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hum, intéressant comme idée.
comme tu le soulignes le concept clé c’est celui de créer un réseau de confiance autogéré. c’est le genre d’ingénierie sociale passionnant à développer collectivement.

pour ma part, je n’ai pas d’idée claire sur ce sujet.
faire simple, tout en utilisant la technologie environnante (très largement sous-utilisée) me semble être le bon chemin. à creuser… low-tech + collaboratif

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@steve
Le réseau de confiance que tu imagines ressemble beaucoup dans les principes à celui de la Toile de confiance utilisée dans PGP. Je suppose que tu en as entendu parler.

Dans tes explications il me semble qu’il n’y a rien qui garantisse la véracité des informations remplies sur les cartes ; le possesseur de la carte pouvant par exemple mettre des informations bidons de personnes fictives. Cas contraire, les informations remplies sont véridiques et les personnes mentionnées te sont inconnues. Comment faire confiance dans ce cas ?

J’ai aussi une idée en tête pour lever le problème de la confiance. On identifie d’abord tous les lieux publics où les gens peuvent se rencontrer pour faire du co-voiturage. Le principe du lieu public c’est d’être vu par un maximum de monde ; par exemple un café, une boutique ou une station essence. L’idée consiste donc à ce que la rencontre se fasse à la vue de tout le monde. Je vais m’arrêter là, c’est juste pour voir si ça vous parle.

L’idée que je propose par exemple, permettrait dans 1 premier temps de réamorcer la confiance et le réseau de confiance, en partant de zéro, mais bien entendu il n’est pas très efficaca du point de vue du temps, car pour le chauffeur il faudra prendre le temps de s’arrêter dans 1 lieu public comme un café ou une épicerie.

Le réseau de confiance que tu imagines ressemble beaucoup dans les principes à celui de la Toile de confiance utilisée dans PGP. Je suppose que tu en as entendu parler.

J’en ai vaguement entendu parler mais sans vraiment savoir de quoi il s’agit (ça a l’air assez technique vu comme ça). Ce qui me semble s’en rapprocher le plus par rapport à ce que je connais le mieux, c’est le système de la monnaie libre où chaque utilisateur doit obtenir 5 certifications.

Dans tes explications il me semble qu’il n’y a rien qui garantisse la véracité des informations remplies sur les cartes[…] […] Comment faire confiance dans ce cas ?

Comme je le disais, ça fonctionne par rapport au fait que la personne qu’on a en face de soi est de bonne foi. Mais comme je le précisais bien, ce n’est pas un système parfait.

On identifie d’abord tous les lieux publics où les gens peuvent se rencontrer pour faire du co-voiturage

Je pinaille peut-être mais je précise tout de même que le co-voiturage et le stop ne sont pas tout-à-fait la même chose car le stop est souvent pratiqué de manière plus ou moins spontanée :

  • Genre, tu dois te rendre à tel endroit le lendemain sans possibilité de transport et tu n’as pas trouvé de co-voiturage, tu décides donc de faire du stop.

  • Tu attends le bus et celui-ci n’arrive pas ou tu roules en voiture et tu tombes en panne d’essence. Tu t’y mets sans avoir prévu à l’avance de le faire

Alors que le co-voiturage relève déjà d’un minimum d’organisation.

Par contre, et c’est là que ta proposition est intéressante parce qu’en plus, je n’y avais pas pensé, c’est le fait que les auto-stoppeurs réguliers et les conducteurs se sachant suffisamment ouverts pour prendre des auto-stoppeurs peuvent se retrouver comme tu disais et faire des « apéros auto-stop » afin de se certifier un peu comme avec la monnaie libre.

Ce qui fait qu’un conducteur, en s’arrêtant pour prendre quelqu’un, et s’ils ne se connaissent pas, peuvent en profiter pour échanger sur les contacts qu’ils ont en commun dans ce réseau de confiance, ce qui permettra une mise en confiance plus facile.

Merci de ta contribution, tu fais avancer les choses.

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Et du coup, si ce système est viable et qu’il intéresse suffisamment de gens, selon vous, est-ce qu’il serait bien de l’intégrer dans le projet sur le co-voiturage en raison qu’il s’agit de sujets qui se ressemblent un peu ou est-ce qu’il faudrait les détacher pour en faire deux projets distincts vu que comme je le dit plus haut, le co-voiturage et l’auto-stop, c’est pas tout-à-fait pareil ?!?

tu as raison, il faut bien distringuer ses 2 pratiques ; j’avais fait un amalgame entre elles.

Je pense que l’auto-stop a une exigence de confiance qui lui est propre, et tout le monde serait d’accord je suppose. Cependant j’imagine que parmi les gens qui se déplacent en semaine pour aller travailler, qu’il y aurait une partie d’entre eux (quelle proportion ?) roulant seule dans son propre véhicule ou son véhicule professionnel.

Il manque à évaluer l’usage du covoiturage lors des déplacement professionnels. Si les véhicules personnels ou professionnels sont en grande partie sous-utilisés, il faudrait savoir pourquoi. Je m’avance un peu, mais je pense qu’il peut y avoir un problème similaire à l’auto-stop, un certain blocage psychologique.

Il est possible, que de manière générale il y ait des blocages à vouloir partager des trajets, avec des personnes inconnues (auto-stop) ou connues (collègues de travail). Le dernier cas serait à vérifier.

PS :

  1. Si on veut réellement optimiser les trajets professionnels, on peut imaginer qu’une solution de covoiturage dans ce cas d’usage, ne se limiterait pas à mettre en relation des collègues pour partager le trajet, mais pourrait aussi s’élargir à des personnes ne se connaissant pas et dont l’activité se trouve sur la même ligne de trajet
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Bon ben je m’emploierai à mettre des questions sur ce sujet dans la préparation du questionnaire. Merci pour ton avis.

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Oui, tout-à-fait.
Si on y regarde bien, il y a plein de scénarios possibles (que je devrais peut-être établir d’ailleurs pour définir toutes les possibilités et les plans d’action à mettre en place)

Vous oubliez les ZAC, les ZI, les gros établissements (CHU, etc…).
Ces zones sont particulièrement propices pour le covoiturage.

Beaucoup de personnes vont travailler dans ces zones, avec quasiment les mêmes horaires de travail. Bien sûr, toutes ces personnes n’habitent pas au même endroit, mais toutes doivent se déplacer au même endroit. Ceci a pour propriété qu’il suffit que toutes ces personnes (quasi-collègues) énumèrent leurs velléités de transport de manière transparente, puis en utilisant un calcul informatique il est possible de proposer les meilleures interactions possibles, quitte à ce que ces personnes choisissent librement d’accepter ou de refuser.

En ce qui concerne le réseau de confiance, puisqu’il s’agit de personnes qui travaillent au même endroit (quasi-collègues), elles ont de fortes chances de se rencontrer souvent, de se connaître, voire de créer des amitiés. Dans tous les cas, la confiance est rapide à obtenir. Avoir une mauvaise réputation de covoitureur, covoituré dans un endroit où beaucoup de personnes se rassemblent régulièrement est délicat à cacher. Au contraire, une bonne réputation peut s’amplifier rapidement.

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Je laisse cette trace sur le principe de CycleHack, un mouvement mondial de passionnés de 2 roues qui cherchent à résoudre collectivement les problèmes qu’ils rencontrent. Ce principe de résolution collective d’un problème peut être très stimulant.

CycleHack BXL 2017 (vimeo)

Isabelle et le vélo - Cyclehack : 48 heures pour repenser l’usage du vélo

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Ca me touche personnellement car ça va carrément dans le sens qui m’intéresse, à savoir, la recherche de solutions positives et créatives.

De plus, je suis moi-même cycliste.

Pour ce qui est d’un mouvement mondial sur l’auto-stop, il y a Hitchwiki.org qui est génial grâce à un wiki pas mal documenté sur les meilleurs endroits pour faire du stop (fiches techniques sur les plus grandes villes où on peut en faire) et aussi la possibilité d’indiquer quels sont les endroits précis qu’on a pu tester en stop et les indiquer sur une carte.

Le projet à initier irait plus loin et serait complémentaire de ce concept vu qu’on encouragerait les gens à se rencontrer.

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Je l’avais déjà découvert une fois par hasard ; c’est clair qu’il est génial car c’est un site communautaire. On peut affirmer qu’il est un commun numérique, les commoners étant les auto-stoppeurs. Ses fondateurs et administrateurs défendent certaines valeurs, comme le partage, le don, un monde sans argent, et surtout ont pris position de ne jamais exploiter la fidèle communauté mondiale des auto-stopper qui alimente régulièrement le site Hitchwiki et faire un jour du profit sur leurs données personnelles : ils n’ont pas l’air de se fondre dans le modèle économique des GAFAM.

Vraiment un super site à connaître. merci.

cette histoire de recréer du lien, de la confiance, de l’échange, etc, est passionnante.
S’il devait y avoir un outil numérique à développer, il serait communautaire (créé par ou pour la communauté ; lui appartenant) comme celui de Hitchwiki, je suppose, et Il y a certainement des très bonnes idées dont on pourra s’inspirer.

PS : en anticipant de beaucoup - c’est pluss une vision -, viendra certainement le moment où les gens seront obligés de réfléchir avant d’utiliser la voiture dans leurs déplacements : on aura alors fait le grand saut dans l’inconnu. A ce moment là, les comportements des gens seraient déjà différents. Cet événement pourrait survenir soudainement.

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Je trouve cette idée géniale!! Créer, comme pour les monnaies alternatives, une sorte de certif. Il pourrait y avoir un autocollant flashy mis sur le pare-brise. :rainbow:

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