Pourquoi pas un bouton "je ne suis pas d'accord"?

onjour,

Suite à une interrogation de @steve dans La 5G, instrument de mort! pour avoir un bouton « je n’aime pas » comme, par exemple, un pouce à l’envers, il m’a semblé qu’il y avait là une EXCELLENTE demande.

Car offrir seulement des petits coeurs peut être considéré comme une technique d’ingéniérie sociale (d’origine étasunienne) consistant à favoriser l’esprit bisounours en chacun de nous, cad, le fait d’être avant tout porté par des coups de coeur plutôt que d’être enclin à pousser des coups de gueule à tous propos, comme le font plus volontiers les français. Je trouve qu’une francisation de Discourse en ce sens serait opportune ! Si c’est techniquement possible, je vote pour !

Quoique, pour être honnête, il me vient un doute. Les pratiquants de Facebook le savent bien : l’émoticône « Colère » (Grrr) est parfois choisie parce que l’objet du message est révoltant alors que le message lui-même est juste parfait. La plupart du temps on est en mesure de faire l’interprétation juste et de ne pas se tromper de cible mais avec un bouton « je n’aime pas » simple, je pense qu’on aurait une myriade d’équivoques fâcheuses.

C’est pourquoi, finalement, je resterais volontiers « conservateur » sur cette question jusqu’à ce qu’une bonne solution soit trouvée.

Tant qu’à y être, je ne sais pas ce que ça vaut mais je propose à la réflexion collective l’idée d’avoir… :

  1. un pouce orienté vers le bas ou vers le haut afin de dire son accord ou son désaccord avec l’intention de communication d’un message donné (par exemple "il n’y a pas de preuves que la 5G soit néfaste pour la santé) et

  2. un choix d’émoticônes pour traduire son état émotionnel vis à vis de l’objet du message, ce au sujet de quoi il prend position, indépendamment de celle-ci (par exemple, on pourrait être d’accord ou non avec un message au sujet d’un article faisant état des effets néfastes de la vaccination sur la santé, constats qui pourraient nous légitimement en colère).

Bon, vous voyez ce que je veux dire ?
Qu’en pensez-vous ?

PS: Mais la première question est, peut-être, de savoir si le logiciel de Discourse permet ce genre de modifications :wink:

Tout est possible. Mais est-ce réellement utile ?

Dans le Didacticiel intégré, il est précisé que le bouton :heart: sert à approuver un message mais sans faire l’effort d’argumenter précisément. C’est un acte rapide, paresseux.

Quand il s’agit de dire « Je ne suis pas d’accord », il me parait contre-productif de le faire sur le mode de la paresse. Il est préférable de dire : NON je ne suis pas d’accord car …argument1, argument2, …
Voila pourquoi il n’y a pas de bouton :-1:, c’est intentionnel.

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On pourrait penser que c’est bien intentionné et donc bon en soi.
Mais il me semble que ce n’est pas le cas, car il y a un deux poids deux mesures et cela n’est jamais bon.
Pourquoi pourrait-on apprécier un message paresseusement et pas dans le cas contraire, quand on ne l’apprécie pas ? Il y a quelque chose de logiquement indéfendable.

Si on admet l’acte paresseux ici, on doit l’accepter là sauf à revendiquer un biais en faveur du positif (la manipulation favorisant l’attitude bisounours que j’évoquais précédemment)

Au demeurant, la paresse est un jugement très relatif. Comparé au fait de ne pas réagir, le clic sur « j’aime » ou « je n’aime pas » (quand il existe) est une contribution sociale TRES appréciée par tous les réseaux sociaux. C’est un acte au sens propre car, aussi minuscule qu’il paraisse, il peut amener un changement de perception chez les autres s’il est réalisé en compagnie d’un plus ou moins grand nombre d’actes semblables. Bref, c’est une minuscule mais authentique contribution sociale.

Certes, elle n’a pas la valeur d’un argument développé par a + b mais nous savons d’expérience qu’un bon clic vaut mieux que deux arguments mal fichus qui font une discussion vaseuse.

C’est pourquoi je pense que la palette des réponses négatives devraient avoir la même latitude que celle laissée aux réponses positives.

Ceci étant, le principal problème que je vois reste l’équivoque que je pointais entre le message lui-même (ce qui est dit) et son objet (ce sur quoi il est dit quelque chose) : quand on like ou qu’on dislike, qu’est-ce qui est évalué exactement ? Le message ou son objet ?

Cette équivoque pourrait être levée, je crois, si on destinait le pouce (levé ou baissé) au message et les émoticônes à l’objet. On pourrait ainsi être en plein accord (pouce levé) avec un message mais très en colère ou attristé par son objet (par exemple, une mesure gouvernementale injuste).

Il me semble qu’il y aurait là un moyen de faire un distinguo utile à la qualité des échanges, non ?
Mais il n’y a peut-être pas d’urgence à y venir.
C’était une réflexion à brûle-pourpoint pour soutenir une interrogation/demande de @steve qui m’est apparue légitime.

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Ronkozé est un forum dédié au prolongement d’un débat démocratique, pas un réseau social. L’objectif est d’échanger des informations et des arguments qui permettent à chacun de forger et nuancer ses opinions. En ce sens:

Créer un post pour dire « je suis tout à fait d’accord » n’apporte aucun argument supplémentaire au débat et peux être remplacé par une icône. Au contraire, lorsque tu n’es pas d’accord; tu ne peux pas te contenter d’une icone. Il faut que tu argumentes pour qu’on te comprennes et que le débat puisse évoluer.

Tu penses vraiment que l’imitation sociale (pencher pour l’opinion qui est la plus populaire) est un processus salutaire individuellement (pour se faire un avis) et socialement (pour le débat démocratique)? J’espère au contraire que chacun réfléchira d’abord à la qualité des arguments.

J’ai du mal à comprendre, je ne dois pas avoir la même expérience que toi? Peux tu préciser ta pensée, donner des exemples?

Peux tu expliquer en quoi est ce que l’expression de nos émotions contribue à un débat de qualité? Pour moi, ce n’est pas une évidence, mais ça m’intéresse .

très bonne question,
à méditer.

d’autant plus qu’une icône à sélectionner parmi plusieurs est une approximation très partiale pour exprimer ses émotions. un dessin, une chanson, peut-être …

la carte n’est pas le territoire.

Je suis d’accord, il y a une dissymétrie entre le positif et le négatif. @pvincent avait raison, ici la paresse n’est pas appropriée. Si on veut exprimer son désaccord, il est plus logique et valable de le faire en s’expliquant et pas seulement avec un pouce baissé.

Mais, néanmoins, de la même manière qu’un certain Paul Lafargue a écrit un livre « Le droit à la paresse », je défends ici l’idée d’une utilité sociale de la réponse négative paresseuse en tant qu’elle est publiquement exprimée car indicative d’une posture, d’une atttitude qui pourra inciter d’autres usagers à passer à l’acte en faisant valoir des éléments critiques qu’ils auraient peut-être tus s’ils s’étaient sentis seuls à penser ainsi.

Toutes les exhortations à adopter l’attidue idéale que serait un comportement indépendant, autonome et nullement sous influence sociale sont de vaines incantations. L’humain est mimétique. Point barre. ça ne se discute. La question est seulement de savoir quelle attitude on adopte vis-à-vis de cette tendance générale ?
Et une fois la question posée, je ne vois pas comment, dans un espace à vocation démocratique, on pourrait faire autre chose que de laisser chacun librement décider de son attitude.

Si on voulait résolument pousser les individus à ne pas se laisser influencer alors il faudrait enlever tous les petits coeurs et tous les émoticônes. Ce ne serait plus alors un réseau social, mais un espace de discussion « soviétique », à la schlague, sans affects, donc… inhumain.

Nous aons heureusement eu la faiblesse de suivre la tendance générale des réseaux sociaux, il y a des petits coeurs et des émoticônes sur Ronkozé et… c’est une bonne chose même si cela flatte les tendances grégaires de l’humain. Ceux qui ont un problème avec ça peuvent regarder ailleurs mais qu’ils n’empêchent pas les autres de communiquer ainsi au-delà du seul « contenu propositionnel » d’arguments purement logiques.

Nous sommes des humains, avec toutes nos faiblesses et on pourrait commencer par s’accepter comme on est, donc, éventuellement, paresseux si on veut, mais souvent simplement découragé par une argumentation à rallonge et/ou brouillonne vis-à-vis de laquelle on ne se sent pas le courage d’engager un débat/combat avec mise à plat de l’argumentation, tout en souhaitant exprimer, malgré tout, le fait qu’on n’est pas d’accord.

Dans cette perspective, plutôt que le pouce baissé qui a un je-ne-sais-quoi de prétentieux puisque renvoyant au choix de l’empereur romain, nous pourrions peut-être imaginer quelque chose comme un « drapeau blanc » qui signifierait : « je ne suis pas d’accord mais je ne me sens pas l’envie ou les moyens de contre-argumenter ».

Voilà c’était mon plaidoyer pour un droit au désaccord pour les paresseux :wink: