Permafrost

Des nouvelles du permafrost, pas tellement nouvelles hélas ! J’en ai des sueurs froides depuis ce matin, et c’est pas la Covid (qui est bien moins dangereux, voire pas du tout vu qu’il est ds l’ordre des choses que les virus vivent aussi, eux! Surtout si on fait TOUT pour les favoriser, en abattant la biodiversité, et la bio tout court !)

Le plus grand dépôt de méthane gelé au fond de l’Arctique commencerait à se libérer

28 octobre 2020

Une équipe scientifique russo-suédoise a observé des concentrations de méthane extrêmement élevées en mer de Laptev, dans l’océan Arctique. Cela serait le signe de l’amorce du dégel des dépôts de ce puissant gaz à effet de serre.

Le journal britannique The Guardian a révélé, mardi 27 octobre, que des scientifiques ont trouvé des preuves que les dépôts de méthane gelés dans l’océan Arctique — connus sous le nom de « géants endormis du cycle du carbone » — ont commencé à être libérés sur une large zone située au large de la côte de la Sibérie orientale.

Des niveaux élevés de ce puissant gaz à effet de serre ont été détectés jusqu’à une profondeur de 350 mètres dans la mer de Laptev, près de la Russie. L’équipe de scientifiques, à bord d’un navire de recherche russe, a également relevé en surface des concentrations de gaz quatre à huit fois supérieures à la normale. Cette information a suscité l’inquiétude des chercheurs quant au déclenchement d’une nouvelle boucle de rétroaction climatique qui pourrait accélérer le rythme du réchauffement planétaire.

Ne pas s’alarmer : « Il n’y a pas d’évidence pour l’instant d’une augmentation des émissions de méthane en Arctique » (pour l’instant ?! Mais à l’instant t+1, ça explose !)

En effet, le méthane induit un effet de serre 80 fois plus important que le dioxyde de carbone sur vingt ans. « Pour l’instant, il est peu probable qu’il y ait des conséquences majeures sur le réchauffement climatique, mais le fait est que ce processus a été déclenché. Ce dépôt d’hydrates de méthane sur les pentes de la Sibérie orientale a été perturbé et le processus de libération de ces gaz dans l’atmosphère va se poursuivre » , a déclaré le scientifique suédois Örjan Gustafsson, de l’université de Stockholm, à The Guardian.

Les 60 membres de l’équipe de l’Akademik Keldysh pensent être les premiers à confirmer, par des observations, que la libération de méthane est déjà en cours sur une large zone de la pente, à environ 600 kilomètres au large des côtes.

En six points de surveillance sur une zone de 150 kilomètres de long et 10 kilomètres de large, ils ont vu des nuages de bulles se dégager des sédiments.

À un endroit sur le versant de la mer Laptev, à une profondeur d’environ 300 mètres, ils ont trouvé des concentrations de méthane allant jusqu’à 1.600 nanomoles par litre, ce qui est 400 fois plus élevé que ce à quoi on pourrait s’attendre si la mer et l’atmosphère étaient en équilibre.

Igor Semiletov, de l’Académie des sciences de Russie, qui est le scientifique en chef à bord, a déclaré que les rejets étaient « sensiblement plus importants » que tout ce que l’on avait trouvé auparavant. « La découverte de la libération active d’hydrates sur les pentes du plateau continental est très importante et inconnue jusqu’à présent » , a-t-il déclaré. « Ils peuvent avoir de graves conséquences sur le climat, mais nous avons besoin de plus d’études avant de pouvoir le confirmer. »

La dernière découverte serait la troisième source d’émissions de méthane de la région. M. Semiletov, qui étudie cette région depuis deux décennies, a déjà signalé que le gaz est libéré par le plateau continental de l’Arctique — le plus grand de toutes les mers. Pour la deuxième année consécutive, son équipe a découvert des cratères dans les parties les moins profondes de la mer de Laptev et de la mer de Sibérie orientale. Ils libèrent des jets de bulles de méthane, qui atteignent la surface de la mer à des niveaux dix à cent fois supérieurs à la normale. Ce phénomène est similaire aux cratères et aux gouffres signalés dans la toundra sibérienne intérieure au début de l’automne.

La déstabilisation de ces hydrates de l’Arctique a été classé par le Service géologique des États-Unis comme l’un des quatre scénarios les plus graves du changement climatique planétaire.

« Cet article (alarmiste) ne s’appuie sur aucune publication scientifique, a toutefois critiqué Valérie Masson-Delmotte, chercheuse et membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), sur Twitter. Il n’y a pas d’évidence pour l’instant d’une augmentation des émissions de méthane en Arctique. »

Interrogée par Reporterre , Valérie Masson-Delmotte précise : « L’équipe de Semiletov fait un travail remarquable sur la marge continentale, qui était émergée pendant la période glaciaire précédant l’holocène, puis a été submergée pendant celui-ci. » L’holocène est la période géologique couvrant les dix mille dernières années. « Il se produit spontanément dans cette région des dégazages en certains points, mais cela ne montre pas que c’est le début d’un phénomène. » Le point global réalisé en 2017 par un groupe international de chercheurs sur les émissions mondiales de méthane n’a pas mis en évidence un dégagement discernable de la région arctique. Il faudra donc attendre la publication scientifique de l’équipe de M. Semiletov pour apprécier la signification du phénomène qu’elle a observé.

Bonjour @Nath,

Merci pour ton message sur le permafrost.
Je me suis permis de le déplacer dans la bonne catégorie et d’affecter un sujet à part entière.
Cela va permettre aux lecteurs de réagir à ton message.

Merci Vincent. Permets-toi ! J’avoue que j’ai du mal à m’y retrouver dans le site. J’aurais dû suivre ta petite formation le 24. 11 !

ah bon, tu n’arrives pas à te retrouver dans le site !?
expliques-moi, stp.

Il me semble que c’est super bien organisé, facile à trouver, moteur de recherche pertinent. Il y a certainement à pratiquer pour comprendre la première logique de fonctionnement, mais une fois acquise, cela devient évidence.

Voilà, n’hésites pas à faire remonter les moindres difficultés sur l’espace #retours-sur-le-site