Les trolls

L’encyclopédie en ligne Wikipédia donne une définition très détaillée du mot « troll » (internet). Je n’en rapporte ici que des extraits :

En argot Internet, un troll caractérise un individu ou un comportement qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble ou plus couramment de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, on désigne sous le néologisme troller le fait de créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention, aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté.

L’argumentation caricaturale et récurrente d’un troll est une « empreinte typique du troll ». Elle est la preuve d’une mécommunication et d’une impossibilité à échanger dans la compréhension mutuelle. Le « trollage » présume des provocations intentionnelles dans le but de nuire ou de se faire remarquer par les membres de la communauté.

Je distinguerais personnellement deux types de « trolls » :

  • les individus isolés, gênants, agaçants, sans forcément qu’ils s’en rendent compte, ou, à l’inverse, conscients de nuire, prenant du plaisir à cette sorte de vandalisme virtuel, mais souvent vulgaires et à l’argumentaire limité (donc au pouvoir de nuisance limité) ;
  • et ceux qui sont payés pour le faire. Wikipédia parle de « trollage » institutionnalisé.

Je ne m’attarderai pas sur les individus isolés. Je ne suis pas psychologue.
Je m’intéresse surtout aux « trolls » professionnels, travaillant pour les grosses entreprises ou surtout pour les gouvernements.

Wikipédia en français fait mention d’« usines à trolls » en Russie, la plus connue étant l’Internet Research Agency mais omet bizarrement de parler de ce que le journaliste d’investigation et essayiste Michel Colon a dévoilé : qu’un service ministériel israélien entier est consacré à cette activité et que des étudiants sont même enrôlés (à 1000 ou 2000 € par mois) pour s’adonner à cette pratique.

A titre personnel, j’en ai croisé beaucoup, voici quelques années en arrière, qui venaient polluer les groupes de discussions dédiés à deux personnalités françaises (doit-on en déduire « gênantes pour le pouvoir ») : Etienne Chouard et François Asselineau.

J’ai remarqué également que les « trolls » :

  • orientaient souvent les conversations vers des sujets clivants,
  • et/ou utilisaient un kit prêt-à-l’emploi de support visuels, si possible avec des références à « l’extrême-droite », la « fachosphère », « l’antisémitisme », « Alain Soral », etc. (exemple récemment trouvé sur Ronkozé) ou à l’argumentaire simpliste/caricatural et systématiquement orienté « pro-gouvernement » et/ou « pro-médias de masse » (exemple récemment trouvé sur Ronkozé).

La difficulté persistante consiste à déterminer si :

  • l’individu soupçonné d’être un « troll » est isolé et ne se rend pas compte d’être l’« idiot utile » du système (du pouvoir en place)
  • ou s’il est payé par une agence de comm ou un service étatique quelconque pour prolonger la propagande même là où on essaie d’y échapper.
2 J'aime

Un sujet vaste et intéressant.
Merci pour l’introduction en faisant référence à Wikipedia.
Hâte de lire les autres à ce sujet.

Selon moi, en essayant de résumer à l’extrême, un « troll » c’est …

une sorte de clown pas drôle qui impose son humour

image