Le complotisme, moteur du racisme

Un article de Sebastian Dieguez & Laurent Cordonier, publié dans TANGRAM 45

  • Neuroscientifique, Sebastian Dieguez est chercheur au Laboratoire des sciences cognitives et neurologiques de l’Université de Fribourg

  • Docteur en sciences sociales, Laurent Cordonier est chercheur à la Fondation Descartes (Paris) et collaborateur scientifique externe à l’Université de Lausanne.

I. Le complotisme, moteur du racisme

Dieguez et Cordonier

Les rapports entre racisme et complotisme sont complexes. Tous deux partagent des problématiques communes autour de questions concernant le pouvoir, l’exclusion, la défiance, la violence, la haine, la peur, les stéréotypes, les inégalités ou encore l’injustice, mais pas toujours de façon très nette. Dans ces deux articles, nous tentons de clarifier ces difficultés en présentant les deux facettes de cet inquiétant compagnonnage.

Dans ce premier article, nous montrons comment le complotisme en tant que tel sert souvent de puissant moteur aux idéologies, attitudes et mouvements racistes. En son cœur, le racisme consiste à essentialiser des groupes d’individus sur la base de leurs caractéristiques physiques et de leurs origines, généralement pour les inférioriser vis-à-vis d’autres groupes sociaux. Mais pour être efficace, cette essentialisation-infériorisation doit aussi porter sur des facteurs psychologiques et moraux faisant des groupes ciblés une potentielle menace. Précisément, le complotisme vient à la fois aider et justifier le racisme : les « autres » sont non seulement irrémédiablement inférieurs, mais aussi dangereux. Sournois et rusés, ils nourrissent de mauvaises intentions à notre égard, préparent secrètement quelque chose, se serrent les coudes, en veulent à « notre » mode de vie. Sans cette mécanique, le racisme reste en quelque sorte une posture théorique, un vague dégoût irrationnel pour la différence, une sorte de phobie diffuse et peu canalisée. Ainsi, pour être pleinement raciste, il faut aussi être complotiste.

Dans le second article, nous abordons le complotisme comme l’« arme des minorités ». Le racisme en tant que système d’oppression produit de puissants effets sur ceux qui le subissent. Cette situation, à son tour, suscite la défiance et conduit à des croyances particulières chez les minorités visées. Aussi le complotisme peut-il servir de mécanisme de défense à ceux qui en sont victimes, aux fins de rendre compte de leur position et d’activer des attitudes permettant d’y faire face.

La causalité diabolique

Il convient tout d’abord de distinguer deux notions qui sont souvent mélangées dans les discours actuels, celle de « théorie du complot » et celle de « complotisme ». La distinction est beaucoup plus importante qu’il n’y paraît, car elle permet de dissiper quelques malentendus. Une théorie du complot correspond à une explication d’un événement public important (p. ex. un attentat, l’assassinat d’une personnalité publique, la survenue d’une pandémie ou d’un accident industriel) en soutenant qu’il résulte d’un complot – c’est-à-dire d’un plan conçu et réalisé secrètement par une entité malfaisante, en général un groupe d’individus puissants s’entendant entre eux. Ce type de « théories » vient souvent supplanter l’explication « officielle » de l’événement en question, et ses conclusions sont tout à fait différentes.

Certaines théories du complot sont très connues et répandues, comme celles portant sur l’assassinat de J.F. Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou encore les traces de chemtrails dans le ciel. Elles concernent donc des sujets isolés et épars, et émergent sporadiquement au gré de l’actualité, proposant des explications, souvent assez vagues, que les autorités ou les véritables responsables chercheraient à « nous cacher ».

Le complotisme, en revanche, désigne une disposition plus générale à envisager le complot comme facteur explicatif de la marche globale du monde. L’Histoire elle-même, au sens large, est alors conçue comme le flux permanent et éternel de conjurations opérées « en coulisses » par un groupe restreint d’individus qui « tireraient les ficelles » tout en « nous cachant la vérité ». Les chercheurs parlent de « mentalité conspirationniste », d’« idéation conspiratoire » ou de « style paranoïaque » pour désigner cette attitude mentale particulière. Elle a été théorisée par Léon Poliakov, dans ses études sur l’histoire de l’antisémitisme, sous le concept de « causalité diabolique », c’est-à-dire la tendance à retracer les fils du réel vers une source intentionnelle unique qui ne serait en définitive rien d’autre que le mal absolu, une entité si puissante, maléfique et déterminée qu’elle parviendrait toujours à ses fins, dans la plus parfaite invisibilité.

Dans la vision du monde complotiste, les détails exacts de telle ou telle « théorie du complot » comptent ainsi moins que la conviction préétablie qu’il existe une force conspiratrice, quoi qu’elle fasse exactement et quels que soient ses buts réels. Il en découle que la meilleure façon de prédire si quelqu’un croit ou non à une théorie du complot donnée consiste à examiner s’il croit à d’autres théories du complot, surtout lorsqu’elles n’ont aucun rapport direct les unes avec les autres et qu’elles relèvent de domaines totalement différents.

Le terme « complotisme » a une connotation péjorative sur laquelle il est intéressant de s’arrêter. Dans les années 1950-60, deux auteurs en particulier ont contribué non seulement à identifier, mais aussi à décrédibiliser cette manière d’interpréter le monde. Il s’agit du philosophe Karl Popper qui, en 1952, introduit le concept de « théorie du complot de la société » et de l’historien Richard Hofstadter qui, en 1964, parle de « style paranoïaque » en politique. Ces analyses font suite à celles de Löwenthal et Guterman sur les « prophètes du mensonge », à savoir les « agitateurs » politiques fascistes dont ces auteurs avaient bien noté le recours idéologique à la notion de complot pour attiser la haine. Ces travaux ont ainsi mis en évidence le caractère irrationnel et immoral des accusations outrancières du complotisme, et cette attitude est depuis devenue inacceptable et même honteuse dans l’opinion publique.
La dénonciation et la stigmatisation du complotisme ne sont donc en rien une nouveauté, contrairement à ce qui est souvent avancé, y compris par certains chercheurs mal informés sur le phénomène qui nous intéresse. Le terme « complotisme » est péjoratif précisément parce qu’il désigne une façon discréditée de longue date de rendre compte de la réalité, une manière de penser non seulement improductive, mais potentiellement dangereuse. Dans ce contexte, du reste, le complotisme n’a rien d’une vision simpliste et biaisée, mais correspond à une posture qui entérine sa propre stigmatisation. Les gens n’adhèrent pas à telle ou telle idée avant de s’apercevoir avec horreur qu’il s’agissait d’une théorie du complot : aujourd’hui, on adhère à des contenus complotistes parce qu’ils sont complotistes, parce qu’on aime à imaginer qu’ils nous mettent en possession d’un savoir interdit et sulfureux dont les élites voudraient nous priver.

Un outil idéologique

Comme d’autres auteurs, Poliakov avait bien perçu le caractère dévastateur d’une telle façon de concevoir le monde. Loin d’une simple lubie ou de vagues suspicions à l’égard des explications « officielles » d’un événement spécifique, le complotisme permet, littéralement, de diaboliser un ennemi ou des groupes sociaux en leur prêtant des intentions néfastes et le pouvoir de les mettre en œuvre, ce qui, en retour, permet d’expliquer et de justifier la haine ressentie à leur égard, et ainsi de renforcer la mobilisation pour s’en défendre. On voit bien, dès lors, combien le complotisme est en réalité éloigné d’une préoccupation sincère pour des histoires de complots qu’il faudrait examiner et dénoncer. Il s’agit plutôt d’apporter le carburant nécessaire au maintien d’une détestation forcenée qui, sans complotisme, risquerait assez vite de s’essouffler. S’ils veulent être efficaces, les régimes totalitaires, les tyrannies, les factions génocidaires ou les fomenteurs de persécution doivent dépeindre leur cible – que ce soit un opposant réel ou un bouc émissaire inventé de toutes pièces – comme habitée par l’intention sournoise de faire aboutir un plan secret de conquête contre les populations qui les soutiennent.

À cet égard, l’incroyable longévité d’un phénomène comme l’antisémitisme ne peut pas s’expliquer sans sa composante complotiste. À notre avis, il est même impossible d’être antisémite si l’on fait l’économie de l’idée d’un complot juif global. Des messes sataniques aux fantasmes sur George Soros, en passant par les puits empoisonnés et le concept de « nouvel ordre mondial », la méfiance et la haine à l’égard du Juif n’ont pu survivre, sous une forme aussi marquée, qu’imbriquées dans une mythologie de la manipulation, qui n’est rien d’autre qu’une accusation de complot visant à dominer le monde.

Le complotisme n’est pas simplement l’adhésion maladroite et malheureuse à quelques idées farfelues, qui serait le fait de personnalités crédules et mal informées. C’est une démarche opportuniste, stratégique et idéologique qui permet la fabrication d’un ennemi et qui sert en retour à expliquer tous nos malheurs, à encourager la haine et à transmuer ainsi les bourreaux en victimes. Pour autant, cette dynamique de victimisation propre au complotisme, si elle est un moteur du racisme (et de l’oppression en général) particulièrement redoutable, se présente aussi sous la forme d’un ressentiment improductif de la part des minorités et des plus démunis. Cette autre facette du complotisme fait l’objet de l’article qui suit.

Bibliographie:
Dieguez, S. & Delouvée, S. (à paraître). Le complotisme : cognition, culture, société. Bruxelles : Mardaga.
Hofstadter, R. (1964). The Paranoid Style in American Politics. New York : Harvard University Press.
Poliakov, L. (1980). La causalité diabolique (vol. 1). Paris : Calmann-Lévy.
Popper, K. (1963). Conjectures et réfutations : la croissance du savoir scientifique. Paris : Payot.

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Bonjour @Yannb,
Merci pour cet article qui traite un sujet en profondeur.
D’ordre cosmétique, je me suis permis d’améliorer ton premier message afin de faciliter la lecture.
Je prends le temps de bien lire avant de transmettre mes impressions d’après-lecture…

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Excellent, ça me parle.

Je comprends mieux pourquoi j’admets une certaine plausibilité à « certaines » théories du complot, tout en rejetant instinctivement l’attitude complotiste, clairement paranoïaque, qui consiste à croire que tout n’est qu’un gros complot, cf. Nouvel Ordre Mondial, QAnon, et autre truc farfelu…

J’ai hâte de lire l’article suivant, peut-être donne-t-il des pistes pour mieux accepter le délire paranoïaque de certains. Y a-t-il seulement un espoir de ne pas sombrer avec eux dans leur folie ? Et si oui, peut-on encore soigner ces personnes, par quels moyens ? Plus simplement, y a-t-il encore un débat possible entre de simples citoyens et des complotistes endurcis ?

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Yes, merci pour cette article.
Mais il y a quand mêmes des choses qui s’explique mal, voir Les faces cachées par ** Eric Laurent**
le 11 septembre par exemple, il y a pas mal de fait établit et qui sont difficiles à croire comme la troisième tour qui s’est écrasé toute seul et les délit d’initié massif sur le marché boursier…
j’ai du mal a croire que cela soit une coïncidence, même si je ne voie pas d’illuminati derrière

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J’en profite pour mettre à disposition l’article 2, de grande qualité également

II. Le complotisme, un outil de mobilisation dangereux

Cordonier et Dieguez

Le 15 mars 2019, à Christchurch en Nouvelle-Zélande, un homme s’introduisait dans deux mosquées et abattait plus de 50 personnes rassemblées pour la prière du vendredi. La veille, le terroriste, un suprémaciste blanc, avait diffusé sur Internet un long manifeste dans lequel il exposait la motivation de son acte. Il s’agissait pour lui de lutter contre ce qu’une théorie du complot très répandue dans les groupuscules d’extrême droite nomme le « grand remplacement ».

La théorie du « grand remplacement » a reçu plusieurs formulations, dont celle de l’identitaire français Renaud Camus qui a contribué à sa relative popularité à partir du début des années 2010. Quelle qu’en soit la déclinaison, le cœur de cette théorie est toujours le même : les élites politiques, intellectuelles et médiatiques des pays occidentaux travailleraient dans l’ombre à organiser la substitution progressive des populations blanches autochtones par des populations d’Afrique subsahariennes et du Maghreb, censément plus faciles à maintenir dans une situation de servitude que les classes moyennes blanches. Ainsi, l’existence et la survie même des Blancs et de la « civilisation occidentale » seraient mises en péril par ce sombre complot. Pourtant, les démographes qui se sont penchés sur la question contestent qu’une substitution de populations de ce type serait en train de se produire, et rien ne permet de penser que les gouvernants des pays occidentaux chercheraient à « remplacer » leur population.

L’attentat de Christchurch illustre de la plus terrible des manières le point développé dans notre article précédent, à savoir que les théories du complot jouent un rôle central dans le processus aboutissant à la constitution d’un ennemi mortel – en l’occurrence, les immigrés et descendants d’immigrés musulmans. Il a d’ailleurs été montré empiriquement que la théorie du « grand remplacement » nourrit, chez les personnes qui y croient, l’hostilité à l’égard des musulmans (Obaidi, Kunst, Ozer & Kimel, 2021). En désignant un ennemi et en légitimant tous les moyens de lutter contre lui, les théories du complot de ce type servent d’outil de mobilisation à des agents qui se perçoivent comme des « acteurs faibles du jeu politique » pour qui « l’usage de la rhétorique du complot […] permet de se compter, de s’autonomiser et de se penser, jusqu’à l’autarcie, comme les détenteurs d’une vérité refusée » (Taïeb, 2010 : 281).

Le complotisme des minorités

Plus généralement, les théories du complot expliquent les malheurs du monde – qu’ils soient réels ou imaginaires – par des récits mettant en scène des acteurs aux intentions malveillantes, ce qui donne à ceux qui y croient l’impression de pouvoir reprendre le contrôle d’un environnement qui, autrement, serait abandonné à la contingence. C’est pourquoi le complotisme, en tant que forme de stratégie mentale non consciente pour lutter contre une situation anxiogène, frappe particulièrement les groupes sociaux qui, pour une raison objective ou fantasmée, sont affectés par un sentiment ou une crainte de précarisation, de dépossession ou de déclassement (voir p. ex., DiGrazia, 2017 ; Goertzel, 1994 ; Uscinski & Parent, 2014).

Il n’est dès lors guère surprenant que les victimes du racisme et, plus largement, les membres de groupes minoritaires ou discriminés puissent eux aussi développer des attitudes complotistes afin d’expliquer leur statut. Ces derniers peuvent en effet trouver dans les théories du complot une grille interprétative permettant de conférer un sens à leur situation et de désigner une cause univoque aux injustices sociales dont ils sont victimes. Les théories du complot portent dans ce contexte sur les intentions et les méthodes du pouvoir ou des groupes majoritaires. C’est par exemple le cas des théories du complot qui accompagnent depuis ses débuts l’épidémie du SIDA.

Plusieurs de ces théories prétendent ainsi que le virus du SIDA aurait été créé par le gouvernement des États-Unis, puis inoculé volontairement à des membres de la communauté afro-américaine dans le but de l’affaiblir, voire de la faire disparaître. Une version de cette théorie conspirationniste a notamment été défendue par l’organisation musulmane afro-américaine Nation of Islam. D’autres théories du complot ont pour leur part soutenu que c’est la population homosexuelle qui aurait été délibérément exposée au virus du SIDA par les services de santé des États-Unis alliés à des suprémacistes blancs.

Plus proche de nous, un intéressant travail ethnographique mené au sein de quartiers précaires de Bruxelles offre une autre illustration du recours par des minorités stigmatisées aux théories du complot pour comprendre leur situation. Cette recherche montre que les jeunes immigrés ou descendants d’immigrés marocains et africains subsahariens qui vivent dans ces quartiers adhèrent massivement à des thèses selon lesquelles, dans les pays occidentaux, journalistes, politiques et forces de l’ordre œuvreraient de concert à faire passer les immigrés et les musulmans pour une source de troubles sociaux afin de détourner l’attention publique des véritables acteurs malfaisants – à savoir, les « puissants » et les « mafias mondiales » (Mazzocchetti, 2012).

Par exemple, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis auraient été organisés par le gouvernement américain lui-même et attribués à des islamistes dans le but de stigmatiser les communautés musulmanes présentes en Occident. En adhérant à ce genre de théories, ces jeunes immigrés et descendants d’immigrés « donnent du sens au passé (les silences qui entourent l’histoire coloniale et les histoires migratoires) tout autant qu’à leur ressenti de xénophobie et aux discriminations contemporaines […]. [… Cette] appréhension du monde en termes de théorie du complot est également une manière de prendre prise sur les événements en les rendant cohérents et acceptables de par leur cohérence, et, donc, de sortir d’une position de victime en devenant acteur de sens » (Mazzocchetti, 2012 : 6).

On le voit, le complotisme s’enracine bien souvent dans le sentiment d’appartenir à un groupe stigmatisé, menacé ou victime d’une injustice sociale. Dans certains cas ce sentiment correspond à une réalité objective, dans d’autres cas il est le fruit d’une crainte, qui n’a pas moins d’effets qu’elle est injustifiée. Si les théories du complot, en suscitant l’indignation, permettent de mobiliser et de fédérer des individus, elles constituent pourtant une impasse politique, y compris quand le sentiment d’injustice initial est légitime. En effet, le prisme complotiste empêche de poser un diagnostic pertinent sur la situation et, partant, de lutter de manière efficace contre les injustices sociales. Pour le dire autrement, le complotisme est toujours un piège, jamais un instrument d’émancipation.

Bibliographie:

DiGrazia, J. (2017). The social determinants of conspiratorial ideation. Socius, 3, 1-9.
Goertzel, T. (1994). Belief in conspiracy theories. Political Psychology, 15, 731-742.
Mazzocchetti, J. (2012). Sentiments d’injustice et théorie du complot. Représentations d’adolescents migrants et issus des migrations africaines (Maroc et Afrique subsaharienne) dans des quartiers précaires de Bruxelles. Brussels Studies [en ligne], 63.
Obaidi, M., Kunst, J. R., Ozer, S., & Kimel, S. (2021). The Great Replacement Conspiracy: How the Perceived Ousting of Whites Can Evoke Violent Extremism and Islamophobia. [Preprint available at https://osf.io/b25r3]
Taïeb, E. (2010). Logiques politiques du conspirationnisme. Sociologie et sociétés, 42(2), 265-289.
Uscinski, J. E. & Parent, J. M. (2014). American Conspiracy Theories. Oxford, Oxford University Press.

Je retiens la conclusion finale, qui me parait logique, d’après la définition initiale du complotisme

le complotisme est toujours un piège, jamais un instrument d’émancipation.

Le complotisme […] désigne une disposition […] à envisager le complot comme facteur explicatif de la marche globale du monde.

Avec toutes les rivalités géopolitiques mondiales, il me semble farfelu qu’un plan machiavélique puisse être monté par une petite minorité d’élites et mis en place efficacement de manière secrète (cf. N.O.M). Au contraire, nos pseudo-élites agissent comme un vulgaire panier de crabes et sont prêts à trahir à chaque instant pour monter un échelon supérieur. Impossible à l’échelle mondiale de fomenter des conspirations d’envergure, [sauf peut-être pour les USA qui jouent dans une autre catégorie].

complètement d’accord

je vois pas le rapport directe, pour moi si les jeunes émigrés se tournent vers ces directions c’est qu’ils sont délaissé par la république, idem pour les français de souche qui ne se retrouvent plus dans le laissé allé de notre pays et qui sont attiré par la royauté…
Si le communautarisme naît en France c’est qu’il n’y a plus de liens entre les français de toutes origine qu’il soit.
la nature a horreur du vide et elle le remplit par ce qui lui est disponible immédiatement

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Je voudrais tenter de te rassurer @pvincent en te rappelant que nous avons eu un jour une très longue mais aussi belle conversation et, au-delà des quelques différends irréductibles que nous avons eu sur quelques points précis, nous nous sommes accordés sur mille choses, ce qui eût été hautement improbable voire impossible si le complotiste endurci que je suis était dans la folie.

Je souhaiterais t’inviter à réfléchir à ce que tu es en train de faire lorsque tu en viens à placer certains interlocuteurs dans le champ de la folie.
La chasse aux complotistes est l’équivalent moderne des chasses aux sorcières. On peut imaginer que, bientôt, l’échec de la campagne vaccinale et la circulation interminable des coronavirus leur sera imputés.
La démocratie ne survivra pas, et d’abord sur Ronkozé, si on commence…

Traiter les complotistes de paranoïaques ou de fous, n’est-ce pas opérer une…

Tout ça sent le bûcher, j’en ai peur :wink:

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Je n’ ai pas encore pris connaissance de tous vos échanges ni vu toutes vos vidéos mais ce que je retiens dans tes propos @Vincent " : Y a-t-il seulement un espoir de ne pas sombrer avec eux dans leur folie ? Et si oui, peut-on encore soigner ces personnes, par quels moyens ? Plus simplement, y a-t-il encore un débat possible entre de simples citoyens et des complotistes endurcis ? "
Je crois qu’ il est plus URGENT d’ envoyer soigner la FOLIE de tous les psychopathes comploteurs qui nous pourrissent la vie au quotidien, qui nous empoisonnent que de risquer de prêter le flan à une idéologie dominante qui nous impose " la pensée unique ", qui nous divise , et qui nous mène tout droit vers la privation de la liberté d’ expression . VIGILANCE .
Et n’ oublions l’ Histoire est truffée de COMPLOTS .

Quand on parle des COMPLOTISTES, il faut bien penser à ne pas participer à in fine

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Alors Kéti, toi aussi tu es une complotiste endurcie ? :wink:
(je le savais, je fais juste mine de le découvrir…)

Attention, les comploteurs dont tu parles sont psychopathes, pas des fous. Ils savent rester inscrits dans le tissus social, ils sont suivis, compris, même si eux ne comprennent pas les autres.
Les fous sont isolés, sauf dans les foules qui, comme le nom l’indique, sont folles par définition.

Ah, la posture de victime! Bien pratique pour esquiver une réponse au fond de l’argumentation :wink:

Par contre je suis d’accord avec toi pour ne pas psychiatriser la mentalité conspirationniste, pour ma part je la rapprocherai d’avantage de la pensée magique ou religieuse. C’est certainement une partie de l’explication de son succès auprès des milieux occultistes et new-age.

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Je crois que les Russes, les Chinois, les djihadistes de toutes tendances vont adorer lire ça ! Tous ont hâte que nos dirigeants et leurs médias alignés cessent de faire référence à leurs complots respectifs… :wink:

Et bien dit donc on est mal barré…
ce que je pense c’est que les certitudes ne permettent pas d’avoir un résonnement sain.

pour moi c’est déjà une association de malfaiteur, tous ses crabes sont autant toxique pour leur « race » que pour tout ce qui vie sur terre.
si les crabes trouvent une proie et qu’ils ont un intérêt a faire un coup ensemble ils le font, et si ils peuvent bouffé un petit crabe sur leur chemin ils le feront dès que possible…
Qu’il soit en réseau peut-être, peut-être pas et je ne vois pas ce que ça change, et je ne comprend pas l’intérêt de se bagarrer pour ça, et si c’est le cas laissons Reiner Fulmich terminer son enquête.
Et si Vincent pense autre chose c’est sa liberté et son droit.
Ce qui est sur c’est que nous sommes tous gouverné par nos peurs… Peur du complot pour certain, peur du covid pour d’autres, peur des vaccins, ou peur de tous, a chacun de le comprendre et de l’accepter, de cerné ses peurs pour les dominer et nom être dominé par elle

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C’est intéressant et même impressionnant l’explication de Poliakov du complotisme c’est exactement la façon dont les gouvernements promulguent des lois comme la loi « sécurité globale » contre ceux qui subissent haine, discrimination, et injustice et privation de liberté, englobant militant-es politiques, syndicaux, associatifs et manifestant-es … amalgames douteux sous couvert de terrorisme.

S’ils veulent être efficaces, les régimes totalitaires, les tyrannies, les factions génocidaires ou les fomenteurs de persécution ( et maintenant les démocratures de l’ouest) doivent dépeindre leur cible – que ce soit un opposant réel ou un bouc émissaire inventé de toutes pièces !

L’autre pôle, incarné par le philosophe et économiste Frédéric Lordon, tempête depuis maintenant quelque temps sur la manière dont l’accusation de « complotisme » constitue avant tout une manière de délégitimer toute tentative radicale d’inverser le cours des choses et permet d’accuser d’irrationalité quiconque s’élève contre les sachants et les dominants.

« La seule ligne en matière de complots, écrit le philosophe et économiste Frédéric Lordon, *consiste à se garder des deux écueils symétriques qui consistent l’un à en voir partout, l’autre à n’en voir nulle part – comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concertées et dissimulées… »

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Bravo Alain, belle lucidité et superbe résumé. C’est exactement ça !

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super le lien sur Lordon!
Parso je trouve que:
L’idée qu’il y est complot est dû au faîte qu’il y est des décideurs et des exécutants, des dominants et des dominés.

La paranoïât n’est pas exclusivement une maladie de riche et de dominant, je trouve le point de vue réducteur.

A partir du moment ou il y a des groupes qui se créent il y a force ment des stratégies qui se mettent en place pour se défendre et pour dominé l’autre groupe.

La création de mot valise comme « complotiste » ou « antisémitisme » est une stratégie de défense de groupes dominant bousculé par l’actualité et les bavures consécutives de leur excès de pouvoir.

Il est naturel pour les opprimés de chercher une logique a l’oppression et encore plus inéluctable et rassurant de trouver des coupables.

Les dominants chercheront toujours à dévier leur responsabilité sur d’autres et plus c’est gros plus c’est inaccessible meilleur c’est… > « Big brother, illuminati, franc-maçon, reptilien »

Je ne dis pas que cela existe pas, mais il ne me suffit pas d’avoir un témoignage ou une photo pour que je soit convaincu

Pour s’attaquer a des sujets aussi énorme il faut etre prudent et très rigoureux et avoir une démarche scientifique.

René Descartes
La méthode scientifique est une démarche à suivre par étapes afin de parvenir à une vérité. En interprétant sa démarche, elle peut être divisée en quatre étapes :
1. Objet évident (sujet de l’étude ; problème à résoudre & hypothèses)
2. Diviser le plus possible (chercher les preuves factuelles)
3. Recomposer
4. Réviser (vue globale ; confirmer ou réfuter les hypothèses)

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:+1:

La surveillance de masse existe et pas qu’en Chine avec les caméras à reconnaissance faciale. C’est utilisé à des fins commerciales (algorithmes affinitaires, caméras de surveillance sur la route, en ville, dans les commerces, etc) et politiques (renseignements généraux, écoutes téléphoniques, etc). Les deux pouvant se combiner.
Les réseaux francs-maçons (j’inclus dans ce terme tous les réseaux imbriqués : Illuminati, B’nai B’rith, CFR, RIIA, Bilderberg, Trilatérale, Forum Economique Mondial, etc) existent et ne cachent pas leur existence.
Désolé mais là, on n’est pas dans la recherche scientifique ou la théorie.

tu as raison, mais je ne suis pas spécialiste et j’aimerais bien savoir comment ils travaillent ensemble, l’image que j’ai qui est superficielle, me donne pas du tout l’impression que ses groupes soit imbriqué, vue le mépris général, je ne comprend pas comment ils peuvent faire autrement que de se mépriser les un les autres, si les réseaux de dominants etaient capable de travailler ensemble dans la bienveillance mutuel, sans même aller chercher le bien du peuple, il n’y aurais plus de guerre, c’est là ou je bloque

Lis « Comprendre l’Empire ». C’est d’une clarté exceptionnelle. Le meilleur essai politique que j’ai lu. Fais abstraction de l’auteur ; plus les médias de la propagande essaient de la salir, plus il a des choses intéressantes à dire. Les comploteurs n’aiment pas être exposés à la lumière.

Mais la guerre est extrêmement rentable ! Les banquiers prêtent (avec intérêts) aux deux belligérants pour financer les armes, la logistique, etc, puis, prêtent encore pour la reconstruction des pays destruits. C’est énormément, monstrueusement rentable ! Par exemple, pour la guerre en Irak, les contrats de reconstruction étaient déjà signés par les entreprises américaines avant même que l’armée intervienne. Cela a rapporté des dizaines de milliards (payables en pétrole, donc en dollars).

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oui, je sais mais si le but ultime est de réduire la population mondial, avec le vaccin pourquoi c’est l’Israël qui a le plus vacciné? ça ne tient pas comme résonnement

c’est dure, j’ai vraiment du mal avec ce genre de connard, et cela n’a rein a voir avec sa détestation des juifs.
Pour en revenir aux juifs, je connais bien ses personnes j’ai travaillé pour eux dans pas mal de circonstances, c’est aussi avec eux que j’ai gagné le plus de fric et de très loin.
Si ils gouvernent le monde, c’est autant de la faute des catho que de leurs rapacité, si depuis le moyen age il sont banquier c’est bien parce-que gérer le fric était tabou chez les cathos. oui ou non?
Les juifs travaille entre juifs quand ils peuvent, c’est sur, et c’est là ou c’est dérangent, mais toutes les communauté font la même chose, non?
Il est presque impossible qu’un goy se marie avec une juive si il n’a pas de pognon, c’est pas terrible, mais encore une foie ils ne sont pas les seul a faire ça.
Pendant la deuxième guerre mondiale les banquiers, juifs donc, ont financé le nazisme, qui on exterminé d’autres juifs, pas terrible, et pas aussi solidaire que ça finalement.
Il y a énormément de juifs très brillants et généreux, pas du tout dans le système, c’est très grave de trous les mettre dans le même sac.

Les Israéliens sont du bétail comme les autres peuples aux yeux de leurs dirigeants. Il faut relire les propos antisémites de personnes comme Theodor Herzl qui a inspiré les fondateurs d’Israël.
Les pires dirigeants psychopathes-eugénistes-malthusiens sont localisés là où les injections ont été les plus distribuées : Israël, Royaume-Uni, États-Unis, etc.

Israël doit être considéré comme un avant-poste des dirigeants occidentaux (banquiers anglo-américains) en terre de pétrole. La population, c’est un bouclier humain, c’est de la chair à canon (le service militaire est obligatoire pendant 3 ans pour les hommes et les femmes !), c’est un prétexte.

Sais-tu qui a le plus contribué au peuplement d’Israël (alors toujours appelé Palestine, quand c’était encore une colonie anglaise prise aux Turcs ottoman) ? Adolf Hitler ! Eh oui, point Godwin encore une fois. De 1933 à 1939, l’Allemagne nazie et la Fédération Sioniste d’Allemagne ont collaboré avec l’Angleterre, dans le cadre d’un Accord de Transfert, pour que les Allemands de confession juive soient formés (à l’agriculture, à l’artisanat, etc) puis envoyés comme colons en Palestine. Tu peux vérifier par toi-même; tape « Accord Haavara » ou « Accord de Transfert ». Tu trouveras des médailles souvenirs avec la croix gammée et l’étoile de David sur les deux faces. Le genre de chose qu’on n’apprend pas dans les livres d’Histoire …

La réduction de la population est l’un des buts. Les injections de nanoparticules de graphène, c’est pour la cryptomonnaie mondiale.

Et l’injection des protéines Spike, c’est pour la stérilisation (une réduction plus discrète qu’un génocide immédiat).

Mais (du point de vue des eugénistes comme Bill Gates), s’il y a 10 ou 15% de morts rapidement, ce n’est pas plus mal. Cela répondrait sans doute au 10ème commandement des Georgia Guidestones : « Ne soyez pas un cancer pour la terre » .

Il ne déteste pas les juifs mais la « communauté organisée » (qui, selon ses estimations, représente 1 juif sur 6). Il ne les déteste pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font. Et ce qu’ils font est détestable. Détruire les nations (les cultures, la cohésion des peuples), piller, œuvrer depuis des décennies pour réduire en esclavage l’humanité entière …

La « secret » du succès, c’est l’usure, le prêt à intérêt. Il est interdit par la religion catholique et par la religion musulmane. Dans le judaïsme, il est aussi interdit entre juifs. C’est parce que c’est une arnaque.
Il a fallu la faiblesse de rois (comme Guillaume d’Orange) pour que cette pratique s’installe en Europe. Et elle a été la première chose que les « révolutionnaires » de 1789 ont légalisé.

J’ai parlé des catholiques mais les protestants ont été des banquiers et des commerçants. Je crois même que les Pays-Bas (les « Provinces-Unies », me semble-t-il, à l’époque) sont le point de départ de cette pratique à échelle d’un Etat. On disait alors : « Si un Hollandais te serre la main, recompte tes doigts. »

Bien vu ! Lucide ! Quand un banquier est juif, il est banquier avant tout. J’ai eu plusieurs copains ou copines juives, et ils ne faisaient pas partie de la « communauté organisée ». J’en ai même une qui m’a expliqué qu’elle se tenait à l’écart (malgré son amour pour la culture hébraïque) car on pourrait lui demander des choses qu’elle n’aurait pas envie de faire.

Mais bien sûr ! Considérer qu’un individu est identique à tous les individus de son groupe ethnique est idiot. Mais « l’antisémitisme » c’est aussi un argument hypocrite pour se défendre de toutes les actions malfaisantes.
Je donne un exemple. Je vole quelque chose, quelqu’un m’accuse d’être un voleur et je me défends en disant « Bouh ! Tu es hispanophobe ! » (étant donné que je m’appelle Sanchez). C’est exactement pareil. Et je peux même ajouter l’histoire des camps étant donné que le dictateur Franco a fait construire des camps dans les années 1936-39 pour incarcérer et maltraiter les opposants politiques (dont les anarchistes catalans).