La Réunion dans le contexte colonial... actuellement !

@Georges, en lisant ta réponse adressée à @eccolulo et moi, j’ai pu mesurer la souffrance et la colère que tu as exprimées. J’entends ces émotions. Je suis sincèrement désolé de t’avoir blessé car telle n’était absolument pas mon intention.

Je vais donc tâcher de reformuler point par point afin de lever (je l’espère) toute maladresse dans la façon dont je me suis exprimé précédemment.

Tout à fait d’accord avec cet objectif de rassemblement ; et en préambule de cette démarche, quelques précisions sur la notion de « colonie ».

L’Histoire de la Réunion (telle que je la connais et de façon certainement incomplète), c’est que c’était une île déserte lorsque les Français en ont pris possession. Cette terre vierge a été colonisée, habitée, par des colons volontaires puis exploitée par une Compagnie qui a introduit l’esclavage (avec tous les profits que cela représente pour certains et toute la souffrance que cela représente pour d’autres.

La Réunion a été une colonie (juridiquement jusqu’en 1946) mais il n’y a effectivement pas eu de peuple natif colonisé puisque l’île était déserte. Par contre, il y a eu des esclaves opprimés, puis des engagés opprimés.

Néanmoins, après deux siècles de cohabitation et de métissage, une identité réunionnaise a émergé et c’est ce jeune peuple qui aujourd’hui, me semble-t-il, a le sentiment d’être mal traité, soumis, infantilisé par une République française centralisé. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu distinguer trois dates, afin de situer le problème du « contexte colonial » dans le temps :

  • ce n’est pas 1663 et le peuplement de cette île alors vierge
  • ce n’est pas 1715 et l’esclavage (sinon, dans le titre il aurai été écrit « La Réunion dans le contexte esclavagiste … actuellement »)
  • mais c’est 1946 avec le passage au statut de département d’outre-mer qui est ressenti aujourd’hui comme une vaste hypocrisie qui n’a rien résolu des préjudices passés et présents.

L’immense souffrance qu’a engendré l’esclavage dans l’Histoire de l’humanité, la Traite négrière en particulier (qui a vu une intensification et une racialisation de l’esclavage), est un sujet en soi.

L’esclavage chevauche la notion de colonie, certes, mais n’est pas identique. L’esclavage a été aboli en 1848 à la Réunion et le statut de colonie en 1946. Nombre de réunionnais ont le ressenti d’être des « colonisés » aujourd’hui mais ont-ils le sentiment d’être des « esclaves » ?

Rassure-toi, telle n’était pas mon affirmation. Je voulais dire que c’était un sujet sensible, qui pouvait basculer, déclencher de fortes réactions … et j’ai l’impression que ta réponse visiblement émue m’a donné raison.

Je vais être parfaitement franc avec toi : j’ai déjà rencontré des Zorey racistes pour qui la Réunion serait mieux sans Réunionnais. J’ai déjà rencontré des Zorey qui préfèrent vivre exclusivement entre Zorey, non pas par affinités culturelles mais par racisme, par rejet de la culture réunionnaise.

A la direction des administrations, il y a de hauts fonctionnaires nommés par l’État français très centralisé. Ce fonctionnement s’applique à toutes les régions, de France métropolitaine ou d’outre-mer.

Pour les entreprises privées, je ne sais pas.

Quant aux fonctionnaires surrémunérés (comme moi), je peux t’assurer que la surrémunération s’applique qu’on soit Kréol ou Zorey.

Les inégalités salariales existent mais plutôt entre fonctionnaires et non-fonctionnaires ; et non entre Zorey et Kréol.

Parmi les plus grandes fortunes à la Réunion, on peut effectivement citer De Chateauxvieux, Apavou, Hayot ou encore Ravate.

Quelles luttes contre les inégalités sociales ? La dernière d’une longue série (avec des groupes structurés comme la CGT, le PCF …) c’était le mouvement des « gilets jaunes » me semble-t-il.

Ça, malheureusement, ce n’est pas un problème spécifiquement réunionnais. C’est induit par l’élection (une élection qui coûte cher, une élection où un peut « aider » les candidats) et par le mandat représentatif (avec lequel un élu est constitutionnellement libre de faire totalement l’inverse de ce qu’il avait promis à ses électeurs).

Je ne suis pas d’accord avec toi. Daniel Vaxelaire a écrit l’Histoire de la Réunion et il n’est pas Réunionnais.

Je maintiens que la République a aboli l’esclavage. Mais tu as absolument raison de le préciser : elle a racheté tous les esclaves aux maîtres esclavagistes ; agissant selon les lois républicaines comme lorsque l’État exproprie quelqu’un : avec une compensation. L’esclavage a été remplacé par une autre forme de rapport de domination/soumission : le salariat.

C’est tout à fait ce que je pensais. C’est un sujet très, très sensible et je te remercie @Georges de trouver la force d’en discuter avec nous. @eccolulo et moi, nous ne sommes pas tes ennemis.

Personnellement, ayant passé la moitié de ma vie ici, et y ayant fondé une famille, je contribuerai de mon mieux à valoriser cette île et sa culture quel que soit son statut (département d’outre-mer, pays indépendant ou autre).
J’ai d’ailleurs déjà commencé avec la croche à laquelle j’ai consacré près de quinze années de vie associative sportive et culturelle …

Salut Jérôme, je suis heureux que nos échanges prennent cette tournure. cependant il y a encore plusieurs points à éclaicir.

aujourd’hui je suis un peu speed, je reviendrai vers toi

bonne journée

Georges

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Je te propose alors une troisième formulation pour expliciter mon ressenti de « né à l’extérieur » mais ayant son épouse et ses enfants « nés ici ». C’est subjectif et je le partage sans autre prétention que celle d’apporter un point de vue décalé, sans doute moins chargé d’émotions que celui qui serait exprimé par un « né ici ». Un simple point de vue à additionner à tous les autres pour avoir une vision d’ensemble (un peu dans l’esprit de la « Conférence des Mille » qui doit se tenir prochainement).

J’ai le ressenti que la souffrance (réelle et légitime) des Réunionnais d’aujourd’hui est stratifiée, en trois étapes correspondant à trois époques du peuplement de l’île :

  • 1715-1848 : les esclaves de la Réunion souffraient ; mais pas d’être « colonisés » : ils souffraient d’être esclaves. Les responsables de leur souffrance étaient les vendeurs d’esclaves (marchés de Zanzibar, de Isla de Mozambiqe, de Madagascar …), les revendeurs d’esclaves à la Réunion (la Compagnie des Indes en avait le monopole) et les acheteurs d’esclaves (les maîtres ayant obtenu des concessions de la part du roi de France sur l’île Bourbon) ;

  • 1848-1946 : les travailleurs pauvres de la Réunion (ex-esclaves affranchis et engagés indiens) souffraient non pas d’être « colonisés » mais plutôt d’être miséreux dans une colonie française où de grands propriétaires (descendants de maîtres blancs esclavagistes) possédaient des domaines très rentables. Les responsables en étaient les employeurs qui les exploitaient sans vergogne et leurs hommes de mains.

  • 1946-aujourd’hui : d’une part les Réunionnais les plus pauvres ont pu bénéficier des aides sociales au même titre que les métropolitains les plus modestes mais des aides insuffisantes pour sortir de l’assistanat ; et d’autre part les Réunionnais qui ambitionnent d’intervenir davantage dans la direction de leur île fulminent que l’État centralisé (la République française) leur préfère parfois/souvent des métropolitains pour les positions décisionnelles. De ce fait souffrent, ressentent une frustration (compréhensible) qu’ils nomment « néo-colonialisme » bien que, paradoxalement, elle soit née après la départementalisation.

J’ai partagé cette analyse en totale bienveillance et en ayant conscience de pouvoir me tromper.

Face à cette situation et aux différents préjudices vécus par tout ou partie de la population réunionnaise, il est tout à fait compréhensible/légitime de vouloir :

  • des compensations/réparations
  • et/ou des évolutions dans l’organisation politique et/ou économique de la société réunionnaise.

Mais il ne faudra pas se tromper de cible si l’on demande réparation.
Par exemple, on ne pourra pas demander réparation du préjudice « souffrance liée à l’esclavage » à la République française qui n’en est pas responsable puisque c’est elle qui l’a abolie. Et quand la population réunionnaise est elle-même métissée, chaque individu ayant plus ou moins d’ancêtres esclaves et plus ou moins d’ancêtres esclavagistes se retrouvera dans une situation « schizophrénique ».

De mon point de vue (subjectif et incomplet), je vois trois évolutions/orientations possibles (c’est une ébauche et ce n’est donc pas une liste exhaustive) :

1- la Réunion demeure une région et département d’outre mer (DROM) français mais, par discrimination « positive », elle donne des points/passe-droits permettant aux Créoles d’avoir un accès privilégié aux postes de responsabilité (par exemple dans la fonction publique). Exemple étranger. Pour obtenir un diplôme de médecin en Afrique du Sud, il faut un minimum de 80% de réussite aux questions de l’examen ; mais pour les Zoulous (un des peuples de cette nation composite), le seuil de 40% est accepté.

2- la Réunion change de statut juridique et devient une euro-région pour couper les liens avec la France métropolitaine qu’elle juge oppressante.
Ceci dit, j’y vois deux écueils.
Le premier : comment les décideurs politiques réunionnais, qui sont tous francs-maçons, comme chacun le sait, pourraient-ils se couper de la République maçonnique ? Ne le vivraient-ils pas eux-mêmes comme une trahison à leur propre confrérie ?
Deuxième écueil : en voulant se débarrasser d’un pouvoir trop centralisé (français) qui administre la Réunion de façon « néo-coloniale », si la Réunion devenait une euro-région, elle se placerait sous la tutelle d’un pouvoir ultra-centralisé, technocratique, n’utilisant pas les élections comme mode de désignation aux postes réellement décisionnaires, etc., qu’est celui de l’Union Européenne.

3- l’indépendance, la vraie, qui est un saut dans l’inconnu. C’est la plus excitante mais aussi la plus risquée des trois options.
Comme préalable, il faudrait urgemment travailler sur l’autosuffisance alimentaire (par exemple ce rapport auquel j’ai participé en tant que citoyen tiré au sort : LE GOUV — Premier rapport du comité citoyen Outre-Mer, avril 2021 ), sur l’autosuffisance énergétique, sur la défense du territoire, sur l’éducation à l’autonomie (de « auto- », « nous-mêmes », et « -nomos », « les règles, les lois ») par des assemblées citoyennes, par des ronkoze, etc.

Jérôme : La Réunion a été une colonie (juridiquement jusqu’en 1946) mais il n’y a effectivement pas eu de peuple natif colonisé puisque l’île était déserte. Par contre, il y a eu des esclaves opprimés, puis des engagés opprimés .

Tu dis que la Réunion a été une colonie (juridiquement…) mais tu maintiens que la Réunion n’a pas été colonisée ??

Jérôme : Néanmoins, après deux siècles de cohabitation et de métissage, une identité réunionnaise a émergé et c’est ce jeune peuple qui aujourd’hui, me semble-t-il, a le sentiment d’être mal traité, soumis, infantilisé par une République française centralisé

Il ne s’agit pas de deux siècles de cohabitation ni de métissage mais de deux siècles d’asservissement et de souffrances (fouets, fers, mutilations, exécutions, chasse à l’homme, brimades…) le métissage fut le résultat de viols et abus sexuels de la part des « Maîtres » sur les femmes noires en donnant toute sorte de prénom et de noms hirsutes à leurs progénitures de sorte qu’il soit impossible d’établir une filiation pour certains (il y a des gens qui portent des prénoms comme nom ici).

Nous n’avons pas le sentiment d’être maltraités, nous l’avons été. Infantilisé n’est que la face visible du délit. On nous a réduit l’état de sous homme (ou de sous peuple) sans aucune possibilité d’être responsable et de jouer notre rôle de parent et de citoyen. Le maloya comme le Moring, comme le fait de parler créole étaient banni. La République Française était centralisée oui, mais les coloniaux avaient tous pouvoirs ici (gros créoles blancs ou becquets pour les antillais) . Ya qu’à voir comment s’est déroulé l’abolition. Il y avait des conditions au préalabre.

Jérôme : C’est la raison pour laquelle j’ai voulu distinguer trois dates, afin de situer le problème du « contexte colonial » dans le temps :

ce n’est pas 1663 et le peuplement de cette île alors vierge

ce n’est pas 1715 et l’esclavage (sinon, dans le titre il aurai été écrit « La Réunion dans le contexte esclavagiste … actuellement »)

mais c’est 1946 avec le passage au statut de département d’outre-mer qui est ressenti aujourd’hui comme une vaste hypocrisie qui n’a rien résolu des préjudices passés et présents.

Le colonialisme a commencé dès lors que l’on a rapporté des esclavisés ici car au-delà de l’esclavage proprement dit, qui était un moyen inhumain de tirer profit, la domination s’est exprimée selon le schéma colonial. Si la traite et l’esclavage des nègres ont été pratiqués par les puissances européennes à but d’exploitation, considérant les noirs comme des meubles ou animaux (code Noir) et qu’on les a cantonnés à ce rôle au fil du temps (voir les expositions coloniales à Paris ou autre grandes métropoles ou les châtiments), c’est bien l’esprit propre au colonialisme qui a perduré. Il est parfaitement inutile de vouloir segmenter les époques. Certes administrativement parlant il y a eu un changement en 1946 (Départementalisation) mais comme l’abolition avortée, cela n’a amené aucun changement dans les mentalités et dans la domination blanche. D’un état insoutenable internationalement et révolu (la colonisation) nous sommes passés à un état hypocrite, travesti et opportuniste qui donna bonne conscience à la République, fière de ces avancées. Mais on a continué à mutiler notre mémoire, nous cachant notre propre histoire, persécuté les communistes bien moins dangereux que la République bananière, acculturés à la mode de Paris, construisant des modèles totalement inaccessibles pour le réunionnais de base. Une simple carte nationale d’identité française a fait de nous des citoyens français ? De Gaulle a clamé aux réunionnais en 59 (je crois) : vous êtes des français à part entière, ce qui au fil du temps est devenu : nous sommes des français entièrement à part. que vaut cette nationalité pour un réunionnais en Métropole, rien, lorsqu’on se fait traiter d’étranger. Beaucoup l’ont vécu !

Le colonialisme a traversé les époques et mute sous des formes nouvelles. Si on ne reçoit plus des coups de chabouc, la suprématie française (des blancs) est omniprésente dans les têtes et dans les faits. Personne ne pourra le nier.

Jérôme : L’esclavage chevauche la notion de colonie, certes, mais n’est pas identique. L’esclavage a été aboli en 1848 à la Réunion et le statut de colonie en 1946. Nombre de réunionnais ont le ressenti d’être des « colonisés » aujourd’hui mais ont-ils le sentiment d’être des « esclaves » ?

Je le répète, la racine du problème c’est la colonisation sous toutes ses formes, l’esclavage un moyen qui a constitué un épisode douloureux de cette colonisation. L’Esclavage demande réparation, ce qui ne résoudra pas le problème colonial. Ceci dit le combat risque d’être vain si nous ne savons pas identifier notre ennemi.

Jérôme : Je vais être parfaitement franc avec toi : j’ai déjà rencontré des Zorey racistes pour qui la Réunion serait mieux sans Réunionnais. J’ai déjà rencontré des Zorey qui préfèrent vivre exclusivement entre Zorey, non pas par affinités culturelles mais par racisme, par rejet de la culture réunionnaise.

C’est pour cela qu’à un moment donner il faudra arrêter d’englober tous les zorey dans le même panier, idem pour les réunionnais. C’est un raccourci inapproprié.

Jérôme : A la direction des administrations, il y a de hauts fonctionnaires nommés par l’État français très centralisé. Ce fonctionnement s’applique à toutes les régions, de France métropolitaine ou d’outre-mer. Pour les entreprises privées, je ne sais pas. Quant aux fonctionnaires surrémunérés (comme moi), je peux t’assurer que la surrémunération s’applique qu’on soit Kréol ou Zorey.

Les inégalités salariales existent mais plutôt entre fonctionnaires et non-fonctionnaires ; et non entre Zorey et Kréol.

Non seulement dans ces administrations les directeurs sont nommés par l’Etat comme tu dis mais ces mêmes directeurs ont pouvoir de faire « rentrer « leurs compatriotes à tous les échelons de la hiérarchie. C’est donc tout un réseau qui contrôle ces administrations. A part quelques exceptions, les créoles sont en bas de l’échelle.

J’ai aussi été sur rémunéré comme fonctionnaire à la Réunion, pourtant je suis contre ça et je l’ai déjà exprimé publiquement. C’est une source d’inégalité. Si les fonctionnaires réunionnais en bénéficient aussi cela n’a pas été automatique, ils ont obtenu gain de cause selon le principe d’égalité entre fonctionnaires et les inégalités perdurent pour les autres. Ceci dit, de plus en plus de non-fonctionnaires métro ne perçoivent pas la sur-rémunération mais des primes dites « coloniales » par leurs patrons du privé afin de compenser les disparités entre eux, créant là aussi certaines discriminations. Je ne te parle pas des diplômés réunionnais qui se voient refuser des postes à qualification égale ou supérieure aux métropolitains. Les DRH étant en majorité des métropolitains dans ce pays. Tu saisis la situation ?

Jérôme : Quelles luttes contre les inégalités sociales ? La dernière d’une longue série (avec des groupes structurés comme la CGT, le PCF …) c’était le mouvement des « gilets jaunes » me semble-t-il.

Je ne sais pas vraiment si les gilets jaunes luttent contre les grandes fortunes en France (je ne parlais pas d’inégalités sociales)

Jérôme : Je ne suis pas d’accord avec toi. Daniel Vaxelaire a écrit l’Histoire de la Réunion et il n’est pas Réunionnais.

Là, ça me fait sourire un peu, Daniel Vaxelaire raconte l’Histoire de la Réunion comme il l’entend. Ça me rappelles un peu les aventures de Tintin. Il n’y a pas que lui d’ailleurs qui travesti l’histoire ici. Il y a d’autres lectures plus instructives et véridiques. Par exemple « Noirs Cafres et créoles » étude de la représentation du non blanc réunionnais de Rose May Nicole – l’Harmattan. Je pourrais te le prêter.

Jérôme : Je maintiens que la République a aboli l’esclavage. Mais tu as absolument raison de le préciser : elle a racheté tous les esclaves aux maîtres esclavagistes ; agissant selon les lois républicaines comme lorsque l’État exproprie quelqu’un : avec une compensation. L’esclavage a été remplacé par une autre forme de rapport de domination/soumission : le salariat .

Une compensation pour les esclavagistes et un coup de pied au cul pour les esclaves affranchis, c’est digne d’une République ?

Voilà mon cher Jérôme, nous sommes encore loin de nous accorder.

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Pour se mettre d’accord, je crois qu’il importe d’être d’une grande précision. On ne trouve pas dans la citation de Jérôme l’idée que « la Réunion n’a pas été colonisée ».

C’est un fait historique que personne ne conteste : l’île a été colonisée, elle est devenue une colonie et on peut aussi se demander à bon droit si elle a vraiment cessé de l’être. Là-dessus, je crois, tout le monde est d’accord.

Nous sommes aussi d’accord sur le fait (historiquement admis) que, lors de l’arrivée des premiers occupants, l’île de la Réunion était vierge de toute population.

Peut-on maintenant s’accorder sur l’idée que, s’il n’y avait pas alors d’indigènes, il ne pouvait pas y avoir de colonisés (comme, par exemple, les Kanaks de Nouvelle-Calédonie ou les Malgaches se sont trouvés colonisés) ?

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Tout est contenu dans cette phrase : à la Réunion les colons sont arrivés avec des malgaches, qui eux sont des colonisés. Ils ont reproduit un système social qui existait déjà ailleurs: la colonisation. Peu importe que les dominés soient natifs de l’île ou d’ailleurs, ils sont victimes du système colonial, ce sont bien des colonisés.

D’ailleurs quel est l’intéret de nier le statut de colonisé aux réunionnais? Délégitimer les luttes décoloniales? Ces luttes s’attaquent à un systéme social, à des mécanismes de domination et à des représentations sociales. A partir du moment où ce systéme social a existé et que la société actuellle continuent à en subir les conséquences, les luttes anticoloniales sont bien légitimes. Elles sont nécessaires même sur le territoire français, car les représentions dominant-dominés de la colonisation y ont toujours cours. Elles le sont encore à plus forte raison chez nous.

Heu… là j’ai quelques difficultés avec ta logique.
Je te séquestre pendant une année, puis je te libère. Tu ne peux pas me demander réparation, je ne suis pas responsable puique je t’ai libéré, c’est bien ça?
:thinking:

Je crois que j’avais déjà expliqué cette spécificité/originalité réunionnaise par rapport à la définition du dictionnaire que tu avais fournie. L’île de la Réunion étant déserte au moment où les Français en ont pris possession, c’est la terre qui a été colonisée mais il n’y a pas eu de peuple colonisé.

Toutefois, comme le sentiment d’être colonisé existe indéniablement, j’ai réfléchi « à haute voix » pour essayer de le situer dans la chronologie. Pour qu’il y ait un « peuple colonisé » encore faut-il qu’il y ait un « peuple ». Or pour qu’un peuple naisse à partir de pièces rapportées (immigrants français, immigrants malgaches, immigrants africains de la côte est, immigrants indiens, immigrants chinois …), cela prend « un certain temps » (comme disait Bourvil, je crois).

Après réflexion, il me semble (mais je peux me tromper) que le ressenti d’être colonisé est arrivé tardivement (le temps qu’un peuple métissé avec une culture spécifique, créole émerge) et même … après la fin de la colonisation du point de vue juridique. Il me semble que c’est paradoxalement à peu près synchrone avec la … départementalisation (ou peu avant, à l’époque des débats houleux entre « indépendantistes » et « départementalistes »).

Les viols et les maltraitances ont existé, je ne le nie pas, mais je ne réduis pas le métissage à des viols commis par des Blancs à l’époque de l’esclavage (1715-1848 soit 133 années). Depuis au moins 1848, les métissages entre Français, Malgaches, Africains du continent, Indiens, Chinois, etc. ont continué. Mes propres enfants sont le fruit de l’amour.
Les souffrances ont existé, certes, mais, heureusement (me semble-t-il), l’histoire de l’île de la Réunion n’est pas que souffrance.

La réalité de la maltraitance inclut-elle tous les Réunionnais ? Comment gérer le fait que la maltraitance ait été commise par des Réunionnais envers d’autres Réunionnais ? N’oublions pas que le terme Créole, à l’origine, désigne les Blancs, c’est-à-dire les fils de maîtres esclavagistes (Français/colons/métropolitains) nés ici. Dès la deuxième génération, les tortionnaires vis-à-vis des esclaves sont des Réunionnais natifs.

Tu distingues donc « peuplement » (1663) et « colonisation » par l’introduction de l’esclavage (1715).
Comme quoi, tu vois, c’est important de bien expliquer le sens des mots pour pouvoir se comprendre. En apparence anodins, ayant la même définition pour tous, ils peuvent cacher des pièges, source d’interminables incompréhensions.

Quand tu utiliseras le mot « colonisation », dans ma tête, je devrai penser « esclavage ».

Ce qui induit que tous les descendants d’esclavagistes sont des colonisateurs et que tous les descendants d’esclaves sont des colonisés.

Mais alors, cela place certaines familles dans une situation paradoxale. Je pense forcément à la famille Vergès qui possédait (je dis ça de mémoire) plus de 150 esclaves (à l’époque où le Code Noir s’appliquait encore) mais qui a pris la tête de la lutte contre la colonisation au milieu du XXème siècle.
Quelle posture schizophrénique !

Mon grand-père paternel était un serf (attaché à la terre de la comtesse pour laquelle il travaillait) mais il n’a pas été exposé comme un animal lors d’expositions coloniales. Toutefois, quand il a épousé une Française, la cérémonie a dû être célébrée de nuit à l’église du village, car c’était considéré comme une infamie pour une Française d’épouser un Espagnol.
Grâce à ce vécu personnel, je peux un peu comprendre ton ressenti, @Georges .

Une expression qui peut être lue à double sens :

  • positivement : on peut être fier de sa différence culturelle ;
  • ou négativement : ma culture est considérée comme inférieure par d’autres.

A titre personnel, j’apprécie cette spécificité.

Je veux bien te croire. Pour ma part, j’ai passé un concours administratif anonyme.

Plusieurs options :

  • arrêter la sur-rémunération de quelques-uns
  • étendre la sur-rémunération à tous
  • ou surveiller (vraiment !) la construction des prix (et donc les marges commerciales des grands groupes) qui servent de justificatifs à cette sur-rémunération.

Je n’ai jamais entendu parler de ça avant de le lire de ta plume (enfin,de ton clavier) ! Aurais-tu des noms d’entreprises qui pratiquent cette discrimination ? Comment l’as-tu su ? Des témoignages oraux ? Des fiches de paie pour comparer ? Les employés lésés ont-ils porté plainte pour discrimination ? Je suis pratiquement persuadé que c’est punissable par la loi !

C’est pourtant lié. Que ce soit conscient ou pas.
Au déclenchement, les « gilets jaunes » se plaignent d’une énième taxe qui réduit leur pouvoir d’achat déjà précaire. Cela signifie que leurs salaires sont trop faibles. Pourtant la richesse produite par leur travail (le PIB) ne cesse d’augmenter tandis que les salaires stagnent (et même baissent si on intègre l’inflation). Où va l’excédent de richesse non-distribuée aux travailleurs ? Dans les poches des propriétaires de l’outil de production, des actionnaires, des capitalistes. C’est un système de vases communicants. S’il y a des pauvres, c’est qu’il y a des riches. Plus les pauvres sont pauvres et plus les riches deviennent riches. Et inversement.

[quote=« Georges, post:24, topic:1694 »]
Là, ça me fait sourire un peu, Daniel Vaxelaire raconte l’Histoire de la Réunion comme il l’entend. Ça me rappelles un peu les aventures de Tintin. Il n’y a pas que lui d’ailleurs qui travesti l’histoire ici.[/quote]

D’après ce qu’il m’a expliqué, il a beaucoup basé son travail sur les Archives Départementales pour aboutir au « Mémorial de la Réunion » en plusieurs tomes. Connaissant le bonhomme, je ne pense pas du tout qu’il y ait eu malveillance de sa part. Son travail a aussi été apprécié ailleurs puisqu’il a également été engagé pour rédiger le « Mémorial du Maroc » bien qu’il ne soit pas Marocain lui-même.

La population réunionnaise n’est pas composée que de Noirs/Cafres. Toutefois, ce sont ceux qui ont historiquement le plus souffert avec l’esclavage et qui continuent à souffrir le plus socialement comme dans la plupart des pays où l’esclavage racial (la Traite négrière) a été pratiqué.

D’après mes sources (qui méritent sans doute d’être actualisées), ces Réunionnais descendants d’Africains représentent un gros tiers de la population, disons 40%. Mais les deux autres tiers (descendants d’Européens et descendants d’Asiatiques, Indiens majoritairement) n’ont pas la même histoire. Pourtant, tous sont réunionnais.

C’est important d’accorder une attention supérieure au préjudice subi par cette population mais cela ne doit pas être exclusif.

Beaucoup d’Indiens sont passés par l’engagisme qui était différent de l’esclavage mais une souffrance également (et qui a d’ailleurs été interdit/aboli à son tour … en 1937, je crois).

Parmi les descendants d’Européens, certains ont eu des propriétés gigantesques tandis que d’autres glissaient progressivement dans la précarité.

Il y a tout un panel de souffrances à travers l’Histoire de la Réunion et il me semble que la souffrance la plus intense (celle des Cafres) ne doit pas occulter toutes les autres. Formulé autrement : les Cafres sont des Réunionnais mais ne sont pas tous les Réunionnais.

Et merci pour la proposition de prêt de livre @Georges ! Je me permettrai de revenir vers toi lorsque j’aurai terminé ceux de la pile sur ma table de chevet.

Pour tout te dire, je n’ai pas une bonne image de la République, ou des républiques en général, étant donné que je suis de sensibilité anarchiste. Donc, je formulerai ainsi : « ça lui ressemble ».
A sa décharge, je répondrai simplement qu’elle a fait mieux que la Monarchie (qui légalisait et s’enrichissait grâce à l’esclavage) et que l’Empire (qui a re-légalisé l’esclavage).

C’est justement ce qui rend passionnant ces échanges ! Merci à toi et aux autres contributeurs-contributrices !

PS : Astuce technique. Lorsque tu veux citer un passage d’un commentaire précédent, surligne le passage avec le bouton gauche de ta souris, et tu verras apparaître sur l’écran "Citer . Clique dessus et, non seulement le passage sera reporté dans ta fenêtre d’écriture mais en plus, il y aura le nom de la personne que tu cites.

Avant de commencer, j’indique que c’est la première fois où j’ai l’impression qu’il est possible de discuter avec @Yannb ! Comme quoi il ne faut désespérer de rien !

Ce n’est pas que je sois d’accord avec l’assertion ci-dessus mais je dois admettre qu’elle résume assez bien la situation : c’est sous l’angle victimaire que l’on peut comprendre le fait que tant de réunionnais se perçoivent comme des colonisés.

Comme Georges l’a bien exprimé, il y a là un ressenti (d’autant plus fort qu’il est ancien) qui admet mal qu’on vienne faire des ajustements, aussi logiques qu’ils puissent sembler, dans les rôles tenus par les uns et les autres au cours de l’Histoire.

De leur point de vue, les victimes (bien réelles) du système colonial ne peuvent pas être autre chose que « colonisées » et c’est pourquoi, dès lors , « peu importe que les dominés soient natifs de l’île ou d’ailleurs ». Autrement dit, il y a là quelque chose d’indiscutable à leurs yeux et… je le comprends suffisamment bien pour en conclure que ce n’est pas encore le moment d’aborder ces points sensibles.

Cela me paraît dommage mais il faut savoir attendre. Je vais donc terminer en expliquant pourquoi je pensais qu’il serait important que les créoles puissent se tenir à l’écart de l’idée qu’ils seraient des colonisés.

La raison essentielle tient au fait que ce qu’il importe d’identifier avant toute chose, c’est les rapports de domination qui, de tout temps, ont été la principale source de misère humaine dans le monde, et c’est très loin d’avoir toujours été perpétré en contexte colonial.

A mes yeux, une population qui a souffert de l’esclavage et qui vit encore sous la tutelle impérieuse d’une métropole elle-même totalement soumise à une élite mondialiste ne gagne rien à se présenter comme « colonisée ».

Comme tous les discours qui visent à attiser les antagonismes et morceler à l’infini la nation afin qu’il n’y ait plus la moindre solidarité et seulement une animosité généralisée susceptible d’exploser à la première étincelle, le discours décolonialiste est un pur produit de l’Empire mondialiste.

Je trouve affligeant qu’une telle mode intellectuelle trouve de l’écho à la Réunion où, avec les grandes tribulations qui s’annoncent sur l’horizon, il y a, je crois, beaucoup mieux à faire que de se diviser en imitant des postures made in USA.

Si nous ne savons construire une alternative à l’épouvantable descente infernale qu’on peut voir actuellement aux USA, nous allons tous mourir comme des idiots, alors qu’il est encore possible de vivre comme des frères, qui se disent leurs quatre vérités mais se respectent mutuellement.

Ce sont les voies de cette alternative que je recherche. Mais peut-être est-il trop tôt ? (ce que j’ai, toutefois, je l’avoue, du mal à m’imaginer, vu l’urgence des temps…)

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Je suis pour ma part désolé, en pinaillant sur le mot « colonisé », de remuer des souvenirs aussi douloureux que l’esclavage et les autres formes de souffrances subies par tout ou partie du peuple réunionnais, mais il me semble important d’effectuer ce travail de réflexion, de clarification collective, dans l’optique d’éventuelles réparations de préjudices, afin de ne pas se tromper de cibles.

Habituellement, la colonisation c’est l’invasion par un peuple extérieur d’un territoire déjà occupé par un peuple. Le peuple envahi est soumis, mis en soumission ; une soumission qui peut aller jusqu’à l’esclavage et au génocide. Le plus énorme exemple de ce crime contre l’humanité, c’est ce qu’ont subi les Amérindiens de la part des Européens.

La Réunion est sensiblement différente pour tous les faits historiques déjà évoqués. Il n’y a pas eu de peuple natif envahi.

Par contre, il y a eu des Africains du continent et des Malgaches :

  • capturés, déportés, vendus comme esclaves, d’abord dans les marchés noirs-africains ou swahili des côtes;
  • puis à nouveau par la Compagnie des Indes qui avait le monopole de la grande distribution à la Réunion
  • et enfin exploités jusqu’à la mort par les grands propriétaires réunionnais qui avaient reçu une concession de la part du roi de France, propriétaire foncier de l’île Bourbon.

C’est vraiment important car cela permet d’identifier non seulement les victimes mais surtout les coupables de ces souffrances. Toujours pour ne pas se tromper de cible lors d’éventuelles demandes de réparations !

Les coupables sont :

  • les tenanciers noirs ou métis noirs et arabes (swahili) des marchés tels que ceux de Zanzibar et Isla de Mozambiqe
  • les propriétaires de la Compagnie des Indes
  • et les familles des grandes propriétés de café puis de canne à sucre de la Réunion. Le premier nom qui vient à l’esprit c’est Desbassayns qui possédait de l’ordre de 400 esclaves mais j’imagine que les De Chateauvieux, De Villeneuve, Vergès (un article publié sur Ronkozé m’a appris que cette famille possédait jadis plus de 150 esclaves), Hayot, etc. sont de cette caste.

Au delà de l’esclavage (la plus douloureuse des soumissions), il faut aussi identifier les coupables de l’engagisme.

Et enfin, et il me semble que c’est sur ce point que la notion de « néo-colonialisme » s’appuie, la relation entre les institutions de la République française (métropolitaine), voire les individus métropolitains , Zorey, installés provisoirement ou définitivement, et les Réunionnais natifs.

De mon point de vue, il y a donc deux grands dossiers distincts :

1- les réparations de souffrances à régler entre Réunionnais (esclavage, engagisme, etc.)

2- et les réparations beaucoup plus contemporaines (que je date de 1946) entre République française et Réunion (c’est-à-dire peuple réunionnais natif, l’ensemble du peuple réunionnais, en oubliant la distinction « descendants d’esclavagiste » et « descendants d’esclaves »), ou, si vous préférez individualiser, entre Métropolitains (restés en France métropolitaine) et Zorey (installés à la Réunion), d’une part, et Créoles/Kréol, d’autre part.

Qu’en pensez-vous ?

Ce que tu dis paraît logique mais je pense que cela ne peut être proposé que lorsqu’un cadre de discussion aura été convenu pour cela entre les différents intéressés.

Bref, je serais volontiers attentiste dans le sens où @Georges ayant mis ces questions sur la table, il serait préférable que d’emblée il les précise afin que nous évitions toute équivoque. Il m’apparaît clair dorénavant que, dans le contexte d’une discussion à forte charge affective, les mots sont peu susceptibles de rester univoques de sorte qu’on risque grandement d’aller au quiproquo si on va trop vite.

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Ce serait fort utile que @Georges se joigne à toi pour participer à la Conférence des Mille organisée par Paul Hoarau !

Pour ma part, je peux me mettre en retrait (mon état de santé actuel m’y incite d’ailleurs) et laisser la parole/la plume/le clavier à d’autres contributrices et d’autres contributeurs. Est-ce que @ketty.lisador voudrait rejoindre ce fil de discussion ? Pourrait-elle inciter d’autres personnalités à se lancer ?

Oui, je suis bien d’accord, il faut relativiser, je suis Zoriel et n’en est pas honte, et je peux dire qu’il m’a été bien plus difficile de m’intégré en France il y a 30 ans quand j’ai essayé de m’y réinstallé, j’ai trouvé les métros racistes en vers eux-mêmes, si tu as grandi à plus de 100 km de chez eux tu es un étranger… un Parisien

Oui, c’est là où j’ai énormément de mal, les zoreils qui ne s’intéresse pas à la culture et refuse de comprendre le kréol sont pour moi des colons.
J’ai fait la réflexion à un gars une foi, je lui ai dit que les Français n’aimaient pas les magrébins parce qu’il ne faisait pas d’effort pour s’intégrer, mais qu’il ne valait pas mieux a mes yeux ! Le type était en état de choque :rofl: :rofl: :rofl:
J’ai parlé en kréol un foie à st Gilles au marché a un maraicher que je connaissais il n’a pas osé me répondre en kréol, ça m’a fait vraiment bizarre…
Une autre expérience, toujours à st Gilles dans une station essence, je koze en kréol à la caissière et elle me répond en français, genre « on parle français ici! »

Oui, ça biaise les rapports entre les gens, il y a des différences de salaire énorme ici plus qu’en métropole, Si tu n’es pas un fonctionnaire ou travaillant pour l’état, tu es une sous merde…
Pour en revenir au sujet, je ne vois malheureusement pas trop comment la Réunion pourrait sortir de la France, et même en être moins dépendant, tout est verrouillé, et aucun politique n’est prêt à remettre en question un système qui rapporte autant de fric, quelle que soit la classe sociale.
Temps que l’Europe et la France payeront, cela ne changera pas, donc mis a part un énorme krach financier il ne faut pas rêver.

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Je réponds de suite sur ce point car il ne me surprend pas. Avant de venir à la Réunion, on m’avait averti : le créole, tu le comprends ou tu le comprends pas, mais tu le parles pas. Il participe à l’identité créole, cad, ce « nous » qui ras-semble les créoles parce que, déjà, ils parlent la même langue. Il manquerait plus que tout le monde se l’approprie cette langue et surtout les zoreils : ce serait comme une menace identitaire tout à fait inacceptable.

Je pense que tu vas bientôt être exaucé ! Le krach, je crains, c’est pour bientôt…

Non, tu exagères, le problème est plutôt que même les kréoles ne parle plus leur langue, beaucoup de parents évite de parlé à leurs enfants de peur qu’ils ne parlent pas bien le français, il y a un certain complexe vis-à-vis du kréole qui n’est pas encore dépassé…
Il y a des personnes qui pourront mieux en parlé que moi ici

Nous ne sommes pas aux Antilles !

Méfit toi des ladilafés et voit par toi-même, le peuple péi est ouvert et généreux.
Une culture qui est à l’opposé de celle de la métropole, et c’est ce qui fait sa beauté

Tant mieux tous les gros zozos qui sont là que pour le fric vont se casser :rofl: :rofl: :rofl:

Je ne crois pas au complexe du créole en tant que langue. Par contre l’idée de faire groupe autour d’une langue, ça c’est de la psychologie de base. On trouve ça dans les Evangiles déjà, quand Pierre se fait repérer autour du feu parce qu’il n’a pas le « bon » accent…

je voulais juste dire par là qu’on t’en veut pas de ne pas le comprendre.

Non, ce n’est pas du ladilafé. C’est un gars qui connaît son affaire et m’expliquait pourquoi il valait mieux que j’aille à la Réunion plutôt qu’en Nouvelle-Calédonie. Comme toi, il parlait très positivement de la Réunion et j’ai eu depuis le temps de vérifier qu’il avait raison.

Détrompe-toi. C’est après un krach que les vautours sont de sortie ;-(

askiparé lévré :see_no_evil:

Ce phénomène porte un nom : la diglossie.

Dans mon département d’origine (l’Hérault), j’ai assisté à la quasi-disparition d’une langue (le « patois » ou, moins péjorativement, l’occitan) à cause de cela.

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Luc-Laurent dit: Bref, je serais volontiers attentiste dans le sens où @Georges ayant mis ces questions sur la table, il serait préférable que d’emblée il les précise afin que nous évitions toute équivoque.

je rappelles qu’au départ j’avais réagit à un mail le 15/10/21, en disant que je souhaitait une table ronde sur le manque de concertation dans la lutte anti-covid en soulignant au passage ma déception de voir mes compatriotes se désolidariser du mouvement, considérant que notre passé colonial y était pour quelque chose.

dans la même journée Luc-Laurent dit que « Georges a lancé le débat » et il publie un topo sur ronkozé en m’invitant à y venir.

dans un premier temps nous sommes d’accord sur l’objet de ce fil de discussion.

mais le 17/10/21, Luc-Laurent réalise une vidéo sur FB où il évoque largement le sujet de la colonisation qui ne raccorde pas avec ce que j’en sais. c’est pourquoi je lui répond en aparté par mail et non sur Ronkozé. car j’avais dit qu’il fallait tenir compte de notre passé colonial et non en faire un débat.

vous connaissez la suite…

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j’ai déjà eu une longue discussion avec Paul Hoarau. ce qui me gêne entre autre c’est le pass sanitaire imposé par la Nordev. je sais qu’il y a des pourparlers afin d’assouplir cette règle. pour l’instant je n’en dit pas plus. je ne voudrais rapporter ici ce qui s’est dit sans sa présence.

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