La religion c'est politique

Une conférence gesticulée de Jean-Philippe Smadja

La religion c’est politique.
La théologie à l’épreuve de l’histoire des religions et de l’archéologie, avec de l’humour aussi.
(Attention: vidéo de 3h quand même!)

Les sources sont listées ici: http://ladecroyance.eklablog.com/la-decroyance-verifiee-sur-le-net-ou-presque-premiere-partie-a135585532

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J’adore les conférences gesticulées, de manière générale.
Merci de prévenir => 3h.
Je regarderai plus tard, ça m’intéresse.

Super pour ce partage et cette contribution @domie

Merci pour ce partage @domie !

Voici la suite des vérifications : La Décroyance vérifiée sur le net (ou presque) - seconde partie

En complément, je conseille la lecture de « Traité d’athéologie » de Michel Onfray et « La Bible dévoilée » d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman.

Après 40 minutes d’écoute, je retiens :

1- qu’une « conférence gesticulée » est un exercice difficile, notamment pour parler d’histoire des religions, mais que c’est un outil pédagogique important ;

2- et qu’il est essentiel de bien repérer la distinction entre théologien et historien des religions. Le premier ne remet pas en cause le caractère « révélé » des textes sacrés tandis que le second se pose trois questions :

  • qui a écrit ce texte ?
  • à quelle époque ?
  • et dans quel but ?

A suivre …

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Hier soir, j’ai poussé le visionnage jusqu’à la fin de la première partie (1h43 sur les 3h de conférence gesticulée).

Le titre de ce fil de discussion, « La religion c’est politique » s’en trouve éclairé.

Le conférencier explique en effet que l’évolution de la société (depuis l’époque des chasseurs-cueilleurs jusqu’aux États complexes en passant par l’agriculture et l’élevage) a provoqué l’évolution des religions, de la représentation des divinités, de la structure hiérarchique entre les divinités, pour se conformer (et justifier) l’organisation politique « en ce bas monde ».

Très intéressant !

Point d’interprétations subjectives dans ce récit : que des faits archéologiques et historiques avérés.
C’est aussi ce que j’avais découvert en lisant « La Bible dévoilée » de l’archéologue Finkelstein et de l’historien Silberman.

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53:03 : histoire du fait religieux à l’épreuve du savoir archéologique et historique ( https://multimedia.inrap.fr/archeologie-preventive/chronologie-generale ).
-100 000 ans : chasseur-cueilleur nomade, premières inhumations, dont le sens spirituel, s’il existe, nous est inconnu. Théorie actuelle : le chamanisme.
-12 500 : agriculture, élevage, sédentarisation. Changement des attentes spirituelles, apparition des talismans.
-10 000 : Premières agglomérations, « mutualisation » de la croyance, premiers sites communautaires (tels que https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%B6bekli_Tepe ). Premières représentations de divinités par des statuettes de femmes enceintes et des bovins (Vénus > taureau).
-6000 : premières villes, premiers temples, organisation de la société autour d’une politique territoriale et martiale. Le modèle spirituel est transformé afin de le faire correspondre au modèle « viril » de la nouvelle structure sociale (Vénus < taureau) et finalisé en -4000 ( https://www.inrap.fr/spiritualite-et-religions-au-neolithique-10216 )
-4000 : apparition de la cité-État. L’architecture religieuse prends de plus en plus d’importance ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Eridu ), le prêtre ne fait désormais plus partie du peuple.
-3000 : apparition de l’écriture, séparation du pouvoir entre une caste martiale et une caste religieuse (précurseurs du roi et du grand prêtre). Le culte se complexifie et se codifie, rendu hors de portée du peuple, il devient la prérogative du prêtre.
-2800 : Les royaumes, agglomérations de cités dotées de cultes différents, voient la création de panthéons réunissant les divinités des cités conquises sous l’autorité de la divinité tutélaire de la capitale du royaume. [scénarisation de l’invention du droit divin afin de légitimer les exactions royales ainsi que du messie afin de protéger les castes gouvernantes et religieuses du ressentiment populaire]
-2500 : apparition du droit divin et du concept de messie, en -2200 apparaissent les premiers codes moraux/textes de lois. Focus sur le code d’Hammurabi ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Hammurabi ). Daté de -1750, on retrouvera certains de ses principes dans la Bible (loi du Talion, à géométrie variable). [scénarisation de l’invention du châtiment divin}
-1800 : apparition du Déluge ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Atrahasis )

1:11:24

J’ai fini le visionnage hier.

Dans la deuxième partie, j’ai aimé tout particulièrement :

  • l’échelle Rank-Raglan qui attribue une note de 0 à 22, par rapport à un archétype, aux personnages historiques ou mythologiques et donne ainsi un indice sur l’historicité de ces personnages (note inférieure à 11, plutôt « historique »; note supérieure à 11, plutôt « mythologique »).
  • et l’hypothèse de l’historien des religions Bernard Brac selon qui la Bible hébraïque (l’Ancien Testament) aurait été rédigé par Simon « le Juste » vers 200 avant J.-C.

Sur les personnages archétypaux de la mythologie, je connaissais le travail de Joseph Campbell, auteur du « Héros aux mille et un visages ».

D’après l’article dont le lien est fourni par Jean-Philippe Smadja, Joseph Campbell a prolongé le travail d’Otto Rank (1909) et de Lord Raglan (1936) lors de la publication de son ouvrage (1949).

Sur la datation approximative de la Bible hébraïque, l’identité de son ou ses rédacteurs et l’intention politique, je connaissais les travaux de l’archéologue Israël Finkelstein et de l’historien Neil Asher Silberman, co-auteurs de « La Bible dévoilée ». Selon eux, le texte fut écrit pour unifier les Israélites autour des rois du royaume de Juda après que le royaume d’Israël, plus prospère, ait été détruit et annexé à l’Empire Assyrien (vers 600 avant JC ; il faudrait vérifier la date exacte).

La Boule Athée, une petite chaine qui parle d’histoire des religions:

La première saison est consacrée à la bible hébraïque. Notre travail s’appuie sur l’exégèse historico-critique, et donc nous parlons un peu de découvertes archéologiques. Pour ne pas trop dire de bêtises, nous nous sommes rapprochés du Collège de France pour la relecture (Thomas Römer, Hervé Gonzalez et certains de leurs collègues Assyriologues et Égyptologues). Attention, l’épisode pilote est un peu foufou (et le son pas terrible, mais ça s’améliore ensuite) et ne reflète pas les épisodes suivants, plus posés.