La mauvaise foi est-elle un droit de l’Homme ?

Sur le deux poids deux mesures de la LDH concernant la liberté d’expression

La Ligue des Droits de l’Homme de la Réunion (LDHR) a récemment critiqué les propos de l’évêque, Mgr Gilbert Aubry, concernant le mariage pour tous qu’il a qualifié d’aberration, déclarant aussi « nulle et non avenue » la loi afférente. De manière étonnante, la LDHR n’a pas discuté du bien ou mal-fondé d’un tel propos, elle n’a pas cherché à faire la part des choses — et je ne le ferai pas davantage. Elle a, en quelque sorte, prôné ce qu’elle avait appelé ailleurs une « limitation de la liberté d’expression aux seules opinions convenues », refusant en somme à Mgr Aubry le droit de critiquer, choquer ou provoquer. C’est cela qui pose problème et mérite examen.
Notons d’emblée que défenseuse et utilisatrice du droit fondamental à une libre expression, la LDHR n’a pas salué le courage dont a fait preuve notre évêque en la matière puisqu’il a livré une conviction personnelle qui serait, selon cette même association, en contradiction avec celle de son supérieur hiérarchique, le Pape ; sans même parler de l’adversité qu’il savait devoir affronter de la part de collectifs tels que la LDHR justement. C’est un minuscule paradoxe mais, malheureusement, il ne sera pas le dernier, loin s’en faut. En effet, un second se présente d’emblée, avec le fait que tout en déclarant reconnaître à Mgr Aubry ce même droit à la liberté d’expression, la LDHR, comme indiqué précédemment, a tenté, de (lui) faire comprendre pourquoi il aurait mieux fait de taire lesdites convictions personnelles.
Il y a là, assurément, quelque chose de paradoxal. Mais on pourrait aussi parler de mauvaise foi ou d’hypocrisie de la part de la LDHR car il faut prendre en compte un certain nombre de points qui vont, eux aussi, dans ce sens… :

  1. Ainsi qu’elle devrait le savoir dès lors qu’elle est censée la défendre, la liberté d’expression ne s’use qui si on ne s’en sert pas, c’est-à-dire, si on se tait. La seule restriction légale concerne le risque de trouble à l’ordre public et ici, sauf à flatter indûment sa parano, il est inexistant. La déclaration de Mgr Aubry n’est ni une incitation ni un appel à quoi que ce soit.
  2. Lorsqu’on en vient — comme le fait la LDHR — à poser la question de l’utilité d’une affirmation, on n’en discute pas la vérité, on cherche seulement à l’écarter. Or la vérité est une valeur sacrée pour l’honnête homme : tout le monde sait qu’elle est ce qui libère de l’erreur. En la circonstance, la seule attitude rationnelle aurait consisté soit à démontrer par a + b qu’il ne s’agissait pas d’une vérité et que Mgr Aubry a commis une erreur soit à reconnaître qu’il a raison.
  3. Faire des procès d’intention, ce n’est pas débattre en logique. C’est une stratégie rhétorique inacceptable — quoique tolérée et même utilisée à outrance par tout ce que la sphère publique compte de collectifs à vocation victimaire. On croit ainsi sage et même « légitime » de se demander si tel ou tel propos ne serait pas « de nature à provoquer la haine et le mépris, voire encore de la violence » comme si la liberté d’expression était seulement une fiction et que tout locuteur avait l’obligation légale d’anticiper et de réguler l’impact émotionnel de ses paroles sur ceux qui les entendent même si elles sont purement déclaratives et ne constituent en rien un appel ou une incitation à quoi que ce soit. Les dictatures en rêvent, la LDHR l’écrit : on peut, on doit brider vertueusement sa propre liberté d’expression de peur que certains s’en émeuvent.
  4. Se demander de manière provocatrice « ira-t-on jusqu’à proposer de violer la loi ? » pour ensuite opérer une généralisation — à la question de l’immigration — à partir de ce qui ne constitue à nouveau qu’un fallacieux procès d’intention, c’est clairement tenter d’éluder la discussion sur le fond en noyant le poisson.
  5. Bref, fuir le débat et se contenter d’une approche sinueuse pour reprocher à Mgr Aubry de s’être exprimé librement n’est-ce pas singulièrement hypocrite ou de mauvaise foi de la part d’une association qui a, justement, vocation à défendre la liberté d’expression ?

En conséquence, je propose que la LDH soit rebaptisée LDG, c’est-à-dire, Ligue des Gauches de l’Homme car, au moins pour ce qui est de la Réunion, sa conception du droit est manifestement gauchie par ce que l’on pourrait penser être des intérêts particuliers. Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression est un droit trop chèrement acquis pour qu’on puisse se permettre d’être négligeant à son égard. C’est pourquoi il est probablement temps de songer à lui trouver d’autres défenseurs que des autoproclamés qui s’en révèlent tout à fait indignes dès lors qu’ils se trouvent eux-mêmes en position de force.

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J’ai l’impression que la LDH a fait là un appel à l’auto-censure pour que ce personnage public demeure « politiquement correct », comme lorsqu’il a déclaré que « la vaccination est un acte d’amour. »

De toute façon, sans revenir en détail sur l’Histoire contemporaine, ce que représente Mgr Aubry (l’Eglise catholique) ne peut que déplaire aux héritiers des auteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme « placée sous les auspices de l’Être Suprême » (cf. Préambule). Explicitement, on est en flagrante opposition pluri-centenaire entre francs-maçons et catholiques.

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Complètement d’accord. Ce combat est toujours d’actualité mais la plupart des catholiques l’ignorent. Ils s’accablent comme la victime du pervers se croit responsable de tout ce qui lui arrive, ignorant qu’elle est des manoeuvres et souvent de l’existence même de son ennemi en tant qu’ennemi.

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Je viens de tomber sur une courte vidéo dans laquelle une personne diabolisée par les médias (tiens, pourquoi ça ?) explique limpidement, et en deux minutes à peine, tous les liens entre : finance, franc-maçonnerie (de haut rang) et pédocriminalité.

Juste mon opinion: Alain Soral explique en 2 minutes les liens entre pouvoir financier, église judéo-maçonnique, luciférisme et pédocriminalité

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