La fortune sourit aux audacieux

Vous arrivez dans votre cuisine et vous découvrez qu’il y a une fuite qui commence à se répandre. Vous êtes affolé, vous prenez vite une serpillère et un seau pour éponger avant que ça fasse des dégâts ou vous vous mettez à réfléchir pour savoir où se trouve le compteur d’eau ?

Les hommes ont trois attitudes fondamentales face au réel, c’est-à-dire, ce qui surgit à la conscience en venant perturber nos habitudes : d’abord ils sont dans l’émotion, puis ils en (cherchent les) causent et s’en construisent une représentation, puis ils agissent sur la base de cette dernière.

Ces trois attitudes sont ici présentées dans une séquence logique et, plus précisément, psycho-logique mais cet enchaînement n’a rien d’obligatoire, on peut parfaitement persister dans la même attitude et surtout, la séquence est sur un cercle sans début ni fin de sorte qu’on peut y entrer à n’importe quel niveau.

On a ainsi le tableau classique des personnes qui…:

  1. s’émeuvent et dont le bavardage tourne en rond et ne sert qu’à ça
  2. cherchent à comprendre, analysent les causes mais ne font que ça
  3. agissent avant tout chose, sans avoir réfléchi, il n’y a que ça qui les apaise

C’est un peu caricatural mais chacun devrait pouvoir s’y reconnaître, au moins par moment, quitte à bricoler un peu les options pour les associer quand aucune n’est clairement prédominante.

L’intérêt de se reconnaître dans telle ou telle catégorie de personnes, c’est de prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, afin de viser un équilibre, un peu comme dans la tradition ayurvédique on recherche, au niveau du corps, l’équilibre entre les trois énergies vitales.

Ici, ça se joue au niveau de l’esprit mais le principe est le même. Un trop d’émotion signifie un déficit de la représentation (la situation n’est pas comprise) ou une indécision (pas de projet d’action dans lequel on puisse s’engager et canaliser ainsi les émotions). Trop de réflexion tue l’action. Mais l’inverse est vrai aussi, quoi que l’action a une vertu propre qu’exprime joliment l’adage « La fortune sourit aux audacieux ».

Non seulement l’action engendre des opportunités, le plus souvent liées au fait qu’on découvre des choses qu’on aurait pas vues si on n’était pas venu s’y confronter, mais surtout l’action est « complète ».

En effet, j’ai un peu triché afin de simplifier. En toute rigueur le point 3 ci-dessus devrait désigner les personnes qui se donnent des buts, des projets, qui ont des intentions. En général, elles les mettent en acte, surtout s’ils sont minuscules, et on a alors de l’agitation. Mais il peut arriver qu’elles ne s’engagent pas dans l’action, souvent par manque de courage ou de détermination. Ce sont par exemple des rêveurs.

L’homme complet est l’homme d’action car c’est dans l’action que l’esprit est uni au corps de manière équilibrée.
Mais cela n’arrive pas par hasard.

C’est l’entraînement, donc l’habitude qui permet d’atteindre cet équilibre ou même l’excellence qui dispose à l’action sans besoin de réflexion car tout a déjà été réfléchi lors des situations d’entraînement.

Vous verrez, à la troisième fuite d’eau, vous serez comme Jason Bourne : intégralement dans l’action, sans émotion et sans besoin de réflexion ! :wink:

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Première chose quand ya urgence : ya pas urgence!! on réfléchit vite et calme pour agir bien… la base des ingé sur engins d’essai…

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Dans mon parcours personnel, je peux parler d’une ou deux émotions, correspondant à la première étape que tu décris :

  • la surprise et la colère, successivement, en 2012, lorsque je me suis plongé patiemment dans la lecture des programmes de tous les candidats aux élections présidentielles et que j’ai réalisé que les médias de masse mentaient éhontément, massivement.

Peu après, j’ai fait la connaissance (virtuelle, on ne s’est jamais rencontré physiquement) d’un internaute qui a raconté son propre éveil citoyen (et que je vous recommande) :

La deuxième étape, celle de la réflexion, je la continue en ce moment même. Je ne cesse d’assembler les morceaux du puzzle depuis une dizaine d’années et je remonte largement au-delà, dans le passé, pour comprendre le présent, pour me représenter le monde réel. Ce processus personnel m’a conduit de l’épicurisme à l’anarchisme politique.

La troisième étape, c’est celle de l’action.
J’ai choisi l’éducation, auprès des jeunes et la réinformation auprès des adultes. La deuxième est extrêmement difficile.
J’avoue aussi que j’ai pensé à une autre forme d’action, compte tenu de la violence des dirigeants : à « l’anarchisme par le fait » ; mais ma famille m’a dissuadé.