La Conférence des Mille aurait-elle besoin d’un Ronkozé ?

Dans le dernier document reçu de la Conférence des Mille il apparaît que 144 tables de 10 personnes sont déjà constituées, chacune ayant, tel que je le comprends, retenu un ou plusieurs axe(s) de réflexion à discuter le jour J, sans parler des problématiques directement envoyées aux organisateurs et qui sont censées trouver un écho auprès des 1440 personnes qui seront a priori et a minima présentes ce jour là.

Cela fait donc beaucoup de monde, un immense répertoire de questions à discuter toutes plus importantes les unes que les autres et… Et… ET TRES PEU DE TEMPS pour en débattre.

En effet, si, à un moment donné, il y a une assemblée générale avec un orateur issu de chaque table qui parle au nom d’icelle, avec 144 tables et 3 minutes de temps de parole par table, ça nous fait grosso modo toute la journée.

Il est clair que ça présenterait peu d’intérêt car il n’y aurait quasiment pas de temps pour des questions-réponses et ce ne serait plus une conférence. De plus, personne ne peut véritablement suivre une série continue de 8h de déclarations unilatérales sans avoir le tournis, la berlue ou la nausée.

Dans le but de dégager du temps pour le débat, on ne peut pas envisager de diviser le temps de parole des tables en assemblée générale par deux ou trois car cela rendrait l’exercice ET ridicule ET quasi impossible pour les orateurs. Mais il me semble qu’on ne peut pas non plus renoncer à faire une assemblée générale car un ensemble de tables en discussions séparées cela ne fait pas une authentique conférence.

Par conséquent, il est probable que les organisateurs aient prévu que, d’une manière ou d’une autre, les débats au sein des tables se déroulent pour l’essentiel en amont de la conférence. Mais même dans ce cas de figure une coordination préalable entre les tables apparaît non pas seulement nécessaire mais indispensable car il n’est pas envisageable qu’elles aient à se découvrir et se connaître mutuellement au moment même de la conférence. Cela aussi devrait donc être réalisé en amont de manière à ce que la conférence puisse présenter un territoire de discussion dont la géographie soit intelligible par tous ET qui, avec un minimum de discussion et/ou de séances de vote, puisse amener les prises de décisions nécessaires à l’organisation des Etats Généraux qui suivront.

La Conférence des Mille semblerait donc devoir répondre à un besoin de définition, d’organisation et de « priorisation » du champ du débat afin que les Etats Généraux soient les plus pertinents et efficaces possibles. Et, il faut y insister, cette géographie systématique des besoins, aspirations, doléances, requêtes, demandes, etc. du peuple réunionnais ne pourra pas se faire en une journée, c’est clair. Car le bon peuple doit avoir tout le temps de prendre la parole et de débattre, afin de pouvoir explorer toutes les directions qu’il souhaite et, ensuite seulement, converger progressivement sur les points qui feront consensus relativement à leur intérêt et à la nécessité qu’ils soient discutés en assemblée générale.

Par conséquent, vu l’urgence des temps, vu l’énorme effort nécessité pour réaliser cela en présenciel, il semble assez évident que les tables auraient tout intérêt à discuter en ligne.

Et ce serait dans l’intérêt de tous comme de la conférence elle-même que les discussions au sein de chaque table puissent être non seulement lues ou visionnées par les autres tables mais que tous les membres de la conférence, comme tout réunionnais voire même toute personne intéressée de par le monde puisse contribuer au débat d’idée dès lors que chaque table disposerait d’un pouvoir absolu de régulation de la discussion afin d’éviter toute dérive inopportune.

Un dialogue entre les (membres des) tables pourrait ainsi s’instaurer, des convergences se dégageraient, des synergies s’ensuivraient et, au final, grâce à la souplesse de l’outil informatique, les tables pourraient s’organiser autour d’un nombre praticable de grand(e)s questions, problèmes, projets ou thématiques. Chacun pourrait alors venir à la conférence avec le sentiment de disposer d’emblée d’un tableau général et intelligible des enjeux de la situation et des débats afférents.

La mise en place d’un cyberespace de discussion dédié à la Conférence des Mille ne pose aucune espèce de difficulté technique car les outils sont d’ores et déjà en place et attendent que le public citoyen vienne à s’en saisir

Ainsi, sur la Réunion, nous avons la chance de disposer d’un Ronkozé en ligne qui est l’endroit parfait pour que chaque table dispose, d’une part, d’une page internet modifiable à volonté où présenter ses problématiques et, d’autre part, d’un forum spécifique associé dans lequel les discussions pourront s’étirer autant que de besoin.

Par ailleurs, une fois la discussion sur Ronkozé grosso modo achevée ou, au moins, suffisamment stabilisée sur ses lignes de front, chaque table pourra, sur le site Wikidébat, en assurer la présentation didactique, c’est-à-dire, structurée, rationalisée, pointant aussi bien les enjeux que les accords et désaccords apparus.

A partir de là on peut envisager tous les regroupements souhaitables par thématiques ou catégories utiles ou pertinentes au regard de l’actualité. Bref, une authentique auto-organisation de la réflexion pourra s’opérer en même temps qu’elle se donnera à voir, tout ceci, bien sûr, sous la houlette des faiseurs de table qui seront, en quelque sorte, les garants de l’indispensable bonne tenue des débats.

Dès lors que tout un chacun pourra sauvegarder tout ou partie des discussions et que la « sécurité » des archives sera ainsi assurée collectivement, je ne vois pas trop pour quelles raisons on se priverait de tels outils, citoyens autant que démocratiques.

J’imagine volontiers que des contraintes et enjeux puissent m’échapper mais, comme je n’y vois que des avantages, je trouverais dommage que l’occasion d’engager d’emblée les discussions ne soit pas saisie rapidement.

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Bon. Le constat est là : je n’ai eu aucun retour. Peut-être était-ce trop mauvais, compliqué, alambiqué ? Je ne me rends pas compte parfois.
J’irai demain à la réunion de préparation de la conférence des mille pour voir de près quelle direction tout cela prend.
Comme disait l’autre, il faut espérer le meilleur mais se préparer pour le pire ! :wink:
Je perçois une sorte de course contre la montre. Le ciel va bientôt nous tomber sur la tête au plan mondial et je crains qu’à la Réunion nous ne soyons pas du tout prêts, pas autonomes pour deux sous et ça va faire mal.
J’aimerais vraiment beaucoup me tromper ! :wink:
Inch’Allah !

Personnellement, je verrais bien :

  1. une Conférence des Mille pour démarrer le processus, établir les thématiques, constituer les groupes de réflexion, etc. ;

  2. suivie de longs débats, pourquoi pas (et même : volontiers) sur Ronkozé ;

  3. et enfin une seconde Conférence des Mille pour que chaque groupe présente les résultats de ses travaux.

De qui attendais-tu un retour ? Des organisateurs de la Conférence ou des membres de Ronkozé ?

Bonne initiative. Tu pourras ainsi proposer de vive voix la mise à disposition de l’outil Ronkozé.

La situation de la Réunion est caricaturale mais de nombreux autres lieux ou pays du monde ne sont guère mieux lotis. C’est tout le revers de la médaille de la division du travail à l’extrême, de la spécialisation de la production (par exemple un ou deux pays qui produisent tout le cacao qui est commercialisé dans le monde mais qui eux-mêmes ont renoncé à l’agriculture vivrière). Cela crée une dépendance des zones de production vis-à-vis de toutes les autres, et cela offre un pouvoir énorme aux commerçants trans/internationaux qui contrôlent les échanges.

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Ce que j’ai fait. Mais sans succès. La situation me semble catastrophique. Je vous raconterai ça, mais pas ce soir. Je dois prendre le temps de réfléchir à une réaction… raisonnée et raisonnable si c’est encore possible ;-).

Ce que tu rapportes est inquiétant. Ceux-là même qui prennent l’initiative de réfléchir collectivement t’apparaissent comme fermés.
Je fais immédiatement le lien avec un commentaire que tu as laissé sur Facebook :

La raison est dévastatrice pour le mensonge mais encore faut-il vouloir s’en servir. La première étape consiste à s’étonner d’une incongruité. C’est pas compliqué mais cela semble d’ores et déjà hors de portée du commun des mortels.

Ce n’était pas au sujet de la Conférence des Mille mais d’une citation sarcastique de Thierry Mariani.

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Oui, oui, le problème est là, dans ce que les anglophones appellent le « groupthink » ou « pensée groupale » je crois, cad, une pensée où on ne pense pas car on s’interdit de pointer des incongruités ou des erreurs de peur d’apparaître réticent ou même traître à la « cause » qui rassemble le groupe.
Comme je suis de nature provocatrice et peu enclin au suivisme, je vais mettre les pieds dans le plat. ça ne saurait tarder…

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Dans l’attente de te lire !!!

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