Extrait de "Mon dîner avec André". Réflexion philosophique sur le devenir de l'humain

Oui, il y a de l’espoir. Mais pour en faire partie, il faudra adapter nos manières d’être, de penser et de faire.

3 J'aimes

Un monde totalitaire et des poches de résistance … Oui, cela ressemble au présent.
L’un de ces îlots (anarchistes) est le Chiapas, au Mexique.
Mais nous pouvons essayer d’en édifier un autre, ici même, à la Réunion.

Je m’interroge sur le film. C’est bien un film américain réalisé en 1981. Hollywoodien donc ? Je pose simplement la question car je sais que le cinéma est un vecteur de propagande et la CIA l’a très bien compris puisqu’elle a infiltré l’industrie cinématographique (cf. le documentaire Out of the Shadows). Qu’est-ce que l’État profond a à gagner en laissant de tels dialogues être accessibles au grand public ? Est-ce que psychologiquement, cela prépare les esprits au totalitarisme, en le banalisant en quelque sorte ?

1 J'aime

Oui, ou même en créant des lieux où simplement on ne vit pas comme partout… Des lieux où on s’organise pour mettre en place une certaine résilience par le développement d’un potager en permaculture, une autonomie énergétique, l’utilisation d’une monnaie alternative comme par exemple la Monnaie libre, et tout simplement réapprendre les relations humaines sans pour autant se bouffer les uns et les autres.

Et je ne dirais pas UN lieu mais carrément DES lieux.

Oui, le cinéma est l’un des outils les plus puissants pour ramollir les cerveaux, mais le cinéma est obligé de composer avec certains (pas tous malheureusement) scénaristes, acteurs, producteurs et réalisateurs qui ont de bien meilleures idées que d’autres et qui sont souvent assez fins d’esprit pour glisser quelques éléments de réflexion afin de faire travailler les consciences des gens, même parfois dans certains films estampillés de la maison de production la plus abjecte à ce niveau.

Il faut donc pouvoir juger un film non pas en se basant uniquement sur sa bande annonce ou son affiche mais en le regardant (plusieurs fois s’il le faut) et s’étonner dans certains cas que tout n’est pas noir ou blanc, que la personnalité de certains personnage laisse des ouvertures de je ne sais quoi qui tend à emmener les gens à se poser des questions. Et c’est tellement subtil parfois qu’il suffit d’une simple réplique, voire la présence anodine d’un objet dans un décors qui fera référence à quelque chose de très précis.

Mais c’est clair que celui qui va voir un film avec son gros cornet de popcorn en pensant qu’il va bien s’amuser parce que c’est blindé de scènes d’action, d’effets spéciaux et de nanas à moitié dénudées ne pourra rien déceler de tout ça.

1 J'aime

Je ne suis plus retourné sur ce fil de discussion (Transition éco-lieux éco-villages 974) depuis le mois avril (2020) et je réalise grâce à toi que les échanges ont continué avec beaucoup de choses intéressantes. Il faut que je lise tout ça …

Il y a là des actions concrètes qui ne déplairont sans doute pas à @eccolulo puisqu’il est à l’origine de la catégorie Résistance & Actions collectives.

1 J'aime

Il y a pourtant d’excellents films critiques qui sont sortis des studios Hollywood. Évidemment, cela devient rare car le filtre du divertissement a tendance à uniformiser et à réduire le champ des possibles. Pour info, il y a quelques années beaucoup de scénaristes ont boycotté les studios Hollywood et ont permis l’émergence de nouvelles séries débridées, Netflix et Cie.

En règle générale, il faut faire confiance aux artistes pour nous faire passer des messages malgré les filtres de la censure. Un exemple, le scénariste Luis Buñuel en pleine période de dictature espagnole.

Ce serait d’ailleurs intéressant de créer un sujet dédié aux films d’éveil critique…

2 J'aimes

Il existe aussi des créateurs indépendants des grands studios, aux États-Unis, qui essaient de se financer et de se diffuser sans passer par l’industrie cinématographique.
Il faut en effet déplorer que cette dernière ait tendance à valoriser :

  • l’idéologie guerrière
  • et les dialogues « crétinisants ».

Excellente idée !

PS : Le festival du film Sundance n’entre-t-il pas dans cette démarche ?

1 J'aime

Ah, je ne connais pas du tout, merci pour la suggestion.

Autrement, à la Réunion, j’ai entendu parler du festival de films militants. J’ai l’impression que c’est pour bientôt. Si quelqu’un a le programme, une information, nous sommes preneurs… @sol ?

1 J'aime

Le festival du film de Sundance ( Sundance Film Festival ) est le principal festival américain de cinéma indépendant, et l’un des principaux au monde. Il se tient chaque année à Park City et Salt Lake City dans l’Utah. Il présente essentiellement des films indépendants dans des sections compétitives ou non compétitives.

Le festival est fondé en août 1978 par Sterling Van Wagenen, John Earle et Cirina Catania sous le nom de « Utah/US Film Festival ». Sa programmation était constituée pour l’essentiel de rétrospectives. Mais le festival propose aussi des courts métrages et des films réalisés hors du système hollywoodien. Le festival reste un événement local jusqu’à ce que Robert Redford, qui habite en Utah, en devienne président et, surtout, jusqu’à ce qu’il soit programmé en janvier, en pleine saison de ski1. À partir de 1985, le festival est organisé par une association à but non lucratif, le Sundance Institute . En 1991, la manifestation est officiellement rebaptisée « Sundance Film Festival », en référence au célèbre rôle de Robert Redford dans Butch Cassidy et le Kid ( Butch Cassidy and the Sundance Kid en version originale).

De nombreux réalisateurs indépendants ont été révélés par le festival. Parmi ceux-ci, on peut citer Kevin Smith, Joel Coen, Bryan Singer, Robert Rodriguez, Quentin Tarantino ou Jim Jarmusch.

Le Festival du cinéma américain de Deauville (France) a rendu hommage en 2006 au Sundance Institute pour ses vingt-cinq ans d’existence.

Source : Wikipédia

On peut trouver les lauréats des différents éditions listés ici (en anglais), toujours sur Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sundance_Film_Festival_award_winners

Mais je ne sais pas quels sont les films issus du cinéma indépendant qui sont dédiés à l’éveil critique. Il faudrait détailler. Si des connaisseurs pouvaient nous éclairer, ce serait l’occasion de créer un nouveau fil de discussion, comme tu le suggérais précédemment @pvincent .

1 J'aime

L’extrait est vraiment très très intéressant par l’enjeu qui s’y reflète et, justement, l’incertitude qu’il y a quant à sa finalité et, donc, son intention véritable.
La question que tu poses est vraiment celle qu’on peut se poser, en effet.
Pour tenter d’y répondre, après avoir poussé le curseur parano au maximum (du raisonnable ;-)), on pourrait de se demander ce « que veut l’Elite ? » :

  1. 100% de moutons dociles, n’est-ce pas ?
  2. Donc l’objectif sera de décourager dans la population la part de ceux qui ont compris que notre « ennemi, c’est la finance » (et le grand capital et/ou les banquiers-marchands pour parler comme Valérie Bugaut). Les autres, ce qui n’ont pas compris cela ou se refusent à cette pensée « complotiste ») ne sont pas dangereux car ils se battent sur des objectifs ponctuels (climat, haine, discrimination, emploi, salaires, retraites, etc.) sans être capables de « relier les points » et d’identifier « la cause des causes ».
  3. Afin de dérouter les « lucides », il est probablement intéressant de les faire partir d’une représentation à laquelle ils puissent adhérer… pour les mener ensuite dans des impasses ! Cela, en suggérant… :
  4. Qu’il n’y a aucun espoir sérieux que cela puisse changer (découragement affiché d’entrée afin de rendre disponible aux options proposées ensuite)
  5. Que ce qui prime avant tout c’est une démarche individuelle :
    _ se couper des médias (une vraie bonne idée qui sert à férer le poisson) ET, DONC,
    _S’isoler, cad, fuir le collectif (implicitement désigné comme dangereux autant que docile au pouvoir totalitaire). Thématique individualiste typique d’Hollywood qui cultive l’idée du héros solitaire et éloigne ainsi de l’idée que seuls les mouvements collectifs et solidaires ont des chances de changer la donne.
    _Revenir (implicitement) vers les formes archaïques de sacralisation de la Nature
    a) comme si elle avait le pouvoir de nous sauver de nous-même
    b) par la pratique de rites « magiques » comme planter une graine d’un arbre improductif comme le pin
  6. Validation de la contre-culture new age des 60’, dernier avatar de l’idée révolutionnaire avec laquelle on pousse les peuples à renverser l’ordre établi depuis 2000 ans, depuis qu’un peuple n’a pas reconnu son messie et relance ses espérances planétariennes en toutes occasions.
  7. L’idée sous-jacente qui transparaît est celle d’une Elite « illuminée » (cf. « poches de lumière » à 3’43) qui serait comme des « planètes invisibles sur cette planète » (3’47) que l’auditeur est invité à joindre ou rejoindre afin de se remplir de la connaissance qui lui permettra de bâtir « un nouveau futur ». On est donc bien en plein dans une utopie messianique où le messie est l’Elite elle-même.
  8. Bref, il s’agit d’un tableau qui, de manière trompeuse, fait craindre une robotisation par élimination des affects et des émotions alors que ceux-ci sont exploités à outrance et constituent le moyen n°1 de gérer le « parc humain » en fabriquant des zombisounours toujours plus (intellectuellement) grégaires.
  9. Enfin, pour conclure, je ne peux pas ne pas souligner la présence de « motifs » typiquement hollywoodiens tels que :
    a. la référence à la situation des juifs en 1936
    b. l’idée d’une élimination complète du genre humain (génocide)
    c. L’idée d’un gouvernement totalitaire qui fait du lavage de cerveau (c’est la corde de l’aversion suscitée par l’Allemagne nazie qui est ici jouée, bien sûr, mais la thématique reste en retrait car l’argent lui sert de paravent)
    d. L’idée d’un « camp de concentration » auto-engendré par les serviles moutons.
    e. L’idée de « poches de lumière » constituées par une élite messianique car salvatrice du genre humain
    f. Elite préfigurée par la contre-révolution bobo new age (et donc, elle aussi, d’orientation messianique)
    g. La finalité étant de rejoindre le divin (conscience océanique et omniscience), cad, d’entrer dans la religion du N.O.M. qu’Hollywood prépare depuis, grosso modo, son origine.’

Bref, voilà, en très raccourci, ce que ce discours séduisant m’inspire. Je pense au serpent de la Genèse : « vous serez comme des dieux »… :wink:
Il me semble très improbable que la CIA ait eu besoin d’intervenir ici. C’est du Hollywood pur sucre.

1 J'aime

J’adore cette analyse !!!
Me permets-tu de la partager ?
Si oui, dois/puis-je citer ton nom ou ton prénom ou ton pseudonyme ou simplement une initiale ?

J’apprécie que tu apprécies.
J’ai pris le temps de bien éplucher ce truc car je trouvais ça vraiment très réussi comme message séduisant et trompeur.
Si tu peux mettre le lien vers le commentaire Ronkozé c’est peut-être le mieux non ?
Sinon, mets juste mon prénom, ça suffira. A ma connaissance, il est unique :wink:

1 J'aime

Je vais faire comme ça. Merci :slight_smile: