Etre ou ne pas être complotiste ? Tentative de définition

Trouvé sur le fil de commentaires de mon article Agoravox sur l’hypnose collective avec preuve par le nucléaire, voici un commentaire qui définit impeccablement l’opposition complotisme/anticomplotisme.
J’adhère intégralement (pour le moment ;-)) et je pense donc que ça mérite discussion.
Vous me direz…

Voici l’idée :

Être complotiste ou anti-complotiste est une question de choix de paradigme. Il y a en gros deux paradigmes qui s’opposent :

  1. Le paradigme complotiste :

Il consiste en l’idée que nous vivons dans un monde dominé par le mensonge et la tromperie. Le mensonge et la tromperie y sont systémiques. C’est un monde amoral, un monde dans lequel la recherche effrénée du pouvoir occulte tous les autres aspects de la vie. Tous les sous-buts poursuivis ne sont pas mauvais (certains sont même bons) mais ils sont subordonnés au but principal qu’est la quête du pouvoir. Si le pouvoir est menacé, il n’hésite pas à se débarrasser de tout ce qui peut l’entraver, y compris la morale, y compris les valeurs humanistes. Il existe une caste de dirigeants et d’oligarques qui ont le culte du pouvoir. Les dirigeants politiques sont prêts à toutes les lâchetés et à toutes les compromissions pour le conserver et pour l’accroître, quitte à être les marionnettes dociles des puissances d’argent.

  1. Le paradigme dominant ou anti-complotiste :

Il consiste en l’idée que nous vivons dans un monde dominé par la raison, l’ordre et l’honnêteté. La tromperie et le mensonge existent mais ils ne sont que des déviations, des défauts qu’il faut corriger. C’est la croyance en un monde où l’on s’efforce d’être moral, rationnel et raisonnable mais, la nature humaine étant ce qu’elle est, il s’y glisse malheureusement l’erreur, l’incompétence, le mensonge, la tromperie et bien d’autres défauts. Le recherche du pouvoir peut entraîner des déviances, mais globalement ceux qui sont à la tête de nos « démocraties » sont pénétrés de l’idée du bien commun et font du mieux qu’ils peuvent. Le système peut et doit être amélioré, mais il est globalement bon.

Si l’on adhère au paradigme 1, on est obligé d’admettre que la tromperie et le mensonge s’insinuent partout, y compris donc chez les complotistes. Le piège dans lequel tombent les anti-complotistes c’est que, quand ils ont trouvé une erreur ou un mensonge dans un récit complotiste (le plus souvent c’est une erreur), ils s’imaginent que cela suffit à réfuter le paradigme complotiste. Quelques points défectueux dans un tableau pointilliste ne remettent pas en cause le tableau dans son entier. Il suffit de faire quelques pas en arrière pour voir que ça n’affecte pas le tableau dans son ensemble.

Le paradigme qui permet le mieux de rendre compte de la réalité actuelle est le paradigme complotiste. La question n’est pas de savoir s’il faut être complotiste ou pas, la question est de savoir où je vais mettre le curseur de mon complotisme, c’est-à-dire quel degré de complotisme je vais adopter sans risquer de remplacer une croyance par une autre croyance, et donc sans perdre mon esprit critique et ma faculté de douter. Complotistes et anti-complotistes ont en commun la tendance à croire. La différence, cependant, et elle est énorme, c’est que le complotiste se méfie par principe de ceux qui nous mentent et nous manipulent, ce qui est une attitude saine, quand l’anti-complotiste, lui, les défend.

Remarque : les effets indésirables des vaccins ont au moins un effet positif, un effet positif sur l’esprit, c’est l’effet « Virenque » : On m’aurait menti ???

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Hum, pour moi, ce raisonnement est faux.
Peut-être que tu voulais dire « Le piège dans lequel tombent les anti- complotistes » ?
Ça me parait plus cohérent, non ?

Outre cette erreur de logique, si je vais dans ton sens, les ‹ complotistes › devraient se douter d’eux-mêmes et de leurs propres croyances. Une recherche introspective permettant de filtrer le vrai du faux. Or ce que je constate, c’est que la tendance est plutôt inverse. Les ultra-complotistes (Trotta, QAnon, …) sont souvent les premiers à colporter les plus gros bobards sans aucune rigueur déontologique. Je considère que c’est la plupart du temps contre-productif. Dire que l’autre ment en utilisant soi-même un mensonge disqualifie l’argument (cf. Kamala Harris un-vaccinated).

OK, je valide. En fin de compte, c’est non-binaire. Il existe des nuances.

Pour compléter, je trouve que la dernière vidéo de François Boulo résume bien cette problématique.

Un chaos informationnel rempli de pièges pour tomber dans le complotisme de « bas étage » qui disqualifie les critiques précises et justes.
[…] La confiance est brisée, même l’honneté ne va pas suffire.
[…] Il faut résoudre les difficultés avec rigueur et justesse.
[…] humilité dans la connaissance
[…] être indulgent avec les autres même s’ils se trompent => devoir de tolérance

Une vidéo de qualité :

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Tu parles d’une erreur de logique mais je ne la vois pas. Tu ne l’as pas spécifiée.
Je continue de percevoir le propos comme cohérent et fondé.
Il évoque juste l’attitude radicale qui rend le débat impossible et qui consiste à vouloir tellement ne voir que des erreurs ou des fautes chez l’adversaire que lorsqu’on en tient une (ou quelques-unes) on la projette sur tout le reste et on pense avoir démontré que tout est faux.

On se refuse en somme à reconnaître ce qui est vrai dans ce que dit l’adversaire et on le repeint en diable ou en malade mental à la première occasion. L’argumentation ad personam est un classique du genre.

Cela peut concerner n’importe quel camp, mais c’est les anti-complotistes qui tombent dans ce travers plus volontiers car cela est facilité par le fait de se sentir en position de force du fait de l’appartenance à la majorité.

Les complotistes eux n’ont pas la force, alors ils se servent de la raison… mais peuvent aussi se laisser emporter par leurs convictions :wink:

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Je viens de refaire la lecture des paradigmes énoncés en travestissant 2 mots:

-complotisme par communisme

-anti-complotiste par libéralisme

Et en précisant 3 points :

Paradigme 1

  • cela ne ce limite pas à une caste mais pénètre la société dans son ensemble et augmente avec l’accumulation de pouvoirs.

Paradigme 2

  • qu’est le libéralisme qui prime sur l’honnêteté.
  • sont pénétré de l’idée du bien privé et font du mieux qu’ils peuvent dans leur idéologie libéraliste.

Pour ce qui est de l’anti-complotisme on est bien loin de pouvoir raccrocher cette dernière partie du paradigme à une pensée majoritaire en regardant l’abstention, les votes résignés et « contestataires ».

En conclusion, ça m’a l’air de plutôt bien correspondre.

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