Effets pervers

Dans La fortune sourit aux audacieux nous avons évoqué le fait que l’action et la réflexion sont, d’une certaine manière, opposées puisque la réflexion suppose l’inhibition de l’action pour prendre le temps, justement de réfléchir.

Si nous pouvons prendre encore quelques minutes pour réfléchir à cela, il serait important de constater que, peu importe ce que l’on décide de faire ou de ne pas faire, cela vient toujours avec des effets pervers, c’est-à-dire, des effets qui se détournent de l’intention initiale au point, parfois, de lui être directement contraire.

Par exemple, je me rappelle que j’avais cru complimenter la femme d’un peintre en m’exclamant devant la beauté du portrait que ce dernier avait fait d’elle mais elle l’avait fort mal pris en déduisant que je la jugeais moins belle que son portrait.
Il m’avait fallu ramer un bout de temps avant d’arriver à lui faire comprendre qu’avec ce portrait son mari, loin de l’avoir enjolivée, avait su fidèlement reproduire une beauté qui était d’abord la sienne. Ouf !

Si j’éprouve le besoin de revenir sur cette question de l’effet parfois adverse sinon pervers de nos choix, c’est parce qu’il y a peu j’ai écouté sur France Inter une émission qui évoquait une association citoyenne qui achète des forêts pour les gérer écologiquement en assurant d’abord la diversité des essences que l’on trouve dans la nature mais pas dans les forêts « industrielles » de l’ONF où officient des « ingénieurs » productivistes et certes pas des naturalistes philanthropes.

Je me suis demandé si c’était une bonne chose de faire accomplir par une structure privée ce qui devrait être les missions de l’ONF, à savoir, d’abord et avant tout, la préservation du patrimoine forestier national ?

L’effet pervers saute aux yeux : en faisant ce qui doit être fait à la place de l’ONF, on permet à celle-ci de persévérer tranquillement dans ses pratiques d’EXPLOITATION forestière (il faut vraiment entendre ce mot EXPLOITATION qui est à la nature ce que l’esclavage est à l’humain). Ne vaudrait-il pas mieux attaquer l’ONF directement pour l’amener à modifier ses pratiques ?
C’est un peu comme des parents qui portent leur enfant au lieu de lui apprendre à marcher. Aucune chance qu’il fasse des progrès.
Ne vaut-il pas mieux mettre chacun face à ses responsabilités ?

Mais quel serait l’effet pervers de ne pas organiser cette alternative écologique à l’exploitation forestière actuelle ? Là encore, de permettre à celle-ci de se perpétuer en profitant de l’absence de visibilité d’un contre-modèle.

Alors que choisir ? Entre le faire et le non faire, qu’est-ce qui va favoriser le changement ?
Souvent la réponse est donnée par l’adversaire : que craint-il le plus ?

Ici la réponse est très claire car, comme on le découvre dans le dernier numéro (133) de Nexus (revue de réflexion sans pub et sans tabou) le pouvoir n’hésite pas à faire intervenir la gendarmerie pour aider les syndicalistes de la FNSEA et empêcher les associations écologistes de protéger la forêt. Intimidé par la troupe de militaires venu le sermoner, un vendeur de 10 hectares de belle forêt a annulé la vente et l’a ensuite vitement concédée à un EXPLOITANT agricole qui a de suite rasé la forêt pour en faire une zone pâturage.

La morale de l’histoire est qu’il faut agir. Oui, c’est sûr, achetons tant que nous le pouvons des forêts et des espaces qui seront ainsi préservés du capitalisme financier… tant que nous le serons nous-mêmes.

Mais qu’adviendra-t-il quand nous serons esclaves de la dette souveraine et qu’on nous prendra même ce que nous n’avons pas afin de rembourser des sommes pharaoniques à l’emprunt desquels nous n’avons jamais consenti ?

Ces espaces protégés reviendront alors aux financiers, ceux-là même qui sont d’ores et déjà au pouvoir en raison de la lâcheté d’une classe politique corrompue au-delà de tout entendement.

Bref, si nous voulons protéger nos forêts de coupes sombres, il serait peut-être temps d’en faire dans la classe politique. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne pense pas à la guillotine mais plutôt au recyclage. Disons que l’état avancé de pourrissement de la classe politique rend légitime l’option compostage.

A quand des bulletins « Mise au rebut » ou « guillotinage symbolique » dans les enveloppes électorales ? Même sans que ça ait plus de valeur légale qu’un bulletin blanc ou nul, ça aurait le mérite de dire bien plus clairement les aspirations du bon peuple. D’ailleurs, depuis l’épisode Gilets Jaunes, les démocrates réels ne demandent-ils pas à corps et à cris un RIC révocatoire pour les politiciens trop lamentables pour être supportés jusqu’à la fin de leur mandat ?

sympa l’analogie :clap:

Nous sommes déjà esclaves d’une dette que nous n’avons jamais directement consentie. Ce sont nos dirigeants politiques qui nous ont trahis ; en France, depuis 1973. Pompidou et Giscard d’Estaing les premiers. L’intégralité de l’impôt sur le revenu est utilisée pour le paiement des intérêts de la dette. L’État agit donc en collecteur d’impôts … pour les banques privées.

Je signale qu’il est prévu, dans le programme dystopique du Great Reset, « d’effacer » ces dettes publiques (impossibles à rembourser) par l’expropriation totale. Tous les biens personnels des contribuables seront donnés au créanciers des États : les banques privées.
Et nous en locataires à vie de nos propres biens.

Demander ne suffit pas. La démocratie doit se conquérir. Mais puisque le peuple est désarmé, cela ne se fera pas en claquant des doigts. Cela doit se préparer, et cela peut prendre des décennies, voire des générations. Après tout, les francs-maçons ont mis du temps pour renverser les aristocrates de traditions militaire et catholique.