Contre l’abolition de l’enfance, pour l’éducation démocratique

L’enfance est une évidence sur laquelle nous ne nous questionnons guère. Nous savons tous très bien qu’il s’agit des premières années de vie de l’être humain durant lesquelles le corps et l’esprit se forment, se développent en vue de réaliser les promesses de l’âge adulte via une adolescence plus ou moins longue, plus ou moins facile aussi.

Nous savons aussi que l’enfance pose mille problèmes, aux enfants eux-mêmes, aux parents comme aux professionnels en charge de leur éducation ou de leur protection mais tout cela nous paraît dans l’ordre des choses. La vie ne peut-elle être vue comme une situation permanente de résolution de problèmes ? Alors, l’enfance… on ne va pas en faire un fromage !

Ainsi, parmi les honnêtes citoyens, rares sont ceux qui en viennent à (soupçonner que certains puissent) faire de l’enfance elle-même LE problème. A l’instar de l’esclavage, d’aucuns songent à l’abolir en considérant, non sans quelque raison, que la situation faite aux enfants est celle d’une complète sujétion à l’adulte. Cette « domination adulte » ne va pas sans violence, symbolique mais, aussi, très réelle, pouvant être aussi bien psychologique que physique.

Considérer l’enfant comme une personne de plein droit, donc en pleine capacité, sans nécessité de protection, donc de tutelle, leur semble la voie d’émancipation ou de « libération » la plus directe. Le problème avec cette solution consistant en l’« abolition » pure et simple de l’enfance, c’est qu’elle amène davantage de problème qu’elle n’en résout. C’est tellement évident qu’on se demande à quel point il n’y aurait pas là la manifestation de cette position infantile par excellence que constitue la position victimaire qui a nourrit l’esprit révolutionnaire des siècles passés et qui est, plus que jamais, dominante (sic) dans l’esprit du temps (Zeitgeist) avec des manifestations aussi brutales et bruyantes que le « politiquement correct », le « wokisme », la culture de l’annulation (« cancel culture ») et la défense de toutes les minorités possibles et imaginables, y compris les plus extravagantes qui soient.

Cette « toute-puissance » du victimaire qui permet aux minorités de dicter leurs lois aux majorités en toute bien-pensance et, je dirais même, en toute suffisance, pouvait-elle rester étrangère au monde de l’enfance dès lors qu’elle en est le portrait craché ? Car enfin, qui ne voit que cette quête incessante de libération de toutes les contraintes sociétales les unes après les autres est une copie conforme de la tyrannie de l’infantile qui s’affirme comme le désastre du siècle au sein des familles de notre univers consumériste mondialisé ?

L’enfant qui, selon l’étymologie, « n’a pas la parole », a pris le pouvoir — et la parole — depuis longtemps, surtout depuis que la psychanalyse est passée par là, suivie par le monde marchand, de sorte que les parents ont progressivement été amenés à voir bébé comme une personne susceptible de décider… de tout et pas seulement de ce qui concerne directement sa petite sphère de besoin. Pour sûr, il n’y a strictement rien de mal à voir un bébé ou un enfant en tant qu’une personne douée d’une grande sensibilité, qui a besoin de construire un pouvoir sur le monde afin de développer une saine estime de soi ; mais de là à lui laisser déterminer 40% ou plus des actes d’achats de l’adulte, il y a de la marge.

Mais le pire est ailleurs et il est bien pire. Tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute. Ainsi, de même que nos gouvernants flattent outrageusement notre fibre républicaine en nous appelant à nous servir du pouvoir citoyen consistant à choisir nos maîtres *, il est possible, sinon probable que ceux qui, avec la meilleure volonté du monde, poussent à la libération de l’enfance œuvrent aussi, à l’insu de leur plein gré, pour les « puissants » qui souhaitent la mise à disposition pleine et entière d’une population juvénile, supposément autonome et responsable mais surtout livrée à elle-même puisque libérée de la tutelle de l’adulte. Les choses de la vie étant ce qu’elles sont, fortement pulsionnelles, ne serait-il pas à craindre que ces « puissants » prennent un malin plaisir à mettre cette jeunesse sans protection au service d’une jouissance… sexuelle sans limite et dorénavant légale ? Quoi de plus ringard que les limites, n’est-ce pas ? Quoi de plus « peine-à-jouir » ? Pensez-vous sérieusement que l’élite ait oublié son meilleur slogan soixante-huitard « il est interdit d’interdire » ?

Bref, la domination adulte de l’enfance est globalement une réalité et une abomination car le pouvoir adulte impose sa violence à l’enfant avec une déconcertante facilité en dépit des lois de protection de l’enfance, en dépit du fait que nous sommes supposés vivre en démocratie. Mais l’abolition de l’enfance serait assurément l’abomination de la désolation car ôter au jeune humain toutes les protections qui accompagnent son statut de mineur, c’est en faire la proie de tous les manipulateurs qui sont déjà à l’œuvre dans les familles et les institutions et qui n’auraient alors vraiment plus rien à craindre de la justice.

L’alternative n’est pas entre, d’une part, le Charybde de la domination adulte qui maintient l’enfant dans l’Ancien Régime en l’assujettissant totalement à l’adulte et, d’autre part, le Scylla de l’abolition de l’enfance qui garantit l’asservissement du jeune humain à tous les pouvoirs qui convoitent son consentement à je-ne-sais-quoi — comme la publicité en fait déjà très bien la démonstration. L’alternative, serait bien sûr une éducation authentique, comme on en a encore jamais vue, c’est-à-dire, une éducation qui, dès que possible, aide l’enfant à construire une capacité à se gouverner lui-même sans, pour autant, le mettre face à des dangers extrêmes comme, par exemple, l’éducation qui se fait dans la rue, lorsque les parents ont renoncé à leur prérogatives et ont donc effectivement libéré leur enfant de toute tutelle adulte.

Cette éducation a un nom : c’est l’éducation démocratique, celle que, justement, je tente de promouvoir avec l’association EDUCAPSY en aidant les parents et les éducateurs à comprendre comment sortir du rapport de force avec l’enfant pour construire des accords sans lesquels il n’y a pas de paix qui vaille.

La route sera longue car il semblerait que la société ait depuis longtemps perdu tout repère, notamment depuis qu’elle se raconte que nous sommes en démocratie alors que nous vivons depuis deux siècles sous la botte d’une aristocratie élective qui ne songe qu’à nous exploiter. C’est ce mensonge intériorisé par la population qui explique que, durant ce temps, les adultes ont cru être en position d’imposer leurs volontés à l’enfant. La violence exercée ne fait que reproduire la violence subie.

Il est temps d’en finir avec ce système mortifère dont les dégâts sont de plus en plus visibles dans les familles, les établissements scolaires et la société en général. Il est temps que la démocratie deviennent une réalité et que ses lois se situent effectivement au point d’équilibre salvateur entre les volontés individuelles et la volonté générale, entre les intérêts particuliers et le Bien commun — la première des res publica.

                                          *   *   *

Note : * Qu’ils se nomment Blanc bonnet ou Bonnet blanc, ils nous enverront pareillement à la guerre, puisque c’est quand même à ce moment-là que leurs marionnettistes — je veux dire leurs amis banquiers-marchands — bâtissent des fortunes et nourrissent l’espoir d’officialiser une emprise mondiale établie depuis belle lurette.

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Destruction des Etats par leur subordination à des organismes supranationaux, destruction de la cohésion des nations par la promotion de toutes les minorités et destruction des familles pour livrer les individus aux prédateurs humains.

Nous assistons à un coup d’état mondialiste, celui des banquiers-commerçants, enveloppé d’hypocrites motifs qui vont du droit-de-l’hommisme, au féminisme, au LGBTisme, à l’antiracisme, à l’écologisme, etc, etc, etc.

Les investisseurs financiers, les marchands d’armes, les propagandistes des médias de masse et tous ces milliardaires auto-proclamés « philanthropes » (inversion cynique, perverse, pour dire anthropophage) dont la moitié se retrouvent dans le petit carnet noir d’Epstein (le proxénète des pédophiles buveurs d’adrénochrome) veulent un troupeau servile, atomisé.
Il suffit d’écouter Yoval Noah Harari (L'Antéchrist est-il déjà là ? - YouTube), le conseiller spécial de Klaus Schwab, pour réaliser ce que les membres de cette caste pensent des peuples. Et à quel avenir ils les destinent.

:heart_eyes:

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