"Civilisation, colonisation, extermination" : le racialisme victimaire a encore frappé (les esprits !)

J’ai failli vomir deux fois en visionnant le documenteur "Exterminez toutes ces brutes (1/4) de Raoul Peck disponible gratuitement sur Arte (voir ci-dessous).

Vous avez compris que je n’ai pas aimé ce réquisitoire anti-occidental qui n’a rien d’une « puissante méditation en images ». Il n’est pas destiné à informer. Il y a très peu de réflexion et elles sont d’une piètre qualité, notamment quand l’auteur/narrateur délire sur l’hypothèse de la peur comme pulsion de vie.

Pour ce que j’en ai vu, ce film est juste un outil de propagande racialiste qui utilise (probablement) toutes les stratégies rhétoriques possibles et imaginables afin de 1) condamner la civilisation occidentale, 2) de faire culpabiliser autant que possible ses populations autochtones de tradition chrétienne et 3) en les disposant ainsi à consentir à l’accueil des populations immigrantes plus ou moins étrangères à leur culture.

Je dis bien « probablement » car j’ai disjoncté au bout de 25 minutes quand j’ai eu la nausée pour la seconde fois.
Alors que Raoul Peck venait de déclarer avec sa voix feutrée que « le but ultime de l’Eglise » n’était pas la conversion des âmes mais « de gagner richesse et pouvoir en anéantissant d’autres peuples » (à partir de 24’35), il en vient à parler de l’Inquisition espagnole.

Selon lui, elle devait enquêter sur la « pureté de sang des convertis maures et juifs ». C’est là où j’ai disjoncté car il y a bien matière à vomir tellement il s’agit d’une contrevérité aussi malveillante que stupide.

L’Inquisition n’a jamais eu rien à foutre de la pureté du sang. Bien qu’étant une institution de l’Etat espagnol (état royal bien sûr) elle ne s’occupait pas de ce qui n’était, en somme, qu’une mesure administrative destinée à la sélection des agents de l’état.

L’Inquisition cherchait « seulement » à débusquer les faux convertis (qui en tant que tels ne pouvaient prétendre à une quelconque pureté de sang, celle-ci ne concernant que les espagnols « de souche »).

La première fois où j’ai failli vomir c’est quand le narrateur évoquait une procession de Sainte Lucie réalisée en Suède par un grand magasin pour son catalogue de Noël. Sainte Lucie était incarnée par un garçon souriant (sic) d’origine africaine et cette provocation est très mal passé auprès des Suédois que le documenteur fait alors passer pour des suprémacistes blancs, quasiment des nazis (voir à partir de 7’45)

Mon sentiment est que l’élite avec ses marionnettes politiciennes, intellectuelles et artistiques cherche bien davantage la guerre civile que la réconciliation non violente des mémoires. Tout ça me paraît criminel, ni plus ni moins. Le fait que l’auteur/narrateur ait été directeur de la FEMIS pendant 9 ans, ça me dépasse complètement. A moins que ceci (son appartenance à l’élite depuis sa naissance) n’explique cela (sa complicité avec le discours dominant de l’élite).