Autonomie alimentaire à la Réunion, solutions, plans..etc

Que peut-on proposer comme plans d’actions concrètes et réalistes. Sommes-nous toutes et tous informé-e-s des risques de pénuries à court-terme ou moyen terme? Qu’est-ce-que chacun peut faire à son échelle pour anticiper des probables pénuries de longue durée?

2 J'aime

Merci @entraideur974 super comme question, concrète et probablement utile pour notre futur.
Je peux donner mon simple avis, pas du tout expert, merci d’enrichir ou de critiquer…


1. Subir

À mon humble avis (mais je peux me tromper), d’abord ne rien faire, subir les pénuries, expérimenter les périodes de disettes, forcer les gens (surtout les citadins) à ressentir leur niveau de dépendance vis-à-vis des outils de distribution du commerce alimentaire (bien souvent des produits importés prêts à consommer), probablement expérimenter un climat de peur et d’angoisse face à un besoin naturel (cf. pyramide de Maslow)

2. Toucher le fond

Puis, dans un second temps, une fois qu’on se sera bien « tapés » dessus (peut-être 1-2 ans), recouvrer notre esprit d’entraide et de solidarité (enfoui sous des couches de divertissements et d’abrutissements généralisés) qui ne tardera pas par nature à ressurgir.

3. Rebondir, planifier

À partir de cette étape, la reconstruction d’un modèle auto-construit par les citoyens pour assouvir une planification alimentaire à l’échelle de l’île pourrait apparaître. Je ne doute pas une seconde des capacités intrinsèques de l’Île de la Réunion à pourvoir suffisamment d’eau et de nourriture pour l’ensemble de la population réunionnaise. Le problème est plus de l’ordre de l’auto-organisation dans des périodes de grande instabilité.

4. Penser géopolitique

Pour élargir le sujet, si on arrive à ce phénomène (exemple : fin d’arrivée des bateaux conteneur), c’est probablement que le problème dépasse le simple trouble réunionno-centré. Il s’agira plutôt d’une crise géopolitique à l’échelle soit occidentale, soit mondiale. Bref, les couches basses de la pyramide de Maslow seront au centre de nos préoccupations.

2 J'aime

Je ne pourrai pas préciser de quelle année datent ces données mais, il n’y a pas si longtemps, la Réunion importait annuellement des marchandises pour un montant de 4 milliards d’euros et exportait 250 millions d’euros. Soit un rapport 95%-5%.
Parallèlement, la production locale consommée localement n’entre pas dans cette balance commerciale.

Je souhaiterais savoir à quel pourcentage la Réunion (au moins sur le plan alimentaire) est autosuffisante.
Au niveau énergétique, je crois que c’est de l’ordre de 30% de source d’énergie locale (bagasse, hydraulique, solaire, éolienne) pour la production d’électricité (le reste provenant du charbon et du pétrole).

Une coupure d’importation brutale (que ce soit alimentaire ou énergétique) serait une catastrophe.

De mémoire, pour l’alimentation, c’est à peu près la même chose que l’energie soit environ: 70% import 30% local. Bref, à la Réunion, on est super-dépendants des bateaux conteneurs. Niveau autonomie ⇒ nul :frowning:

@entraideur974 tu confirmes ?

1 J'aime

C’est terrifiant !

Au niveau énergétique, il y aurait une solution (évidente) : le géothermique. Nous possédons l’un des deux volcans les plus actifs au monde ! Et nous sommes entourés d’eau !

Au niveau alimentaire, il faudrait que tous ceux qui ont un terrain passent au « planté pou manzé », s’échangent des graines, etc.
Que l’approvisionnement en eau prévoit partout de l’eau d’arrosage « agricole » (sans passer par les coûteuses filtrations rendant l’eau potable).
Il faudrait que l’agriculture devienne vivrière et que les incitations (subventions publiques) aillent dans ce sens.

Si tout était fait pour le bien du plus grand nombre … et non pour le commerce, l’enrichissement de quelques uns, et le contrôle des populations.

1 J'aime

Concernant la production alimentaire réellement Locale, n’utilisant aucun produit importé ( engrais, aliments pour animaux…etc…), l’île ne serait à pas plus de 10% selon OASIS Réunion, peut-être même moins.

Concernant les énergies, je n’ai guère d’informations précises, j’ai moi aussi échos de environ 30%, c’est de toute façon pas terrible.

Sans approvisionnements, nous ne tiendrions pas bien longtemps, peut-être 15 à 21jours à tout casser.

L’utilisation des terres et l’accaparement de celles-ci est un vrai problème, la monoculture en est un énorme, le manque de cultures vivrières est assez flagrant aux vues du taux d’importation. Les produits d’importation seraient injustement subventionnés au détriment des productions locales , et le gaspillage alimentaire est une honte.

Il faudrait repenser nos habitudes alimentaires et prioriser le locale et Naturel à faible impacte écologique.

Des terres doivent être libérées auprès des zones d’habitations afin de permettre aux citoyens de cultiver un petit lopin et d’assurer eux-même un semblant d’autonomie au moins partielle.
Créer des jardins collectifs sur les sites scolaires ( surtout collèges et lycées, voir primaires et maternelles…) devraient être une évidence.
Mettre en place des sites de stockage et de transformation de denrées semblent aussi une nécessité absolue.

Prendre en exemple l’histoire de CUBA pourrait apporter certaines réponses…

Fertilement votre.

4 J'aime

Encore plus inquiétant que ce que je pensais !

Très, très inquiétant ! Pourtant, on dit que « gouverner, c’est prévoir ». Là, clairement, on se rend bien compte que les gouvernants (qu’ils soient réunionnais ou métropolitains) n’ont absolument pas pris les décisions permettant à la population de notre île de se protéger de l’éventualité de graves pénuries.

Les décisions aberrantes profitent à une minorité.
Tant que la majorité (ou la totalité) ne s’éveillera pas politiquement, nous restons soumis à la volonté de ces « maîtres-parasites sociaux » !

D’accord, d’accord, d’accord !
Pour information, je travaille dans une école primaire à Plateau Caillou à côté de laquelle un jardin partagé à été créé. Des adolescents (en difficulté scolaire) d’un « atelier-relais » contribuent à son entretien, qui est toutefois surtout assuré par le personnel municipal. Mais je vois peu d’habitants du quartier s’emparer du projet.
Peut-être cela viendra-t-il avec le temps ; mais sans doute faudrait-il un formateur associé à ce projet.
En tout cas quelque chose manque pour que cela aboutisse.

Pourrais-tu nous en dire plus, s’il te plaît ?

https://youtu.be/_7QaEC9wjpQ

Visionnez cette vidéo qui date et qui du coup montre notre sérieux retard. Souvent on a besoin d’être le nez dans la M…e pour se réveiller.

On doit échanger et se mettre en mouvement sans attendre les solutions concrètes venant d’en haut. Incompétences ou volonté de ne pas faire…

2 J'aime

Merci pour ce documentaire " Cuba : le secret de l’île bio | ARTE Reportage" !