Auto-défense de la nature

J’avais lu un récit apparemment véridique et surprenant (même si on ne peut pas objectivement réfuter ce qui est dit par manque d’info) raconté dans l’un des livres de Didier Vancauwelaert qui disait plus ou moins ceci :

On a constaté la mort massive de plusieurs dizaines d’animaux (ça devait être un genre de gazelles) vivant dans un enclos en Afrique. Ces morts étaient inexpliquées malgré les études scientifiques.

Il s’agissait d’un enclos entourés d’Acacias. A force de recherches, les scientifiques se sont rendu compte que l’herbe de l’enclos ne suffisant plus à nourrir ce bétail, les bêtes se sont mises à manger les feuilles d’Acacia autour de l’enclos.

Ils ont fini par comprendre que les arbres, à force de voir leurs feuilles réduites à néant par le bétail et le fait que ce soit compromettant pour leur survie, se sont mis à laisser échapper une espèce de gaz mortel qui a fait périr le bétail.

Dans le même registre, une personne m’a relaté un fait divers à propos de deux personnes aux Caraïbes ayant péri de brûlures de l’appareil digestif (l’autopsie aurait révélé que c’est comme si elles avaient été irradiées de l’intérieur par un produit toxique.

Les analyses auraient montré que c’était en rapport avec la consommation excessive de tisanes provenant d’un seul et même arbre. Si on place ces faits dans les mêmes idées que celles des gazelles victimes du gaz, on peut supposer que cet arbre aurait produit cette toxicité afin de se protéger. Une réaction de survie en quelque sorte.

Au vu de ces deux situations, je ne peux m’empêcher de mettre ça en parallèle avec les catastrophes naturelles qui se produisent de plus en plus actuellement.

Bien sûr, ça reste une théorie mais on pourrait supposer que les éléments naturels se déchaînent par une espèce de conscience naturelle collective qui ferait converger plusieurs forces pour détruire l’objet du danger qui la menace, à savoir l’être humain.

Comme on dit toujours : « La nature reprend toujours ses droits ». La conclusion qu’on pourrait faire c’est que plus ses droits sont bafoués, plus elle les reprendra avec force et violence. Qu’en dites-vous ?

Avec ou sans nous.

À propos de l’acacia, j’ai lu la même chose. Il me semble que cela souligne plutôt le fait que les arbres sont intelligents. Ils sont capables de dialoguer entre eux et de coopérer avec d’autres espèces. Cela montre à quel point nous sommes loin de comprendre comment fonctionne tout ce qui est sous nos yeux.

Mon opinion est que nous devrions, collectivement, plus prendre conscience du caractère sacré de la Nature, arrêtons de profiter et d’abuser. Rien que dans les mots, on parle encore d’exploitation agricole, je trouve cela choquant. Et je ne parle même pas de la façon dont on traite les animaux… :see_no_evil:

Tout ceci annonce un chaos, soit on reste « con » en attendant l’auto-destruction, soit on change … et rapidement. Il y a encore un espoir.

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Oui, et d’ailleurs, quand on parle des êtres vivants en dehors des êtres humains, on parle des « bêtes » comme pour souligner une quelconque supériorité de l’être humain. Et c’est la même chose pour le mot « animal » qui proviendrait éthimologiquement parlant du mot « âne » qui contient une connotation péjorative qui lui colle à la peau.

ah bon, âne, animal c’est lié ? je ne savais pas.

par rapport à la séparation entre les bêtes et les humains, je pense que cela vient des religions.
va faire un tour dans une église, et analyse comment est représenté l’humain, tu vas voir à quel point c’est étrange.

« Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre. »
–Genèse, 1 28

Je crois qu’il faut soutenir les jeunes qui comprennent ce qui se passe, je suis sûr qu’ils bouillent d’impatience de changement. Il y aura probablement un basculement de conscience rapidement de leur côté ; j’imagine qu’ils sont en train de sentir et comprendre la situation ; déjà, ceux qui se rencontrent dans les marches doivent discuter entre-eux, comme nous-même ici sur ce forum, et je suis certain que leurs échanges nous surprendraient si on les entendait. Ils sont la clé je pense.

Par contre il semble que parfois la prise de conscience soit irrémédiablement impossible lorsqu’on entend Ségolène Royale dire franco « qu’on doit réprimer très rapidement » les mouvements de désobéissance civile qui cherchent à « sauver le climat ». Elle s’adresse directement à eXtinction Rebellion, mais je généralise l’idée… Lorsqu’on l’entend (aux environs des 52 minutes dans l’émission), y a vraiment lieu de se demander si elle n’est pas en gros décalage avec les réalités… Ecoutez son point de vue à l’encontre de tout ces jeunes qui font de la désobéissance civile…

Je pense que Darwin aurait affirmé qu’il s’agit du résultat de l’évolution d’une espèce, ici l’Acacia, pour s’adapter à son environnement et assurer la reproduction de l’espèce. Au fil des générations, l’Acacia de ce milieu particulièrement hostile s’est retrouvé forcé d’évoluer biologiquement pour se perpétuer.

Les humains d’aujourd’hui, qui connaissent la civilisation moderne, se retrouvent plus ou moins dans cette situation, puisque leur survie est menacée. A la différence de l’Acacia, c’est moins l’évolution biologique qui sera concernée pour assurer la survie, mais l’évolution des comportements sur leur milieu social et environnemental. Ce changement de paradigme qu’on attend, et qu’il est difficile de faire ensemble.

En ce moment même, l’espèce humaine que je considère comme « la nature », est en train d’apprendre à adapter son comportement, non pas pour « sauver le climat » comme elle le crie maladroitement, mais pour « sauver son espèce », et derrière « sauver la nature ». Comme une certaine l’a dit, c’est ce mouvement là qu’il s’agirait de « réprimer rapidement ».

Et sur l’altruisme ou la solidarité, comme comportement (mème) adapté à la survie.

[selon R. Dawkins,] les gènes qui se sont imposés dans les populations sont ceux qui provoquent des effets qui servent leurs intérêts propres (c’est-à-dire de continuer à se reproduire), et pas forcément les intérêts de l’individu ni même dans certains cas de son espèce. Cette vision des choses explique l’altruisme au niveau des individus dans la nature, en particulier dans le cercle familial : quand un individu se sacrifie pour protéger la vie d’un membre de sa famille, il agit dans l’intérêt de ses propres gènes.

Par exemple, on pourrait imaginer que l’évolution va favoriser les êtres plus forts physiquement et psychologiquement ; mais pas seulement. Elle pourrait sélectionner les gênes correspondant à des comportements plus adaptés et maximiser les chances de reproduction de ces gênes.

PS : le sens du sacré amène toujours une pratique du soin envers son objet, comme les autochtones envers la forêt, à la fois leur maison, leur jardin, et le lieu où vivent différents type d’esprits par exemple. Ayant un lien sacré avec cette forêt, ils en prennent soin. C’est ce qui me paraît le plus important à retenir - le soin pour l’objet - quand on parle du sacré. Par contre la science peut exercer une fascination et un émerveillement ; il suffit de penser au domaine de l’astrophysique par exemple, le fait de voir grand et très loin.

Par contre, le mot « exploitation agricole » est un peu nouveau dans le sens où avant, l’exploitant agricole était nommé un fermier / paysan / agriculteur.

Actuellement, c’est vrai que le mot « exploitation » est aussi usité dans le sens de tirer toute la substance des choses pour ne rien laisser mais c’est également dans le sens où ils ne possèdent plus vraiment la terre sur laquelle ils travaillent. Ce sont plus les banques et les grands groupes tels que Monsanto qui a d’ailleurs fait l’acquisition beaucoup de terres pour mettre dessus des « locataires » eux-mêmes exploités afin d’y faire pousser de la monoculture.

Oui, effectivement. Y a énormément de mauvaises choses qui viennent des religions, mais je pense qu’il y a dû y avoir des époques où c’était un peu mieux car il me semble y avoir lu (dans la Genèse aussi) un passage où Dieu disait à l’être humain un truc du genre : « Prends soin de la terre comme si c’était ton jardin ».

C’était donc dit un peu à la manière d’un permaculteur doit prendre soin de son potager, à savoir avec bienveillance et en favorisant la vie sous toutes ses formes. Mais depuis lors, les moines copistes et énormément de volontés délibérées de profiter de la situation sont passées par-là et les textes ont été triturés dans tous les sens pour les adapter aux volontés des décideurs.

A part ça, j’avais lu que l’apparition de l’agriculture pourrait aussi avoir eu un impact sur cette vision réductrice de la nature :

En gros, l’être humain sortant de son état nomade pour devenir agriculteur se rendait alors compte du pouvoir qu’il avait sur tout ce qui l’entourait. Plus besoin de chasser, il lui suffisait d’abattre un animal de son cheptel. Plus besoin de partir à la cueillette, il fallait juste aller au champ pour récolter.

Il ne dépendait plus de la chance de trouver de quoi manger car c’était lui qui décidait quand et quoi il voulait manger.

De là serait apparu le concept de séparation d’avec la nature (alors que nous faisons pleinement partie d’elle) et qu’une peur s’est installée entre l’homme et le reste du vivant (une peur car la séparation crée l’éloignement qui crée l’inconnu. Et c’est assez logique, on a tendance à avoir peur de ce que l’on ne connait pas).

Ah mais c’est déjà le cas. Ils ne sont évidemment pas encore tous comme ça mais il faut bien se rendre compte que les années 90 étaient un éveil écologique fort (qui ont été elles-mêmes influencées par les années 70) et que les enfants nés vers la fin des années 80 ont donc baigné dans cette atmosphère de changement de manière de penser.

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Et j’ajouterai que les décideurs s’enfonçent encore plus dans leur peur quand on voit comment sarko traîte l’agro-écologie (à voir absolument, c’est d’un déni de bon sens incroyable) :

C’est un fait que les acacias produisent des toxines pour se protéger des brouteurs et ce qui a causé l’hécatombe des gazelles c’est le fait qu’elles étaient enfermées dans un enclos alors que en liberté elles adoptent un comportement approprié aux mœurs des acacias. En fait lorsque sur un territoire un acacias se fait « brouter », il émet un signal (sorte de phéromone) dans le but d’avertir du danger les autres acacias qui se mettent à secréter une sève toxique… obligeant ainsi le brouteur de sortir du territoire d’action de cette phéromone. Si les brouteurs sont enfermés alors ils vont s’intoxiquer car ils ne pourront pas s’éloigner. J’essaie de me souvenir du nom du scientifique qui a parler de cela dans une vidéo You tube, mais ma mémoire refuse de fonctionner pour ce soir.
Cordialement

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