À propos de la catégorie Résistance & Actions Collectives

Cette catégorie est orientée vers l’action. Elle correspond aux discussions et débats destinés à la conduite comme aux moyens de réalisation d’une action citoyenne en cours ou en projet.

Lorsque des citoyens en viennent à partager une même vision de la réalité et ont identifié un besoin vis-à-vis duquel ils se sentent en capacité ou en devoir d’agir, ils sont alors amenés à avoir non pas des discussions de fond sur un peu tous les sujets mais, au contraire des discussions tactiques ou stratégiques articulées autour du (ou des) but(s) qu’ils se sont fixé(s).

Autrement dit, dans la catégorie Résistance & Actions Collectives, les discussions et débats ne visent plus le simple partage de connaissances, opinions, perceptions ou représentations de la réalité. Ils portent sur les tactiques, les stratégies, les moyens techniques et humains d’organisation d’une action engagée vis-à-vis d’un état de la réalité préalablement reconnu comme problématique.

Tous les sujets relatifs à une action en projet ou en cours sont donc pertinents dans cette catégorie.

Cette catégorie est nécessaire car la réflexion n’est pas l’action. Elles s’opposent si nettement que, souvent, la réflexion nécessite l’inhibition de l’action ; celle qui se constate justement dans l’immobilité du penseur (de Rodin par exemple ;-)). C’est pourquoi, aussi utile et même indispensable que soit la réflexion, vient le moment où, l’action étant engagée, elle n’a plus lieu d’être, hormis pour tout ce qui concerne la conduite de l’action. La catégorie Résistance & Actions Collectives ne pourrait donc pas être fusionnée sans dommage avec une catégorie destinée au seul débat réflexif.

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Cette façon de concevoir l’action n’engage que toi.

A mon avis, le réel est plus complexe que ce que suggère cette opposition schématique. La réflexion permet de nuancer notre conception du monde et de la société, en ce sens elle est déjà une action. Et surtout à l’inverse, se plonger dans l’action c’est aussi continuer à travailler à l’analyse de ce dont où on en bouleverse l’ordonnancement. Se priver de ce retour à la réflexion, c’est se priver de l’ajustement de l’action entre ses effets observables et ceux que l’on cherche à obtenir.

Poser la fin de la réflexion comme préalable à l’action, procède d’une logique partisane et dogmatique, foncièrement anti-démocratique. Car la démocratie, c’est d’abord un espace de rassemblement sans modèle ni figure définitive, et qui ne peut donc pas se constituer sans combat et ne peut se dire sans polémiques.

Là encore, tout dépend de ce que tu entends par « action politique » . Privilégier une recherche quasi technocratique de l’efficacité, au détriment de la réflexion sur les valeurs engagées, c’est faire de la réussite la fin de la politique,. C’est donc faire du pouvoir et de son exercice la fin en soi de la politique plutôt qu’un simple moyen pour faire advenir un ordre social meilleur.

L’ argument est tout à fait absurde. Selon ton raisonnement, je pourrai par exemple aussi estimer que:

le lancer de disque nécessite l’inhibition du mouvement ; celle qui se constate justement dans l’immobilité du discobole (de Myron par exemple)

Je te remercie d’essayer d’améliorer mon texte de présentation de la nouvelle catégorie. Il vise seulement à en indiquer les contours pour les utilisateurs de Ronkozé et pas à les tracer dans le marbre donc, bien sûr, on peut toujours chercher à l’améliorer.

Comme je tente de m’impliquer davantage dans l’action, je manque de temps à consacrer à cette réflexion c’est pourquoi, je te propose de l’aborder pas à pas ou, plutôt point par point, en commençant par le plus important.

Quelle est l’interrogation ou l’objection n°1 que tu souhaites mettre en avant et peux-tu la formuler en la présentant comme ceci :

  1. l’assertion x est problématique (insuffisante, équivoque, subjective, fausse, etc.) parce que :
  • argument 1
  • argument 2
  • etc.

Qu’en penses-tu ? Pourrions-nous procéder ainsi ?

Bonjour, à tous,

Domie et Eccolulo,

J’espère être utile en formulant votre débat sous un angle différent.

L’idée d’Ecolullo est de nous donner les moyens d’éviter de mener des actions dans une joyeuse pagaille dans laquelle tout le monde s’occupe de tout à tout moment.

Il me semble que seul l’emploi du concept de l’inhibition de l’action*- est problématique, puisque c’est l’une des trois réponses du système nerveux à l’agression, lesquels sont le combat, la fuite ou l’inhibition de l’action, c’est-à-dire lorsque l’animal se fige pour tenter de disparaître aux yeux de son agresseur( je reprends ici les concepts développés par Henry Laborit).

Pour les humains, ces mécanismes sont transposés : combat /action fuite / imaginaire l’inhibition de l’action est le renoncement à réfléchir et à agir, par exemple le désintérêt du politique d’une grande partie de la population qui a le sentiment d’être « coincée ».

L’institution de la catégorie Résistance & Actions Collectives, correspond tout simplement au fait qu’une action doit d’abord être imaginée avant d’être mise en œuvre, et ce sont effectivement deux moments différents de l’organisation de l’action collective.

La phase imaginaire consiste à se mettre collectivement en accord sur une action collective dont les finalités sont bien comprises par chacun et auxquelles le groupe adhère entièrement.

Pour la phase action, le groupe ou le sous-groupe chargé de mener l’action ne remet plus en cause les fondements de l’action décidée, il l’opérationnalise, ce qui n’empêche pas de constamment, élaborer des tactiques, évaluer des résultats partiels, et éventuellement changer de tactique, etc.

Bien entendu, à intervalles réguliers le sous-groupe qui mène l’action rend compte de l’avancement du projet à l’ensemble du groupe, lequel décide en fonction des résultats observés s’il convient de maintenir l’action, de la réorienter, ou de l’abandonner.

L’organisation de l’action est en deux temps.

Le temps de l’imaginaire est porté par tous, et le groupe se donne les moyens pour que chacun des membres dispose de l’entièreté de l’information nécessaire à la compréhension profonde des raisons et des finalités de l’action menée au nom du groupe ; il s’agit d’une phase totalement non hiérarchique.

Le temps de l’action est confié par le groupe à un sous-groupe, hiérarchisé, au niveau fonctionnel, les taches sont délimitées, tout le monde ne fait pas tout et chacun respecte des procédures préalablement admises en commun … par exemple le mode argumentaire rationnel proposé par Eccolulo, lequel devrait être appliqué par tous sur notre espace de collaboration.

l’assertion x est problématique (insuffisante, équivoque, subjective, fausse, etc.) parce que : argument 1 argument 2

etc.

Référence aux travaux de Laborit sur le site éloge de la suite

http://www.elogedelasuite.net/?p=168

J’arrête ici.

À+

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Il est assez révélateur que la seule véritable action concrète relayée sur ce forum (éco lieux) se passe très bien de la catégorie Résistance & Actions Collectives et de tout le verbiage qui y est associé.

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La réflexion précède l’action, en effet.
Les deux sont complémentaires, peuvent éventuellement se chevaucher, mais généralement se succèdent.
J’attendais depuis des années de pouvoir diversifier les actions (autre que former/informer) en visant l’efficacité. Cela ouvre beaucoup de perspectives. Je suis impatient de voir émerger multes propositions via cette nouvelle catégorie.

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Bonjour,
Désolé de revenir si tard pour commenter.
Je me laisse vite déborder par « l’urgence » :wink:

ça fait plaisir de se sentir compris !

Exactement !

On pourrait penser ici comme exemple à une communauté qui a son sous-groupe militaire, fortement hiérarchisé et spécialisé pour les actions de défense.

Mais cela pose le problème de la nature du groupe ou de la communauté.
Ce dernier mot est très utilisé dans les pays anglophones mais a été dévoyé par les GAFAM qui s’en servent à tout bout de champ avec la prétention de dire ce qu’est, pense et veut la communauté, notamment sous le rapport du règlement.

C’est un abus caractérisé car un ensemble d’utilisateurs qui ne se connaissent ni d’Eve, ni d’Adam ne font pas une communauté ou un groupe.

L’un ou l’autre disposent de ce que l’on pourrait appeler une « identité » qui fait que les membres peuvent s’identifier comme tels réciproquement. Elle ne saurait découler de quelque chose d’aussi trivial que l’utilisation d’un service.

Si c’était le cas, on aurait la communauté des buveurs d’eau du robinet, la communauté des conducteurs automobiles, la communauté des cyclistes, la communauté des regardeurs de télé, la communauté des lecteurs du journal Le Quotidien etc.

Pour faire groupe ou communauté il faut se rassembler autour de quelque chose qui a une valeur, qui est significatif, comme par exemple, la communauté du logiciel libre qui lutte contre l’hégémonie du marchand ou la communauté des croyants en telle ou telle religion, etc.

Pour Ronkozé, il n’y a pas encore de communauté à proprement parler car la discussion courtoise en contexte démocratique dans des sociétés démocratiques ne confère aucune spécificité, rien qui permettent aux membres de s’identifier mutuellement comme « semblables » ou « en accord » sur un point spécifique qui confèrerait une « identité » à valeur (affective) significative.

Le mot « semblable » est ici très important puisque c’est lui qu’on retrouve dans « as-semblée » ou « ras-semblement ». Il dit la similitude des personnes concernées, serait-ce simplement par le fait qu’elles se retrouvent en MEME temps dans un MEME lieu.

Un rassemblement est donc le début minuscule d’un groupe ou d’une communauté mais il en faut plus pour constituer ces derniers, il faut tisser des liens, échanger, cad, avoir un « commerce » au sens ancien, authentique, non spécialisé du terme.

C’est pour ça que les gens qui vivent au même endroit forment en général une communauté car ils ne peuvent pas ne pas avoir un commerce. Mais il est vrai que lorsque ce dernier est réduit au minimum comme dans les cités-dortoir des années 60, aucune communauté véritable ne se forme, il n’y a que des individus occupant un habitat… collectif.

Bref, tout ça pour dire que les groupes et les communauté n’existent que via l’assimilation réciproque, cad, l’identification réciproque sous le rapport d’une chose de valeur, comme, par exemple, une vision, une foi, un projet, etc.

Ronkozé n’est pas un groupe ou une communauté, mais un moyen, un outil, une occasion d’en former. Et il est clair que rien ne solidarise mieux que la lutte contre un ennemi commun.
Donc haro sur le N.O.M, tous ensemble, tous ensemble, nous pouvons résister.
Mais c’est pas gagné encore ! :slight_smile:

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[quote=« eccolulo, post:7, topic:819 »]
l’assimilation réciproque[/quote]

« Assimilation » est effectivement un terme de biologie qui est bienvenu, remarquons toutefois l’inversion de la réciprocité dans les barres des années soixante, puisque les Français de souche ont du les quitter. cf. Didier Daeninckx.

Sur la réorganisation de la monnaie comme objectif ultime de l’opposition au nouvel ordre économique mondial, il me semble utile de décomposer cet objectif en une très longue suite de micro-étapes.

En effet, comme le fait remaquer Michel Lepesant

(il faudrait aller) jusqu’au bout de l’éducation citoyenne pour explorer la voie de la Monnaie comme instrument de partage plutôt que la voie de l’Argent comme outil d’échange (voir le premier n° de Capitalisme sur Arte qui a bien montré comme la « fable du troc » a justifié politiquement une genèse imaginaire de l’argent comme facilitateur des échanges). Mais cette voie présuppose un renversement : non pas créer une MLC et s’étonner que personne ne veuille l’utiliser mais créer des solidarités, des coopérations, des connexions puis les symboliser par une monnaie partagée. Nous butons là sur la difficulté que nous évoquions, ici même dans cette salle, la semaine dernière avec Serge Latouche : une telle initiative semble requérir des conditions d’audaces qui ne pourront être réalisées que si la rupture avec le monde dominant a déjà été effectuée.

http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/mlc-ou-peuvent-elles-aller/

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Grand merci à vous,
Ce que vous venez de faire, ça s’appelle mettre les pieds dans le plat ou les mains dans le cambouis.

En effet, mettre en place une nouvelle monnaie n’est pas une mince affaire surtout en contexte horizontal, cad, hors de toute hiérarchie reconnue comme c’est souvent le cas dans les espaces de vie alternatifs qui sont plutôt auto-organisés.

La thématique du symbole est problématique même si elle surtout très pertinente car c’est dans un contexte à haute valeur symbolique que la monnaie a émergé, dans les Temples de l’Antiquité où les humains sacrifiaient des valeurs aux dieux de l’époque.

Tout était extrêmement bien (je dirais même, religieusement) mesuré de sorte que les valeurs relatives étaient fixées mais surtout stables puisque garanties par les officiants du Temple.

Dans ce contexte, les valeurs en métaux précieux, tellement plus pratiques pour thésauriser, transporter, etc. ont pu émerger en opérant sur elles la cristallisation de toutes les fonctions de la monnaie, surtout à partir du moment où elles ont pu être standardisées et authentifiées par la « frappe » de pièces à l’effigie d’un puissant du moment. Bref, voilà un fort moment symbolique mais comment faire dans nos sociétés où le symbolique a été arrasé ?

Je vois donc un problème ici. Cette voie ne me paraît praticable qu’appréhendée à la racine, cad, sous l’angle de la confiance. On faisait confiance aux prêtres d’un dieu exigeant et auquel tous croyaient et se soumettaient. Mais là, maintenant, à qui l’individu post-moderne va-t-il faire confiance ? Aux ingénieurs concepteurs d’une cryptomonnaie ? :slight_smile:

Nous avons un vrai, un sérieux problème. Vous l’avez mis sur la table, sous nos yeux et il va falloir se gratter la tête et creuser. Je m’empresse de préciser que je ne suis pas un spécialiste. J’ai juste étudié l’invention de la monnaie sous l’angle anthropologique. Mais les solutions actuelles m’échappent… ou me dépassent :wink:

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Je n’appelerais pas ça une inversion de la réciprocité. La réciprocité de l’assimilation est positive. On échange de la reconnaissance (de similitude) et des « caresses ». La bascule n’est pas une inversion mais un renversement au sens où la réciprocité devient négative. On échange alors de la différence et des coups. Le retrait ou la fuite font simplement sortir de la réciprocité, au moins momentanément.

Vous précisez et complétez mon approximation.

Merci

Cette fable remonte précisément à un libre : « La richesse des nations » d’Adam Smith. Il faut rappeler que celui qu’on considère comme le père-fondateur de l’économie était de son vivant un … moraliste.

L’anthropologue et militant anarchiste David Graeber explique dans son ouvrage monumental, « Dette, 5000 ans d’histoire », en quoi le troc n’a jamais permis d’échanges importants, et jamais à l’intérieur des sociétés humaines. Les sociétés fonctionnaient dans un système économique basé sur le don ou sur le commerce mais jamais sur le troc. Pour utiliser le troc, il fallait être de deux sociétés/communautés distinctes, étrangères. Et c’était donc toujours un fonctionnement aux marges, aux frontières, limité.

L’une des plus anciennes est … le blé ! Les temples de l’Égypte antique stockaient et protégeaient le blé récolté et une partie (la commission) était prélevée pour dédommager les prêtres/gardiens du temple/des silos à blé de leurs efforts.

C’est au VIème siècle avant Jésus-Christ que la monnaie métallique a commencé à être utilisée. Peut-être que la légende de Crésus qui transforme tout ce qu’il touche en or vient de là. Il me semble d’ailleurs que le fleuve Pactole traversait son royaume, la Lydie, en Asie mineure.

Dans le cas de la G1 (june), première « monnaie libre » selon la définition de Stéphane Laborde dans « Théorie relative de la monnaie » (TRM), cette tâche a été confiée à des mathématiciens puis à des informaticiens.